GiFi en redressement judiciaire : le tribunal de commerce de Toulouse doit rendre sa décision mardi 3 novembre sur la demande de l’enseigne de décoration et d’équipement de la maison à petits prix, qui compte plus de 500 magasins et environ 6 000 salariés en France. En attendant, les magasins restent ouverts et les rayons se remplissent de décorations de Noël, sans déstockage ni promotion particulière, constate actu.fr dans les Yvelines.
Pourquoi GiFi en est là
L’enseigne fondée par Philippe Ginestet en 1981 a sollicité son placement en redressement judiciaire en octobre, rapportent Le Figaro et 20 Minutes. Le président du directoire, Patrick Puy, a expliqué aux salariés que « le marché s’est nettement dégradé au cours de l’été ». Les difficultés remontent à un changement de système informatique raté en 2023, aggravé par la concurrence d’enseignes discount comme Action, B&M ou Maxibazar, et de plateformes comme Temu et Shein. Selon Sud Ouest, l’entreprise était en état de cessation des paiements.
Ce que ça change pour vous, clients
- Les magasins restent ouverts : un redressement judiciaire n’entraîne pas de fermeture immédiate ; l’activité continue pendant la période d’observation.
- Vos achats : vous pouvez continuer à acheter normalement, et la garantie légale de conformité de deux ans reste due par le vendeur.
- Cartes cadeaux et avoirs : par prudence, mieux vaut les utiliser sans attendre plutôt que de les garder pour plus tard.
- Si votre magasin change d’enseigne : une trentaine de magasins doivent devenir des Grand Frais (voir ci-dessous).
Les magasins qui deviennent des Grand Frais
Indépendamment de la procédure, GiFi a cédé une trentaine d’emplacements à Grand Frais. Selon la liste publiée par 20 Minutes, le magasin de Lisieux (Calvados) a déjà rouvert sous la nouvelle enseigne le 21 octobre, et d’autres doivent suivre, dont Grasse (Alpes-Maritimes), Dorlisheim (Bas-Rhin), Champniers (Charente) ou Pacé (Ille-et-Vilaine) d’ici la fin 2026, ainsi qu’Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) et Royan (Charente-Maritime). Une dizaine d’autres magasins doivent fermer, selon le journal. Aucun magasin des Yvelines n’est concerné, précise actu.fr.
Ce qui peut se passer le 3 novembre
Deux voies sont possibles : l’ouverture d’un redressement judiciaire, avec une période d’observation pendant laquelle les dettes sont gelées et des repreneurs peuvent se manifester, ou une liquidation judiciaire, avec la fermeture des boutiques. « La seule solution encore envisageable est, a priori, de vendre des magasins », estime une source citée par actu.fr. Patrick Puy a assuré que la procédure n’entraînerait « par elle-même aucune conséquence immédiate sur l’emploi » ni nouveau plan social. Dans les Yvelines, une employée confie son inquiétude : elle aimerait savoir si elle aura « toujours [son] emploi à Noël ».
Ce qu’Ouelen a vérifié
La date de décision du 3 novembre, le nombre de salariés et les déclarations de la direction proviennent du Figaro (AFP). La liste des magasins cédés à Grand Frais est celle publiée par 20 Minutes. Nous mettrons cet article à jour après la décision du tribunal.
Sources : Le Figaro / AFP, actu.fr, 20 Minutes, Sud Ouest.
Photo d’illustration : Lionel Allorge / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.
