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Esclavage : Andy Burnham ouvert à des excuses officielles, mais pas aux réparations

La porte du 10 Downing Street, résidence du Premier ministre britannique à Londres
Photo : Robert Sharp (Flickr) / Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0

Le Premier ministre britannique Andy Burnham s’est dit ouvert à des excuses officielles de l’État britannique pour son rôle dans la traite transatlantique des esclaves, tout en excluant le versement de réparations financières. Il l’a écrit dans une tribune publiée par The Guardian vendredi 30 octobre, à deux jours du sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth, qui s’ouvre dimanche 1er novembre à Antigua-et-Barbuda.

Aucun Premier ministre britannique n’était allé aussi loin. Andy Burnham propose un « dialogue structuré » avec les pays et les associations concernés, dans lequel l’écoute des demandes d’excuses formelles « au nom de l’État britannique » tiendra une place importante. Il exprime aussi, à titre personnel, sa tristesse et ses regrets pour les souffrances de millions de personnes. Mais sur l’argent, il maintient la ligne de ses prédécesseurs : selon lui, les Britanniques d’aujourd’hui ne peuvent pas être tenus pour responsables de torts commis à une autre époque, et les réparations ne sont « pas la bonne réponse ».

L’essentiel

  • Ce qui est proposé : un dialogue structuré avec les pays et groupes concernés, pouvant déboucher sur des excuses formelles de l’État.
  • Ce qui est exclu : des réparations financières.
  • Ce qui est mis sur la table à la place : une initiative de restructuration de la dette des pays les plus pauvres du Commonwealth, confiée à l’ancien Premier ministre Gordon Brown, selon The Guardian.
  • Le calendrier : sommet du Commonwealth (Chogm) du dimanche 1er au mercredi 4 novembre à Antigua, ouvert par le roi Charles III.

Les Caraïbes saluent le pas, mais contestent le refus des réparations

Dans une déclaration publiée samedi, le président en exercice de la Communauté caribéenne, le Premier ministre de Sainte-Lucie Philip J. Pierre, salue une évolution, mais rejette l’exclusion des réparations, rappelle le plan en dix points de la Caricom pour une « justice réparatrice » et souligne que l’emprunt contracté au XIXe siècle pour indemniser les propriétaires d’esclaves n’a été soldé qu’en février 2015.

Les réactions individuelles vont dans le même sens, selon The Guardian. La Première ministre de la Barbade, Mia Mottley, remercie Andy Burnham d’avoir « ouvert une nouvelle voie » tout en notant des divergences sur les réparations. Le Premier ministre d’Antigua-et-Barbuda, Gaston Browne, hôte du sommet, se félicite surtout de l’offre sur la dette et la transition énergétique. La Jamaïque, qui a déposé en septembre une requête devant le Conseil privé sur la question des réparations, salue l’ouverture d’un dialogue.

À Londres, un sujet politiquement sensible

Le chancelier de l’Échiquier, John Healey, a défendu sur la BBC l’idée d’une discussion sur des excuses, tout en répétant qu’elles n’impliqueraient aucune responsabilité financière. La cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, estime que les contribuables britanniques n’ont pas à payer pour des faits antérieurs à leur naissance. À l’inverse, le groupe parlementaire transpartisan sur les réparations juge que la position reste en deçà d’excuses formelles. Selon The Guardian, les sondages montrent qu’une majorité d’électeurs est opposée à une compensation financière.

En France, la question de l’héritage de l’esclavage a aussi été récemment débattue au Parlement, avec l’abrogation symbolique du Code noir (notre article).

Confirmé / pas confirmé

  • Confirmé : l’ouverture d’Andy Burnham à des excuses officielles, le refus des réparations financières, l’initiative sur la dette confiée à Gordon Brown, la déclaration de la Caricom du 31 octobre.
  • Pas confirmé : la forme et la date d’éventuelles excuses, qui dépendront du dialogue annoncé ; une déclaration du roi pendant le sommet.

Ce qu’Ouelen a vérifié : nous avons lu la tribune d’Andy Burnham et l’article d’accompagnement du Guardian, la déclaration officielle de la Caricom et le compte rendu de la BBC. Les positions de chaque responsable sont attribuées à leur source.

Sources : The Guardian, BBC, Caricom.

Photo d’illustration : Robert Sharp (Flickr) / Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0.

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