Les multinationales qui fournissent les supermarchés, comme Coca-Cola, Danone ou L’Oréal, dégagent une marge nette moyenne de 13 %, près de quatre fois plus que les 3,5 % de l’ensemble de l’agroalimentaire français, selon une étude publiée lundi 2 novembre par la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). Le document, réalisé par le cabinet Asterès, arrive juste avant les négociations commerciales annuelles qui fixent une bonne partie des prix en rayon, rapporte 20 Minutes.
Les chiffres de l’étude
- Marge nette moyenne des multinationales : 13 % (période 2017-2025).
- Marge nette de l’agroalimentaire français : 3,5 % (période 2018-2024).
- Part des bénéfices reversée aux actionnaires : 94 % du résultat net entre 2022 et 2025.
- Panel : 33 des 53 multinationales avec lesquelles la grande distribution négocie chaque année (les 20 autres faute de données).
- Poids de ces groupes : environ 75 % de la valeur des négociations, selon la FCD.
Ce que dit l’étude
La FCD, qui représente la grande distribution, veut montrer que les industriels ne forment pas un bloc homogène. Sa directrice générale, Judith Jiguet, accuse auprès de l’AFP les très grands groupes de « se cacher derrière les petites » entreprises pour tenir un discours selon lequel tout le monde irait mal, rapporte Boursorama. Selon les auteurs, le fait que ces groupes aient reversé 94 % de leurs bénéfices à leurs actionnaires « en pleine crise inflationniste » montre qu’ils privilégient la rémunération de l’actionnaire plutôt que l’investissement.
Pourquoi maintenant ?
Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, enseignes et fournisseurs négocient les tarifs des produits de marque vendus en rayon. Ces négociations ne concernent ni les marques de distributeurs, ni les produits frais comme la viande, les fruits et les légumes. Une réunion préparatoire entre industriels et distributeurs était prévue lundi. La FCD avait prévenu qu’elle n’y participerait pas tant que deux exigences ne seraient pas acceptées : un traitement à part pour les PME et davantage de transparence sur le coût des matières premières agricoles.
Ce que ça change pour vos courses
- Les produits de grandes marques sont ceux dont le prix dépend directement de ces négociations. Les hausses ou baisses éventuelles s’appliquent en général après leur conclusion, au plus tard le 1er mars.
- Les marques de distributeurs et les produits frais ne sont pas concernés par ce calendrier.
- Aucune hausse ni baisse de prix n’est annoncée à ce stade : l’étude est un argument de négociation, pas une décision.
- Le contexte : l’inflation a atteint 3,4 % sur un an en octobre 2026, ce qui pèse déjà sur le budget des ménages.
Les questions que vous vous posez
Les distributeurs disent-ils que leurs propres marges sont faibles ? L’étude porte sur les fournisseurs, pas sur les enseignes. Elle ne donne pas de chiffre comparable pour la grande distribution dans les articles que nous avons consultés.
Les industriels ont-ils répondu ? Aucune réaction des multinationales citées ni de leurs organisations ne figure dans les dépêches publiées lundi matin. Nous l’ajouterons si elle est rendue publique.
Quand saura-t-on si les prix bougent ? Au fil des accords, entre décembre et le 1er mars.
Ce qu’Ouelen a vérifié
- Confirmé : les chiffres de 13 %, 3,5 %, 94 % et le panel de 33 groupes figurent dans les dépêches AFP reprises par 20 Minutes et Boursorama.
- À garder en tête : l’étude est commandée par la FCD, partie prenante des négociations. Elle compare des marges mondiales de groupes internationaux (2017-2025) à la moyenne de l’agroalimentaire français (2018-2024) : les périodes et les périmètres ne sont pas identiques.
- Non trouvé : nous n’avons pas trouvé l’étude complète en ligne lundi midi ; nous nous appuyons sur les chiffres rapportés par l’AFP.
Sources : 20 Minutes (avec AFP), 2 novembre 2026, Boursorama (AFP), 2 novembre 2026.
