Le Crédit Mutuel Arkéa, banque mutualiste dont le siège est au Relecq-Kerhuon (Finistère), près de Brest, a confirmé ce mercredi 4 novembre avoir été victime d’une cyberattaque ayant permis « la réalisation d’opérations frauduleuses ». Le groupe assure que l’incident est « clos et aujourd’hui maîtrisé » et que les avoirs de ses clients ne sont pas touchés, rapporte 20 Minutes avec l’AFP. Le montant détourné, lui, n’est pas confirmé par la banque.
L’essentiel
- Confirmé par Arkéa : une attaque informatique a permis des opérations frauduleuses ; certaines transactions ont été suspendues par précaution, puis ont repris progressivement dans la matinée.
- Selon la banque, aucune conséquence sur les avoirs des clients, seulement des virements exécutés en retard.
- Montant : non confirmé. 133 millions de dollars (118 millions d’euros) selon Le Télégramme, au moins 150 millions d’euros selon Le Figaro ; la banque parle de « plusieurs dizaines de millions d’euros » à TF1-LCI.
- Risque principal pour les clients aujourd’hui : des tentatives d’hameçonnage (faux SMS, faux mails) qui profiteraient de l’actualité.
Ce que la banque a confirmé
Dans son communiqué, Arkéa explique que ses équipes se sont mobilisées dès la détection de l’attaque et ont décidé, « par mesure de précaution », de suspendre temporairement certaines transactions pour empêcher tout nouveau mouvement frauduleux. En milieu de journée, la banque indiquait que les opérations étaient en cours de reprise progressive, après des vérifications et la mise en place de mesures de sécurité renforcées.
Le groupe affirme que l’incident « n’entraîne aucune conséquence sur leurs avoirs » pour les clients et qu’il a « seulement entraîné une exécution différée de certaines opérations de virement », selon le communiqué repris par actu.fr. Il n’a pas détaillé la méthode utilisée par les pirates. Il dit avoir informé les autorités compétentes et de supervision, comme le prévoient les procédures.
Combien d’argent a été détourné ?
C’est la grande question, et la réponse n’est pas encore officielle. Le quotidien breton Le Télégramme avance un détournement de 133 millions de dollars, soit environ 118 millions d’euros. Le Figaro évoque « au moins 150 millions d’euros » et affirme, selon ses informations, que c’est la banque en ligne du groupe, Fortuneo, qui a été visée. Contactée par TF1-LCI, la banque ne confirme aucun de ces chiffres mais parle de « plusieurs dizaines de millions d’euros ».
Arkéa assure que les montants, « encore en cours d’évaluation », ne sont pas de nature à remettre en cause sa solidité financière. Pour situer : le groupe a dégagé un bénéfice net de 230 millions d’euros au premier semestre, selon l’AFP, et Le Figaro chiffre ses fonds propres à environ 10 milliards d’euros. D’après ce journal, les pirates auraient visé les fonds propres de la banque et non les comptes des clients, une information que le groupe n’a pas détaillée publiquement.
Comment l’attaque a-t-elle été découverte ?
Selon Le Télégramme, cité par l’AFP, la fraude a été rendue publique par ZachXBT, un enquêteur indépendant connu pour suivre les fonds sur les blockchains. Le journaliste spécialisé Grégory Raymond, cité par plusieurs médias, affirme que l’argent a été sorti de la banque puis envoyé vers de nombreux comptes ouverts sur des plateformes d’échange de cryptomonnaies, une technique qui complique la récupération des fonds. Il évoque aussi une possible « faille humaine en interne », du type arnaque au président. Ces éléments ne sont, à ce stade, ni confirmés ni démentis par Arkéa.
L’affaire intervient quelques jours après le piratage géant de la plateforme Binance, que le FBI attribue à des pirates liés à la Corée du Nord. Rien ne relie officiellement les deux dossiers.
Je suis client : que dois-je faire ?
Le groupe réunit notamment les fédérations du Crédit Mutuel de Bretagne et du Sud-Ouest, ainsi que plusieurs filiales spécialisées, dont Fortuneo. Si vous êtes client :
- Vos avoirs : selon la banque, ils ne sont pas touchés. Un virement en retard aujourd’hui s’explique par la suspension temporaire de certaines opérations.
- Méfiez-vous des messages qui parlent de la cyberattaque : la banque prévient que des tentatives d’hameçonnage sont possibles. Ne communiquez jamais votre identifiant, votre mot de passe, votre numéro de carte ou un code reçu par SMS.
- En cas de doute, ne cliquez pas : contactez directement votre conseiller par les canaux habituels. Le site public Cybermalveillance.gouv.fr explique comment reconnaître et signaler une tentative d’hameçonnage.
- Surveillez vos comptes dans les prochains jours et signalez à votre banque toute opération que vous ne reconnaissez pas.
Les prochaines étapes
Trois points restent à éclaircir : le montant exact détourné, la façon dont les pirates sont entrés dans le système et la possibilité de récupérer une partie des fonds. Les autorités de supervision ont été informées. Ouelen mettra cet article à jour dès que la banque ou les autorités communiqueront de nouveaux éléments.
Ce qu’Ouelen a vérifié
L’attaque, la suspension des transactions, l’absence de conséquence sur les avoirs annoncée et l’alerte au phishing viennent du communiqué d’Arkéa, repris par l’AFP et actu.fr. Les montants (118 millions d’euros, au moins 150 millions d’euros) et le nom de la filiale visée viennent de la presse et ne sont pas confirmés par la banque.
Sources : 20 Minutes avec AFP, Le Figaro, TF1info, actu.fr.
Photo d’illustration : FJaffres / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.
