Deux jours après les coups de feu tirés au collège Lakanal d’Aubagne (Bouches-du-Rhône), l’enquête judiciaire a franchi une étape. Le collégien de 14 ans soupçonné d’avoir blessé par balles le principal de l’établissement et une enseignante a été mis en examen puis placé en détention provisoire le mercredi 14 octobre 2026 à Paris, conformément aux réquisitions du parquet national antiterroriste (Pnat), qui s’était saisi du dossier lundi soir.
Les faits reprochés
Lundi 12 octobre, vers 9 h 30, l’adolescent avait ouvert le feu avec un fusil de chasse dans l’enceinte de son collège. Le principal et une professeure ont été touchés avant que le tireur ne soit désarmé par le conseiller principal d’éducation (CPE), puis interpellé. Selon Le Figaro, le principal était toujours hospitalisé mercredi ; les deux victimes se sont vu prescrire plusieurs jours d’incapacité totale de travail.
Le Pnat a ouvert une information judiciaire des chefs de tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, visant des enseignants ou des personnels de collège, d’association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes contre les personnes, ainsi que de port et transport d’armes et de munitions de catégories C et D. Trois juges d’instruction antiterroristes du tribunal judiciaire de Paris sont co-saisis.
Ce que l’adolescent a déclaré en garde à vue
D’abord entendu à Marseille dans le cadre d’une enquête pour « tentatives d’assassinat », le mineur a ensuite été transféré dans les locaux de la Sous-direction antiterroriste (Sdat), à Paris. Selon le communiqué du Pnat, il a reconnu « la matérialité des faits », admettant avoir « mûri son projet depuis plusieurs mois », mais il conteste « avoir voulu tuer les personnes ciblées ».
Il a expliqué son geste par une volonté de vengeance liée à un harcèlement qu’il dit avoir subi de la part de professeurs et de camarades, et dont il ne s’était ouvert à personne. À ce stade de l’enquête, ces allégations « n’apparaissaient pas corroborées », précise le parquet. L’adolescent a également admis avoir été influencé par une mouvance numérique fascinée par les tueries de masse, la « True Crime Community », selon des éléments rapportés par La Marseillaise et l’AFP. Il n’avait aucun antécédent judiciaire, et l’examen psychologique réalisé pendant la garde à vue n’a pas conclu à l’existence d’une pathologie psychique.
La réaction de la défense
« Cette journée a été longue et éprouvante et s’est achevée à l’instant devant le juge des libertés et de la détention, comme on pouvait s’y attendre, avec une incarcération de mon client », a déclaré son avocat, Me Fabrice Giletta, à la presse.
Ce qui va se passer maintenant
Les investigations se poursuivent sous la direction des juges antiterroristes. Elles devront notamment établir comment l’adolescent s’est procuré l’arme, retracer ses échanges en ligne et vérifier ses déclarations sur le harcèlement. En tant que mineur, il relève de règles procédurales spécifiques, notamment en matière de détention.
Nous avions rendu compte lundi de la saisine du parquet antiterroriste dans un premier article.
Source : Parquet national antiterroriste (communiqué du 14 octobre 2026) ; Le Figaro, Le Parisien, BFMTV/AFP, franceinfo, La Marseillaise, 14 octobre 2026.






