Elon Musk n’en fait plus mystère. En marge de la présentation des résultats trimestriels de SpaceX, mardi 20 octobre, le patron des deux entreprises a confirmé que SpaceX et Tesla avaient chacune constitué un comité spécial d’administrateurs indépendants pour étudier une éventuelle fusion. Un rapprochement serait une bonne idée, a-t-il estimé selon La Libre Belgique et l’AFP, tout en prévenant qu’il ne s’agissait pas d’une certitude.
Des résultats qui changent d’échelle
Les chiffres publiés mardi expliquent l’intérêt du sujet. Au troisième trimestre, SpaceX, cotée au Nasdaq depuis juin, a réalisé un chiffre d’affaires de 14,6 milliards de dollars, en hausse de 161 % sur un an, et un bénéfice net de 4,4 milliards, contre une perte de 1,1 milliard un an plus tôt, selon Quartz. Les revenus dépassent le consensus des analystes, qui tablait sur 12,7 milliards.
- Intelligence artificielle (segment « Super Intelligence ») : 7,6 milliards de dollars, multipliés par plus de neuf, grâce à de nouveaux contrats de services cloud, à l’intégration de l’éditeur de logiciels Cursor, racheté en août, et à l’adoption de l’assistant Grok.
- Connectivité (dont Starlink) : 5,2 milliards (+69 %), avec 13,6 millions d’abonnés particuliers Starlink, contre 12 millions fin juin.
- Activités spatiales : 1,8 milliard (+6 %), avec une légère perte d’exploitation, malgré le premier vol orbital de Starship.
Le groupe investit massivement : 19,6 milliards de dollars de dépenses d’investissement sur le trimestre, dont 16,4 milliards pour l’IA, pour une trésorerie de 51,3 milliards.
Une fusion loin d’être acquise
Selon Investing.com, Elon Musk met en avant des synergies dans l’IA, la conception de puces, la robotique ou la connectivité, deux entreprises qui travaillent déjà ensemble sur plusieurs projets. Mais l’obstacle est de taille : toute opération nécessitera l’accord de la majorité de l’ensemble des actions Tesla en circulation, une barrière qu’il juge lui-même particulièrement difficile à franchir. Se reconnaissant en situation de conflit d’intérêts, il explique ne pas participer aux discussions entre les deux comités, qui en sont à un stade précoce. Côté marchés, plusieurs analystes jugent l’opération probable à moyen terme, Barclays évoquant une absorption de Tesla par SpaceX entièrement payée en actions.
Pourquoi cela compte
Une telle fusion créerait l’une des entreprises les plus valorisées au monde, note Le Monde, et concentrerait sous une même entité voitures électriques, robots humanoïdes, satellites, fusées et IA. Pour l’Europe, c’est aussi un signal : la montée en puissance de Starlink pousse déjà les opérateurs européens à s’allier pour défendre leurs fréquences satellitaires (lire notre article).
Sources : Quartz, Investing.com via Yahoo Finance, La Libre Belgique avec AFP, Le Monde.






