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E-Totem en redressement judiciaire : 88 postes supprimés chez le pionnier français des bornes de recharge, offres de reprise jusqu’au 20 novembre

Une borne de recharge pour voitures électriques installée sur une place de stationnement à Paris (photo d’archives)
Photo : Lionel Allorge / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0

Le spécialiste des bornes de recharge pour voitures électriques E-Totem est en redressement judiciaire. Le tribunal de commerce de Saint-Étienne (Loire) a ouvert la procédure le 7 octobre 2026, avec une période d’observation de trois mois, selon Le Progrès et Le Revenu. L’entreprise prévoit la suppression de 88 postes, et les offres de reprise sont attendues jusqu’au 20 novembre 2026.

Un chiffre d’affaires divisé par plus de trois

Les chiffres donnent la mesure de la chute. Le chiffre d’affaires d’E-Totem est passé de 47,4 millions d’euros en 2024 à 13,9 millions en 2025, soit une baisse d’environ 33 millions d’euros, pour une perte nette de 10 millions d’euros, d’après Le Revenu. L’Usine Nouvelle a également mis en avant ce recul ce dimanche.

En cause, selon ces sources : l’arrêt du financement de son modèle de tiers-investissement par le gestionnaire d’actifs Conquest. Ce modèle permettait à des clients (collectivités, commerces, entreprises) de s’équiper en bornes sans avancer l’investissement, E-Totem se rémunérant ensuite sur l’exploitation. Sans ce financement, l’activité s’est brutalement contractée.

Un pionnier de la recharge « made in France »

Créée en 2012 par un consortium d’entreprises de la Loire (l’industriel Atomelec, de Saint-Bonnet-le-Château, et les sociétés de services numériques stéphanoises SFI et Doing), E-Totem a été l’une des premières entreprises françaises sur le marché des bornes de recharge. Installée près du stade Geoffroy-Guichard, elle est l’un des rares acteurs du pays à maîtriser toute la chaîne : fabrication des bornes dans ses ateliers en France, installation, maintenance et exploitation. Elle revendique 12 000 points de charge installés.

Ce que le redressement change pour les clients

Le redressement judiciaire n’est pas une liquidation : l’entreprise continue de fonctionner pendant la période d’observation, sous la surveillance d’un administrateur désigné par le tribunal. Les bornes déjà installées restent en service, et les contrats en cours se poursuivent en principe. Les fournisseurs et créanciers doivent déclarer leurs créances auprès du mandataire judiciaire dans les deux mois suivant la publication du jugement au Bodacc. À l’issue de la période d’observation, le tribunal pourra arrêter un plan de redressement, retenir une offre de reprise ou prononcer la liquidation.

Ce dossier s’ajoute à une série de procédures collectives ces dernières semaines, dans le commerce comme dans l’industrie, à l’image d’Office Depot, placé en liquidation judiciaire, ou de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens.

Sources : Le Revenu ; Le Progrès ; L’Usine Nouvelle.

Photo d’illustration : Lionel Allorge / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.