Solutions 30 Énergies, héritière de l’entreprise perpignanaise Sotranasa, est en redressement judiciaire et prépare un plan social qui toucherait plus de 250 postes sur 321 répartis sur trois agences, selon des représentants du personnel cités par actu.fr. Les salariés ont entamé mardi 27 octobre une grève reconductible devant le dépôt historique de la société, chemin du Pas-de-la-Paille, à Perpignan. Les chiffres définitifs du plan doivent être connus en fin de semaine.
Une entreprise historique de Perpignan
Fondée en 1974 par Jean-Pierre Navarro sous le nom de Sotranasa, l’entreprise installe et entretient des réseaux de télécoms, de gaz et d’électricité pour de grands groupes. En 2018, elle réalisait 60 millions d’euros de chiffre d’affaires et comptait plus de 400 salariés. Elle a été rachetée en décembre 2019 par Solutions 30, groupe européen basé au Luxembourg, qui l’a scindée en deux entités : Solutions 30 Grand Sud-Ouest pour les réseaux de communication, et Solutions 30 Énergies pour les lignes électriques.
Selon un élu CFDT interrogé par actu.fr, c’est cette scission qui a fragilisé l’ensemble : la première entité dépendait d’un seul client, Orange, et a été liquidée fin août, à la fin de ce contrat.
L’essentiel en chiffres (selon les salariés et la CFDT)
- Plan social : plus de 250 postes sur 321, sur trois agences.
- Première entité liquidée fin août : 370 licenciements à Perpignan, Trèbes (Aude) et Montpellier, selon l’élu CFDT. Le même article évoque ailleurs près de 200 licenciements : le chiffre exact n’est pas confirmé par la direction.
- Passif annoncé au tribunal : plus de 30 millions d’euros, dont 5,5 millions de dettes fiscales et près de 12 millions de dettes fournisseurs, selon un salarié.
- Prochaine étape : présentation des modalités du plan social en fin de semaine.
Ce que dénoncent les salariés
Ouvriers, électriciens, chauffeurs, magasiniers, spécialistes du gaz : les grévistes décrivent une entreprise à bout de souffle. Ils affirment ne plus avoir de mutuelle depuis juillet alors que les cotisations sont prélevées sur les salaires, et que des congés et des prestations retraite n’ont pas été versés aux caisses concernées. Ces accusations n’ont pas fait l’objet d’une réponse publique de la direction à ce stade. Un salarié estime qu’il ne resterait qu’une quinzaine d’employés à Perpignan après le plan.
Vos droits si vous êtes concerné
En redressement judiciaire, les salaires impayés sont garantis par l’AGS, le régime de garantie des salaires, dans la limite de plafonds légaux, via le mandataire judiciaire. Un plan de sauvegarde de l’emploi doit prévoir des mesures de reclassement et être validé par l’administration (la Dreets). Les salariés licenciés pour motif économique peuvent se voir proposer un contrat de sécurisation professionnelle. Les représentants du personnel et l’inspection du travail peuvent renseigner sur la situation de chacun.
Ce qu’Ouelen a vérifié
Le placement en redressement judiciaire, la liquidation de la première entité et le projet de plan social sont rapportés par actu.fr à partir des déclarations des salariés. Les effectifs touchés sont ceux avancés par les représentants du personnel ; la direction de Solutions 30 ne les a pas confirmés publiquement. Nous mettrons cet article à jour à l’annonce officielle du plan.
Sources : actu.fr.
Photo d’illustration : Jean-Auguste Brutails / Wikimedia Commons, licence Public domain.


















