Accueil International Usine des LBD 40 incendiée en Suisse : la piste criminelle privilégiée

Usine des LBD 40 incendiée en Suisse : la piste criminelle privilégiée

La ville de Thoune, dans le canton de Berne en Suisse
Photo : Hansueli Krapf / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0

L’atelier de Thoune, en Suisse, où l’entreprise Brügger & Thomet (B&T) fabrique les LBD 40 utilisés par la police française, a été entièrement détruit par un incendie dans la nuit du 28 au 29 octobre, et la justice suisse privilégie la piste criminelle. « La partie du bâtiment de Thoune dans laquelle le LBD 40 était fabriqué et stocké a été entièrement détruite », a indiqué le groupe à franceinfo dimanche 1er novembre, ajoutant que tous les stocks de pièces et de composants avaient brûlé.

L’essentiel

  • Quand : nuit du mercredi 28 au jeudi 29 octobre, alerte donnée peu après 3 h 10.
  • Où : zone industrielle de Thoune, au sud de Berne.
  • Bilan : aucun blessé ; bâtiment déjà entièrement embrasé à l’arrivée des secours.
  • Enquête : le ministère public régional de l’Oberland privilégie l’incendie volontaire et a lancé un appel à témoins.
  • Revendication : une vidéo circule, son authenticité n’est pas établie.

Ce que disent les autorités suisses

La police cantonale bernoise a été alertée vers 3 h 10. Les pompiers de Thoune, Spiez et Steffisburg ont maîtrisé le feu, sans faire de blessé, selon Le Parisien, qui cite le premier communiqué de la police. Dès le vendredi 30 octobre, le procureur régional de l’Oberland a indiqué que la piste criminelle était privilégiée et lancé un appel à témoins, confirme la RTS, la radio-télévision publique suisse.

Sur son site, B&T prévient que ses bureaux, son magasin et son stand de tir restent fermés « jusqu’à nouvel ordre ». Dans un communiqué transmis à franceinfo, l’entreprise affirme qu’elle ne se laissera pas intimider.

Une revendication non authentifiée

Le collectif écologiste Les Soulèvements de la Terre a affirmé vendredi avoir reçu une vidéo d’une minute revendiquant une « action de désarmement » contre le fabricant. On y voit ce qui ressemble à une mise à feu, avec la mention du LBD 40 et du nom de l’entreprise, selon franceinfo. À ce stade, l’authenticité de ces images n’a pas été établie, et personne n’a été mis en cause officiellement. Le syndicat Alternative Police a appelé à la prudence et condamné l’acte « si le caractère volontaire est confirmé ».

Pourquoi cette entreprise compte pour la France

B&T, qui produit aussi des fusils et des pistolets-mitrailleurs, fabrique depuis 2006 le lanceur GL06, connu en France sous le nom de LBD 40 (pour son calibre de 40 mm). Selon un article du quotidien suisse Le Temps de 2017 cité par Le Parisien, l’entreprise avait remporté en 2007 le marché des forces de l’ordre françaises.

L’incendie intervient alors que l’usage de cette arme fait débat en France pendant les mobilisations lycéennes et étudiantes. À Tours, un lycéen de 16 ans a perdu l’usage d’un œil fin septembre, une blessure jugée « compatible » avec un tir de LBD selon le parquet, et un policier a été mis en examen. Le ministre de l’Intérieur refuse d’interdire ces armes.

Ce que ça change pour la police française

Ni B&T ni le ministère de l’Intérieur n’ont indiqué publiquement si la destruction des stocks aurait des conséquences sur les livraisons de LBD 40 aux forces de l’ordre françaises. Aucune information officielle ne permet donc d’affirmer qu’il y aura une pénurie.

Ce qu’Ouelen a vérifié

  • Confirmé : l’incendie, l’absence de blessé, la piste criminelle privilégiée et l’appel à témoins (police cantonale bernoise et ministère public de l’Oberland, cités par la RTS, franceinfo et Le Parisien).
  • Confirmé par l’entreprise : la destruction totale de la zone de fabrication et de stockage du LBD 40.
  • Pas confirmé : l’authenticité de la vidéo de revendication, l’identité des auteurs et l’impact sur les livraisons à la France.

Sources : franceinfo, 1er novembre 2026, RTS, 1er novembre 2026, Le Parisien, 31 octobre 2026.