La corrida n’est pas interdite au Pérou : un projet de loi visant à la prohiber, avec les combats de coqs, a été déposé le 26 octobre 2026 par la députée Azucena Isla Rojas (Juntos por el Perú), mais il n’a encore été ni débattu ni voté, selon Infobae et le site juridique péruvien LP Derecho. Le Figaro a présenté mardi ce pays comme « en passe d’interdire la corrida » ; le texte en est en réalité au tout début de la procédure parlementaire.
Le projet en bref
- Texte : projet de loi n° 00675/2026-CD.
- Autrice : la députée Azucena Isla Rojas, du parti Juntos por el Perú (« Ensemble pour le Pérou »).
- Déposé le : 26 octobre 2026.
- Cible : corridas, combats de taureaux, combats de coqs et spectacles similaires qui impliquent cruauté, souffrance inutile, blessure ou mort de l’animal.
- Statut : pas encore examiné en commission, pas voté, donc pas en vigueur.
Ce que prévoit le texte
Le Pérou dispose depuis 2016 d’une loi de protection et de bien-être animal, la loi 30407. Son article 22 interdit déjà d’utiliser des animaux dans des spectacles où on leur cause des souffrances inutiles, des blessures ou la mort. Mais une disposition finale de la même loi exclut de son champ les corridas, combats de taureaux et de coqs déclarés de caractère culturel par l’autorité compétente, détaille LP Derecho, qui cite le texte.
Le projet propose d’ajouter explicitement ces spectacles à l’interdiction de l’article 22 et d’abroger l’exception culturelle. Dans son exposé des motifs, la députée dit ne pas nier la valeur historique ou culturelle de ces pratiques, mais vouloir fixer des limites pour protéger les animaux. Elle s’appuie sur une décision du Tribunal constitutionnel de 2010 qui, tout en reconnaissant la tauromachie comme une manifestation culturelle, précisait que cela ne justifie pas de causer des souffrances inutiles aux animaux.
Pourquoi c’est un sujet sensible au Pérou
Le pays compte environ 200 arènes et des centaines de spectacles par an, notamment pendant la Feria del Señor de los Milagros à Lima, organisée depuis huit décennies aux arènes de Acho, selon Le Figaro. Dans les villages andins, le taureau reste associé à des fêtes et rituels. En février 2020, une action collective portée par plusieurs associations avait failli aboutir à une interdiction, avant d’être rejetée par le Tribunal constitutionnel, rappelle le quotidien.
Et maintenant ?
Pour devenir loi, le texte doit d’abord être défendu et faire l’objet d’un rapport en commission, puis être voté en séance, rappelle Infobae. Le site Difusión Empresarial le présente lui aussi comme une proposition, pas comme une loi adoptée. Aucun calendrier d’examen n’est publié. Le Figaro juge les chances d’adoption plutôt bonnes, tout en notant que le parti de la députée n’est que la deuxième force du Parlement : c’est une estimation, pas un fait acquis.
Où en est la corrida ailleurs en Amérique latine
La Colombie a voté en 2024 l’interdiction de la corrida, avec une entrée en vigueur en 2027 après une période de transition. Le Venezuela et l’Équateur ont strictement encadré la tauromachie dans les années 2010, en interdisant partiellement la corrida avec mise à mort, et la ville de Mexico a fait de même en 2025, selon Le Figaro. Au Chili, en Argentine, en Uruguay et à Cuba, elle a disparu depuis longtemps.
Ce qui est confirmé, ce qui ne l’est pas
- Confirmé : le dépôt du projet de loi 00675/2026-CD et son contenu (Infobae, LP Derecho, Difusión Empresarial).
- Faux à ce stade : une interdiction de la corrida au Pérou. L’exception culturelle de la loi 30407 reste en vigueur.
- Inconnu : la date d’examen et l’issue du vote.
Ce qu’Ouelen a vérifié
Nous sommes remontés de l’article du Figaro aux médias péruviens qui citent le texte déposé au Congrès : numéro du projet, articles modifiés et date de dépôt concordent. Le Figaro traduit le nom du parti par « Ensemble pour le Pérou », il s’agit bien de Juntos por el Perú.
Sources : Infobae (en espagnol), LP Derecho (en espagnol), Difusión Empresarial (en espagnol), Le Figaro.
Photo d’illustration : Felipe Restrpo Acosta / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.



















