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Hubert Aiwanger retrouvé mort à Berlin : ce que l’on sait de l’enquête

Hubert Aiwanger, chef des Freie Wähler et vice-ministre-président de Bavière, en 2023
Photo : Superbass / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0

Hubert Aiwanger, 55 ans, vice-ministre-président et ministre de l’Économie de Bavière, a été retrouvé mort mercredi 4 novembre en fin d’après-midi dans sa chambre d’hôtel à Berlin, ont annoncé conjointement la police et le parquet de Berlin. Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte et confiée à une brigade criminelle. À ce stade, rien n’indique publiquement l’intervention d’un tiers et la cause du décès n’est pas connue.

L’essentiel

  • Qui : Hubert Aiwanger, chef des Freie Wähler (Électeurs libres), numéro deux du gouvernement bavarois de Markus Söder.
  • Où et quand : dans une chambre de l’hôtel « Neuer Fritz », près de la gare Friedrichstraße, à Berlin-Mitte, mercredi en début de soirée.
  • L’enquête : procédure de recherche des causes de la mort, avec la 6e brigade criminelle de la police berlinoise ; une autopsie doit avoir lieu.
  • Pas encore connu : la cause du décès, les circonstances exactes de la découverte du corps.

Une journée à Berlin qui devait marquer une étape pour son parti

Hubert Aiwanger était à Berlin pour l’inauguration du bureau des Freie Wähler dans la capitale fédérale, un symbole pour ce parti surtout implanté en Bavière et qui rêve de s’imposer au niveau national. Il devait y prononcer un discours. Il a finalement annulé sa venue pour raisons de santé, ainsi qu’un entretien prévu dans la journée, et s’est fait remplacer par un cadre du parti, Fabian Mehring, selon la tagesschau et le quotidien Bild, cité par plusieurs médias. Des proches ont évoqué un possible malaise ou des troubles digestifs, une version qui n’a pas été confirmée officiellement.

Il a été découvert sans vie dans sa chambre « en début de soirée », a précisé un porte-parole du parquet au Tagesspiegel. On ignore qui l’a trouvé. Pendant son séjour, le ministre était accompagné par des officiers de protection de la police criminelle bavaroise, a confirmé un porte-parole, sans détailler les circonstances de la découverte « pour des raisons tenant à l’enquête », selon Tag24.

Pourquoi une brigade criminelle enquête

En Allemagne, la mort d’une personnalité dans un lieu public ou un hôtel donne lieu à une procédure dite Todesermittlungsverfahren. Selon le communiqué de la police berlinoise, elle vise à établir « la cause concrète du décès et son déroulement » et à exclure une éventuelle responsabilité d’un tiers. Le recours à une brigade criminelle s’explique par l’importance de la personne, a indiqué la police, d’après la Hamburger Morgenpost. Des enquêteurs, la police technique et des médecins légistes sont intervenus dans la chambre jusque tard dans la nuit.

D’après le Tagesspiegel, les autorités berlinoises partent provisoirement de l’hypothèse d’une mort naturelle liée à des problèmes de santé. Ce n’est qu’une information de presse, que le parquet n’a pas confirmée : seule l’autopsie permettra de trancher.

Un parcours atypique, de la ferme au gouvernement bavarois

Agriculteur de formation, originaire de Basse-Bavière, Hubert Aiwanger dirigeait les Freie Wähler de Bavière depuis 2006 et le parti fédéral depuis 2010. Il les a fait entrer au Landtag de Bavière, puis au gouvernement en 2018, en coalition avec la CSU de Markus Söder. Il y occupait depuis le poste de vice-ministre-président et de ministre de l’Économie. Aux élections régionales de 2023, il avait remporté la circonscription de Landshut au scrutin direct.

Connu pour son franc-parler et son ton populiste, il avait été au cœur d’une affaire en 2023 : un tract antisémite, retrouvé dans son cartable de lycéen à la fin des années 1980, avait été révélé par la presse. Son frère en avait revendiqué la rédaction. Hubert Aiwanger avait présenté des excuses, refusé de démissionner, et Markus Söder l’avait maintenu à son poste. En 2025, son parti n’était pas parvenu à entrer au Bundestag. Il devait briguer un nouveau mandat à la tête du parti fédéral dans les prochaines semaines. Il laisse une compagne, Tanja Schweiger, présidente de l’arrondissement de Ratisbonne, et deux enfants.

Les réactions

Markus Söder a parlé sur X d’une « absolute Tragödie » (une tragédie absolue), selon la dépêche dpa. La présidente du Landtag Ilse Aigner, l’écologiste Cem Özdemir et plusieurs responsables des Freie Wähler, dont Péter Vida, figure du parti dans le Brandebourg, ont aussi rendu hommage à l’homme politique. En France, 20 Minutes et Le Dauphiné libéré ont relayé l’annonce.

Et maintenant ?

Selon le titre d’un article de la Süddeutsche Zeitung, le congrès fédéral des Freie Wähler est reporté et Tobias Gotthardt reprend dans un premier temps le ministère bavarois de l’Économie. La succession à la tête du parti et la répartition des postes au gouvernement bavarois doivent encore être fixées. Les résultats de l’autopsie sont attendus dans les prochains jours.

Vos questions

Hubert Aiwanger a-t-il été tué ? Rien ne permet de le dire. L’enquête a justement pour but d’exclure toute intervention extérieure, procédure habituelle dans ce type de situation.

Quand saura-t-on de quoi il est mort ? Après l’autopsie annoncée par le parquet. Aucune date de communication n’a été donnée.

Qui dirige désormais l’Économie bavaroise ? Tobias Gotthardt assure l’intérim, selon la Süddeutsche Zeitung.

Chronologie

  • 2006 : prend la tête des Freie Wähler de Bavière.
  • 2018 : entre au gouvernement bavarois, coalition avec la CSU.
  • 2023 : affaire du tract, maintien au gouvernement, réélection au Landtag.
  • 2025 : échec de son parti aux législatives fédérales.
  • 4 novembre 2026 : annule son discours à Berlin, retrouvé mort dans son hôtel.

Ce qu’Ouelen a vérifié

Le décès, le lieu et l’ouverture de l’enquête figurent dans le communiqué commun de la police et du parquet de Berlin. La piste d’une mort naturelle n’est qu’une information du Tagesspiegel, non confirmée officiellement. La cause du décès n’a pas été communiquée à l’heure où nous publions.

Sources : communiqué de la police de Berlin, Tagesspiegel, tagesschau, Tag24, Hamburger Morgenpost, dpa, Süddeutsche Zeitung, 20 Minutes, Le Dauphiné libéré.

Photo d’illustration : Superbass / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.