Les États-Unis ont sanctionné le 5 novembre deux entreprises chinoises, CEIEC et Beijing H&C Technologies, accusées de fournir du matériel à l’armée cubaine, et ont élargi leur menace à toute entreprise étrangère active dans l’électronique, l’industrie, le secteur maritime et la technologie à Cuba. Samedi 7 novembre, le ministère chinois du Commerce a exigé que Washington « corrige ses erreurs », selon l’agence Xinhua.
Qui est visé par cette nouvelle salve
Le communiqué du département d’État annonce la désignation de dix cibles et le blocage de cinq navires, au titre du décret présidentiel 14404 sur la répression à Cuba. On y trouve :
- Deux entreprises chinoises : China National Electronic Import and Export Company (CEIEC), groupe public exportateur d’électronique de défense, et Beijing H&C Technologies. Washington les accuse d’avoir livré en 2026 des équipements militaires et de sécurité aux forces armées cubaines, par l’intermédiaire de l’importateur d’armes cubain Sociedad Mercantil Duna, d’après le South China Morning Post.
- Un réseau de transport pétrolier : des armateurs basés à Chypre, au Panama et à Cuba, et cinq navires (Esperanza, Gloria C, Maria Cristina, Emilia, Lourdes), selon la liste détaillée publiée par CiberCuba à partir du communiqué officiel.
- Des proches du pouvoir, dont Any Rodríguez Lastres, fille de la présidente du conglomérat militaro-économique Gaesa, déjà sanctionné cette année, rapporte l’AFP reprise par TVA Nouvelles.
Ce que ça change pour les entreprises étrangères
C’est le point le plus lourd de conséquences. En parallèle, le Trésor américain a publié une « détermination » de l’OFAC, l’office qui gère les sanctions : elle autorise à sanctionner toute personne ou entreprise étrangère qui opère, ou a opéré, dans l’électronique, l’industrie manufacturière, le secteur maritime et la technologie de l’économie cubaine.
Concrètement, aucune nouvelle entreprise n’est sanctionnée par ce seul texte. Mais il ouvre la voie à des désignations futures sans nouveau décret, ce qui pèse sur les groupes étrangers, y compris européens, présents ou partenaires dans ces secteurs. Le département d’État assure que la mesure « vise le régime » et non la population, et que le commerce humanitaire (aliments, médicaments, matériel médical) reste autorisé, selon CiberCuba.
Pourquoi Pékin réagit
D’après Xinhua, ce serait la première fois que Washington sanctionne des entreprises chinoises pour des motifs « liés à Cuba ». Le porte-parole du ministère chinois du Commerce y voit des mesures unilatérales contraires au droit international, accuse les États-Unis de s’écarter du « consensus » trouvé entre les deux chefs d’État et prévient que la Chine se réserve le droit de prendre les « mesures nécessaires » pour protéger ses entreprises. Aucune contre-mesure précise n’est annoncée à ce stade.
Ces sanctions s’ajoutent à une pression américaine continue sur l’île : l’AFP évoque un blocus pétrolier de fait qui aggrave la crise énergétique et provoque de longues coupures de courant à Cuba, sous embargo américain depuis 1962.
Ce qu’Ouelen a vérifié
Confirmé : les deux entreprises chinoises, le blocage de cinq navires et l’extension aux quatre secteurs (communiqué du département d’État et page de l’OFAC du 5 novembre) ; la réaction de Pékin (Xinhua, 7 novembre).
Pas confirmé : l’existence d’une riposte chinoise concrète, et l’identité d’éventuelles entreprises étrangères visées à l’avenir. Les accusations de livraisons militaires sont celles de Washington ; les entreprises concernées n’ont pas répondu publiquement à notre connaissance.
Sources : département d’État américain, OFAC (Trésor américain), Xinhua, AFP via TVA Nouvelles, South China Morning Post, CiberCuba.



















