Accueil France Enlèvement de Mia et projet de coup d’État : Rémy Daillet condamné...

Enlèvement de Mia et projet de coup d’État : Rémy Daillet condamné à six ans de prison

Le Tribunal de Paris, dans le quartier des Batignolles
Photo : Coppertarzan / Wikimedia Commons, licence CC0

Le verdict est tombé ce jeudi 15 octobre 2026 en fin de matinée. Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Rémy Daillet, figure de la mouvance complotiste d’ultradroite, à six ans d’emprisonnement, avec maintien en détention. Il était jugé comme l’instigateur de l’enlèvement de la petite Mia, en avril 2021, et pour des projets d’actions violentes, dont un coup d’État, sous la qualification d’association de malfaiteurs terroriste.

Le tribunal a retenu « l’altération du discernement » de l’intéressé au moment des faits, a indiqué son président, ce qui explique en partie l’écart avec les réquisitions : le Parquet national antiterroriste (Pnat) avait demandé, le 6 octobre, sept ans de prison. Le temps déjà passé en détention provisoire sera déduit de la peine. Rémy Daillet, ancien représentant du MoDem et fils de député, sera également inscrit au Fichier des auteurs d’infractions terroristes (Fijait) et a interdiction d’entrer en contact avec ses coprévenus. Il dispose de dix jours pour faire appel.

Une fillette remise à de faux éducateurs

L’affaire avait sidéré la France au printemps 2021. Aux Poulières, dans les Vosges, la grand-mère de Mia, qui en avait la garde depuis que la mère n’était plus jugée apte à s’en occuper, reçoit la visite de deux hommes se présentant comme des agents de la Protection judiciaire de la jeunesse. Documents prétendument officiels à l’appui, ils assurent devoir conduire l’enfant, alors âgée de 8 ans, auprès de sa mère. La grand-mère accepte. En réalité, la fillette vient d’être enlevée à la demande de sa mère, par un réseau piloté à distance depuis la Malaisie.

Après le déclenchement d’une alerte enlèvement, Mia et sa mère avaient été retrouvées cinq jours plus tard à Sainte-Croix, dans le canton de Vaud, en Suisse. Rémy Daillet, qui vivait en Malaisie, avait été arrêté et extradé vers la France en juin 2021.

Le « projet Azur » : prendre l’Élysée

Le dossier dépasse largement l’enlèvement. Quelques jours avant le rapt, la DGSI avait déjà signalé au Pnat des « activités conspiratrices violentes ». Selon l’accusation, Rémy Daillet avait mis en place en France un système de recrutement hiérarchisé, sous l’autorité d’un « officier recruteur », au service d’un objectif baptisé « projet Azur » : renverser le gouvernement en prenant l’Élysée par la force. Le projet s’est effondré avec son arrestation.

À l’audience, le prévenu a alterné explications assurées et trous de mémoire, notamment sur les projets violents. Sur l’affaire Mia, il a contesté tout enlèvement, préférant parler de « restitution » de l’enfant à sa mère, au motif que le placement de la fillette à l’Aide sociale à l’enfance aurait été « abusif ».

Les autres peines prononcées

Quatorze autres personnes comparaissaient à ses côtés. La plupart ont été condamnées à des peines aménageables sous bracelet électronique. Parmi elles :

  • Lola M., la mère de Mia : deux ans de prison, dont 18 mois avec sursis probatoire pendant trois ans et obligation de soins, pour complicité de séquestration et soustraction de mineur par ascendant ;
  • Sylvain P., présenté comme l’un des plus proches lieutenants de Rémy Daillet : cinq ans de prison, dont trois avec sursis probatoire renforcé ;
  • Robert K., qui vit aux États-Unis et n’était pas présent à l’audience : deux ans de prison, avec mandat d’arrêt.

Cinq ans après les faits, ce jugement de première instance referme le premier chapitre judiciaire d’une affaire qui avait mis en lumière la capacité de réseaux complotistes, organisés en ligne, à passer à l’acte sur le territoire national.

Sources : BFMTV (15 octobre 2026) ; AFP via La Provence et 20 minutes Suisse ; Ouest-France.

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Quitter la version mobile