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Starshield en Ukraine : Elon Musk affirme que les limites de débit sont décidées par l’armée américaine

Terminal Starlink, l'antenne utilisateur du réseau satellitaire de SpaceX
Photo : jurvetson / Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0

Le réseau satellitaire de SpaceX se retrouve au cœur d’une crise entre Kiev et Washington. Dans la nuit du mardi 13 au mercredi 14 octobre 2026, l’Ukraine a constaté une limitation soudaine de la vitesse à laquelle ses équipements en mouvement peuvent rester connectés au réseau. Mercredi, Elon Musk a affirmé sur X que ces restrictions ne relevaient pas de son entreprise, mais du gouvernement américain.

Que s’est-il passé ?

Selon la BBC et The Hill, une limite d’environ 160 km/h (100 mph) a été imposée aux terminaux en mouvement : au-delà, les objets perdent leur connexion. Or l’armée ukrainienne s’appuie sur ces terminaux pour guider ses drones, protéger ses communications du brouillage russe et coordonner sa défense aérienne. « Nos forces de défense n’ont pas été prévenues de cette restriction, ce qui a entraîné la perturbation de plusieurs missions », a déclaré Sergiï Beskrestnov, conseiller technologique de la présidence ukrainienne, cité par l’AFP, jugeant que la mesure « ne peut être une coïncidence ».

Le président Volodymyr Zelensky a qualifié la coupure de « grosse erreur », avertissant que « des gens vont mourir » si les attaques continuent sans que le réseau fonctionne.

La réponse d’Elon Musk : Starlink n’est pas Starshield

Le patron de SpaceX a tenu à distinguer les deux services. « Les systèmes Starshield sont détenus et contrôlés par le gouvernement américain. Toute limitation de débit ou d’utilisation est décidée par l’armée américaine et, en fin de compte, par le président américain », a-t-il écrit. À l’inverse, Starlink est « un service commercial détenu et contrôlé par SpaceX », dont l’usage est limité aux « activités civiles ou défensives » et ne peut servir à des actions militaires offensives, ce qui serait « inapproprié pour une entreprise commerciale ».

Deux responsables américains interrogés par CNN assurent toutefois que la décision de limiter l’accès de l’Ukraine à Starshield n’a pas été prise au plus haut niveau de l’administration. La Maison-Blanche n’avait pas réagi publiquement aux propos d’Elon Musk.

Une connexion partiellement rétablie

Mercredi soir, le ministère ukrainien de la Défense a indiqué que la connexion « s’est améliorée », tout en précisant que la limite d’utilisation en mouvement restait fixée autour de 160 km/h. Kiev dit rester en contact avec SpaceX. L’épisode intervient dans un climat tendu : l’administration Trump presse l’Ukraine de cesser ses frappes sur les raffineries russes, et un responsable ukrainien affirme à l’AFP que Washington a menacé de suspendre le partage de renseignements, ce que Donald Trump dément.

Pourquoi c’est un sujet sensible pour SpaceX

Starshield est la déclinaison gouvernementale et militaire de la technologie Starlink, développée par SpaceX pour des clients institutionnels, au premier rang desquels le Pentagone. L’entreprise lance aussi des satellites militaires pour le compte des États-Unis, comme une mission de l’Agence de développement spatial (SDA) partie de Californie le 10 octobre sur une Falcon 9. Cette double casquette, opérateur commercial mondial et fournisseur de l’armée américaine, place régulièrement Elon Musk au centre des débats géopolitiques.

Côté fusées

Pour les passionnés d’espace, l’actualité de SpaceX reste aussi tournée vers Starship. Après un 14e vol, le 28 septembre, présenté comme le premier à atteindre l’orbite, Elon Musk a dit le 10 octobre espérer un 15e vol « dans quatre à six semaines », avec une première tentative de capture du vaisseau par la tour de lancement. Aucune date officielle n’a été annoncée ; les documents de coordination de l’espace aérien évoquent pour l’instant le 8 novembre au plus tôt.

Source : Elon Musk sur X, 14 octobre 2026 ; AFP via Ouest-France et 20 minutes ; BBC ; CNN ; The Hill ; Numerama ; SpaceX.com.

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