L’ambiance était électrique, vendredi 16 octobre 2026, au congrès de Départements de France organisé à Reims. Très remontés contre le projet de loi de finances pour 2027, actuellement examiné au Parlement, les présidents de conseils départementaux ont vécu l’absence du Premier ministre, Sébastien Lecornu, comme « un mépris ». À l’arrivée à la tribune de la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel, une grande partie de la salle a émis des huées, puis s’est rendue dans le hall pour entonner une Marseillaise.
1,2 milliard d’euros d’effort demandé aux départements
Au cœur de la colère : les mesures budgétaires qui, selon les élus, représentent plus de 1,2 milliard d’euros d’efforts pour les départements, sur un total de 5,4 milliards de coupes prévues dans le budget des collectivités. Les départements se disent pris en étau entre la baisse des droits de mutation, liés aux transactions immobilières, et la hausse continue des dépenses sociales dont ils ont la charge, comme le revenu de solidarité active (RSA), l’aide aux personnes âgées et handicapées ou la protection de l’enfance.
« J’aurais aimé un petit coup de fil »
Le président de Départements de France, le centriste François Sauvadet (UDI), qui réclamait jeudi la venue du chef du gouvernement, n’a pas apprécié la réponse de Matignon : un courrier les conviant à une rencontre à la mi-novembre. « J’aurais aimé un petit coup de fil », a-t-il lancé, déplorant une « missive », la deuxième depuis l’été. « Est-ce que c’est engager un dialogue responsable et respectueux ? », a interrogé le président de la Côte-d’Or, estimant que cette attitude allait « exacerber les tensions ». Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand (LR), assistait aux débats.
La réplique de la ministre
Françoise Gatel a défendu le Premier ministre. « Je ne peux pas laisser dire que le Premier ministre n’aurait pas osé venir aujourd’hui », a-t-elle déclaré, rappelant que Sébastien Lecornu, ancien président du département de l’Eure, était venu l’an dernier annoncer un fonds de sauvegarde de 600 millions d’euros. « Il vous connaît, il est courageux, il est responsable », a-t-elle assuré, le décrivant comme « le capitaine d’un bateau profondément secoué », dans un contexte marqué par le mouvement lycéen et la mobilisation du 17 octobre.
Interpellée par le président du Calvados, Jean-Léonce Dupont, qui avait cité à son adresse la formule « un ministre, ça démissionne ou ça ferme sa gueule », la ministre a répliqué : « Je suis ministre pour servir, je ne démissionne pas et je ne ferme pas ma gueule, cher Jean-Léonce. »
Un geste sur la CSG
Devant une salle clairsemée, Françoise Gatel a annoncé que la part de CSG pouvant être affectée aux départements passerait de 300 à 400 millions d’euros. Un geste jugé insuffisant par de nombreux élus. La veille, le président du Sénat, Gérard Larcher (LR), leur avait promis d’être attentif à leur situation lors de l’examen du budget à la Haute Assemblée.
Les départements se rendront-ils à Matignon mi-novembre ? « Je vous le dirai le moment venu », a répondu François Sauvadet à la presse à l’issue du congrès.
Sources : franceinfo, 20 Minutes avec l’AFP.

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