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Mobilisation du 17 octobre : près de 500 actions annoncées, Macron appelle au calme et Nuñez ordonne des « déblocages systématiques »

Cortège de manifestants au départ de la place de la République, à Paris (photo d'illustration)
Photo : Wyslijp16 / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0

La journée de mobilisation annoncée depuis plusieurs semaines a lieu ce samedi 17 octobre 2026, premier jour des vacances de la Toussaint. Elle doit réunir, dans toute la France, des lycéens et étudiants mobilisés depuis la mi-septembre, d’anciens gilets jaunes, des militants syndicaux et des collectifs professionnels autour de revendications multiples : prix des carburants et de l’alimentation, moyens de l’Éducation nationale, remplacement des enseignants absents, Parcoursup ou encore gestion policière du mouvement lycéen.

Entre 60 000 et 150 000 participants attendus hors Paris

Vendredi en fin de matinée, l’entourage du ministre de l’Intérieur recensait auprès de franceinfo « environ 500 actions envisagées » et plus de 90 manifestations en cours de structuration. Une note des renseignements consultée par France Télévisions évoque 60 000 à 110 000 participants dans les cortèges des grandes villes étudiantes hors Paris, mais aussi sur des ronds-points, devant des stations-service et des supermarchés. Une source proche du ministère jugeait vendredi après-midi que le mouvement, « compliqué et évolutif », pourrait se rapprocher des 150 000 personnes, sans compter l’Île-de-France.

Selon ces mêmes estimations, les rassemblements les plus importants sont attendus à Lyon, Marseille, Lille, Montpellier et Toulouse, avec 5 000 à 9 000 manifestants chacun. Une carte collaborative mise en ligne par les organisateurs annonçait de son côté près de 1 400 actions, un chiffre invérifiable puisque chacun peut y déclarer un rassemblement.

À Paris, deux cortèges et de nombreuses zones interdites

Dans la capitale, le cortège des lycéens et étudiants doit partir de la place de la République pour rejoindre la place de la Nation par le boulevard Voltaire. Celui des syndicats et des gilets jaunes, qui souhaitait s’élancer de la Bastille, a obtenu au terme de négociations un parcours allant de la République à la place de Clichy, via les boulevards Magenta, Barbès et Clichy.

La préfecture de police a en revanche interdit tout rassemblement, sous peine d’une amende de 135 euros, sur les Champs-Élysées, les places de la Concorde, de la Bourse, du Châtelet, de la Bastille et d’Italie, ainsi qu’aux abords de l’Élysée, de Matignon, du ministère de l’Intérieur, de l’Assemblée nationale, du Sénat, de l’Hôtel de Ville et des gares parisiennes.

Consignes de fermeté pour les forces de l’ordre

Dans un télégramme envoyé vendredi aux préfets et consulté par franceinfo, Laurent Nuñez demande, en cas de blocage « d’équipements ou d’axes structurants (péages, nœuds routiers…) » troublant l’ordre public, de « procéder à des opérations de déblocage systématiques », et appelle à une « vigilance toute particulière » face à d’éventuels « pillages d’opportunité ». Le ministre a également demandé au Premier ministre, Sébastien Lecornu, de réunir une cellule interministérielle de crise. La veille, il avait indiqué que l’ensemble des armes intermédiaires pourrait être utilisé en cas de violences graves. Le garde des Sceaux a de son côté réclamé une « réponse pénale ferme » pour d’éventuels « actes délictueux ».

Côté policiers, le secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale, Frédéric Lauze, a estimé sur franceinfo que la journée « risque de dégénérer », tout en assurant que « personne ne bride la liberté de manifester ». Il affirme que les forces de l’ordre comptent environ 1 000 blessés depuis le début du mouvement lycéen.

Macron appelle au « calme et au respect »

Depuis Bruxelles, où il participait au Conseil européen, Emmanuel Macron a appelé vendredi « au calme » et au « respect des personnes et des biens », estimant que le droit de manifester ne doit s’accompagner ni d’insultes ni de casse, et a apporté son soutien aux forces de l’ordre.

Des soutiens syndicaux en ordre dispersé

La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, appelle à se mobiliser « partout où les conditions seront réunies ». La CFDT et la FSU n’ont pas lancé d’appel national et privilégient la journée intersyndicale prévue le 5 novembre, même si certaines de leurs structures locales participent. La Confédération paysanne, SUD-Rail, SUD Éducation, des collectifs d’infirmiers et d’aides à domicile ainsi que des syndicats de taxis et de VTC ont également appelé à rejoindre le mouvement. Plusieurs responsables de partis de gauche ont annoncé leur présence dans les cortèges.

Les premiers chiffres de participation, ceux du ministère de l’Intérieur comme ceux des organisateurs, sont attendus dans l’après-midi.

Sources : franceinfo (télégramme du ministre de l’Intérieur, entourage du ministère, préfecture de police de Paris), France Télévisions.

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