Le sommet des Vingt-Sept s’est achevé vendredi 16 octobre 2026 à Bruxelles sur un double message : les Européens réaffirment leur soutien à l’Ukraine, mais ils doivent désormais trouver de quoi financer l’année 2027. Invité du Conseil européen, Volodymyr Zelensky a demandé une rallonge de 70 milliards d’euros, un montant que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a confirmé à l’issue de la réunion : ce déficit « devra être comblé », a-t-elle déclaré, en appelant « de toute urgence » d’autres partenaires à « prendre le relais » aux côtés de l’UE.
Macron : « Nous ne lâcherons pas l’Ukraine »
En conférence de presse, Emmanuel Macron a martelé que les Européens « ne lâcheront pas l’Ukraine et les Ukrainiens », parlant d’« une guerre de résistance face à la guerre d’agression russe ». Sur la demande de Kiev, il est resté prudent : « L’Ukraine a fait sa demande, c’est trop tôt pour articuler un chiffre », a-t-il dit, rappelant que l’on reste « pour le moment dans l’enveloppe des 90 milliards » du prêt européen encore à débourser, et que les Européens vont « accélérer sur la livraison de missiles » ainsi que sur l’aide en images satellitaires et en alerte avancée.
Le chef de l’État a aussi répondu, sans la nommer, à Marine Le Pen, qui propose de couper le soutien financier à Kiev. Une telle décision reviendrait selon lui à « passer par-dessus bord la sécurité » de l’Europe et des Français. « La capitulation, c’est la faiblesse. La faiblesse, c’est le danger », a-t-il lancé, s’étonnant du « manque d’humilité » de ceux qui s’expriment « comme s’ils étaient déjà en poste ». Vendredi, la porte-parole du Rassemblement national, Laure Lavalette, avait affirmé sur franceinfo que la France ne pouvait « plus financièrement aider l’Ukraine », tandis que le parti dénonçait la « condescendance » de Volodymyr Zelensky à l’égard de sa candidate.
Le diesel russe, nouvelle source de friction avec Washington
Emmanuel Macron s’en est également pris à l’accord annoncé par Donald Trump, qui a levé des sanctions pour obtenir la livraison de grandes quantités de diesel russe aux marchés américain et mondial. Le président français y voit « un message négatif envoyé » et une mesure qu’il a qualifiée, selon Le Monde, d’« inappropriée » et d’« inefficace ». Il a aussi accusé la Russie de chercher à « affamer l’Ukraine ».
Ces critiques interviennent alors que Donald Trump a de nouveau pris ses distances avec Kiev, en affirmant jeudi soir qu’il était « plus difficile de travailler avec Zelensky qu’avec Poutine ». Interrogé à Bruxelles par un journaliste de Sky News sur son rôle de « bouc émissaire » du président américain, Volodymyr Zelensky a d’abord répondu par un sourire, provoquant des rires dans la salle, avant de lâcher : « Voici ma réponse. » Il a ensuite rappelé que près de 1 000 drones avaient frappé son pays jeudi, ironisant sur l’idée qu’il serait « moins difficile de gérer Poutine ».
Le pape demande une trêve à Olechky
Autre fait marquant de la journée : depuis l’hôpital où il se remet d’une opération, le pape Léon XIV s’est entretenu au téléphone avec Vladimir Poutine. Selon le Vatican, il a demandé une trêve à Olechky, ville de la région de Kherson prise en étau sur les rives du Dniepr, pour permettre l’acheminement d’aide alimentaire et sanitaire et l’évacuation volontaire des civils. Le Kremlin a fait savoir que le président russe soutenait cette initiative et se disait prêt à coopérer. Moscou et Kiev s’accusent mutuellement de bloquer l’approvisionnement des habitants.
Prochaine étape pour les Européens : préciser, d’ici à la fin de l’année, comment couvrir les besoins de Kiev pour 2027. La question de l’utilisation des avoirs russes gelés, défendue par plusieurs capitales, reste bloquée.
Sources : franceinfo, Le Figaro, Le Monde, Vatican et Kremlin (communiqués cités par l’AFP).
