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Cures thermales : les villes thermales montent au créneau contre le transfert du remboursement aux mutuelles prévu dans le budget de la Sécu

Les thermes Athéna à Balaruc-les-Bains, première station thermale de France, dans l'Hérault
Photo : Mirek237 / Wikimedia Commons, licence CC0

À quelques mois de la saison 2027, les stations thermales s’inquiètent. Le gouvernement prévoit, dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, de transférer aux complémentaires santé la prise en charge des cures thermales, aujourd’hui assurée en partie par l’Assurance maladie. Objectif affiché : 200 millions d’euros d’économies. Ces derniers jours, élus locaux, Régions et professionnels du tourisme ont multiplié les mises en garde, selon BFMTV.

Ce que prévoit le gouvernement

Aujourd’hui, une cure conventionnée dure 18 jours et se fait sur prescription médicale. Le curiste paie lui-même son transport, son hébergement et ses repas, mais les soins thermaux, qui coûtent environ 700 euros, sont remboursés à 65 % par l’Assurance maladie. La mesure annoncée le 8 octobre par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, ferait basculer cette part vers les mutuelles. Or celles-ci n’ont aucune obligation de rembourser les cures : selon le contrat souscrit, certains patients pourraient donc ne plus être couverts du tout. C’est pourquoi le secteur parle d’un déremboursement déguisé.

Un poids économique concentré dans de petites communes

En 2025, près de 470 000 patients ont suivi une cure conventionnée dans les 103 établissements du pays, selon le Conseil national des établissements thermaux. La plupart des villes thermales comptent moins de 5 000 habitants, souligne Julien Dubois, maire de Dax et président de l’Association nationale des maires de communes thermales (80 villes), qui a écrit à la ministre avec deux parlementaires. Les présidents de Régions de France évoquent des centaines de millions d’euros d’activité et des dizaines de milliers d’emplois directs et indirects, impossibles à délocaliser.

Première station de France avec plus de 51 000 curistes en 2025, Balaruc-les-Bains (Hérault) craint que la simple incertitude pèse déjà sur les réservations de l’an prochain. Le précédent de Plombières-les-Bains, dans les Vosges, sert d’épouvantail : ses thermes ont fermé fin 2024 après une liquidation judiciaire, et le département déplore aujourd’hui des bâtiments laissés à l’abandon.

L’Assemblée a déjà refusé d’aller plus loin

Le sujet revient presque chaque automne au Parlement. Le 15 octobre, la commission des affaires sociales de l’Assemblée a rejeté un amendement plus radical, déposé comme l’an dernier par la députée Nicole Dubré-Chirat, qui proposait de cesser tout remboursement dès le 1er janvier 2027, sauf pour les patients en affection de longue durée et quelques pathologies graves. Le rapporteur général, Thibault Bazin, a jugé toute décision prématurée tant que la Haute Autorité de santé n’a pas tranché : « Vous allez un peu vite, madame la députée », a-t-il lancé, selon Banque des Territoires. Des élus de plusieurs groupes ont défendu la même position. Le transfert voulu par le gouvernement doit, lui, encore être débattu dans le cadre du PLFSS.

Le nœud du débat : l’efficacité médicale

Les partisans d’un désengagement de la Sécu rappellent que l’intérêt thérapeutique des cures est contesté par une partie du monde médical et qu’aucune évaluation indépendante n’existe à ce jour. Saisie par le gouvernement, la Haute Autorité de santé a lancé une évaluation : un premier point méthodologique est attendu d’ici la fin de l’année, et un avis complet sur le service médical rendu d’ici fin 2027. Pour leurs défenseurs, les cures réduisent la consommation de médicaments chez les malades chroniques, notamment en rhumatologie. Ils soulignent aussi que le thermalisme ne pèse qu’environ 0,1 % des dépenses de l’Assurance maladie.

Ce qui change pour les curistes, à ce stade

  • Rien pour l’instant : le remboursement à 65 % reste en vigueur, la mesure ne pourrait s’appliquer qu’après l’adoption définitive du budget de la Sécu.
  • Si le transfert est voté, la couverture dépendra de la mutuelle de chacun : mieux vaut vérifier son contrat avant de réserver une cure pour 2027.
  • Le débat pourrait être relancé une fois l’avis de la HAS rendu, avec un remboursement modulé selon l’efficacité prouvée des différentes cures.

Sources : BFMTV, Banque des Territoires.

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