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Violences du 17 octobre : 2 000 interpellations, Laurent Nuñez sommé de démissionner, nouveau rassemblement tendu place de la République

Façade du ministère de l'Intérieur, rue des Saussaies à Paris
Photo : Thibault Taillandier / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0

À quelques heures de l’allocution d’Emmanuel Macron, prévue à 20 heures, la pression monte d’un cran sur le gouvernement. Ce dimanche 18 octobre après-midi, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a de nouveau révisé le bilan des violences de samedi, tandis que les demandes de démission le visant se sont multipliées. Voici ce qui a changé depuis notre point de la mi-journée.

Plus de 2 000 interpellations et 600 blessés

Dans un message publié sur X, Laurent Nuñez fait désormais état de plus de 2 000 personnes interpellées dans toute la France et de plus de 600 policiers, gendarmes et pompiers blessés, selon franceinfo et BFMTV. Le chiffre a presque doublé depuis dimanche matin : le Premier ministre évoquait alors 1 200 interpellations (voir notre bilan de la matinée), puis le ministre 1 800 en début d’après-midi.

À Paris, la préfecture de police compte à elle seule 855 interpellations ; le parquet en recense 720, avec 517 gardes à vue. À Lille, 61 personnes ont été interpellées et 56 placées en garde à vue. Le préfet du Nord, Bertrand Gaume, a reconnu lors d’un point presse que la mobilisation avait été plus forte que prévu : les services s’attendaient à une dizaine de milliers de manifestants dans la métropole et en ont vu plus du double. Un travail de renseignement est en cours pour comprendre cet écart, a-t-il indiqué selon BFMTV.

Un rassemblement dispersé place de la République

En milieu d’après-midi, un millier de personnes se sont réunies place de la République, à Paris, à la suite d’appels diffusés sur les réseaux sociaux à poursuivre le mouvement. Le rassemblement n’était pas déclaré. La préfecture de police a déployé un important dispositif et procédé à des contrôles ; des CRS ont ensuite mené une première charge et des grenades lacrymogènes ont été tirées pour disperser les participants, rapportent franceinfo et BFMTV. À Rennes, 200 à 300 personnes se sont également regroupées place Sainte-Anne, sans organisation apparente.

Le ministre de l’Intérieur dans le viseur, de la gauche au RN

Les demandes de démission de Laurent Nuñez viennent de bords opposés. La candidate écologiste à la présidentielle, Marine Tondelier, estime que le ministre a sous-estimé l’ampleur de la journée et n’a pas su prévoir un dispositif adapté, laissant selon elle des villes entières aux casseurs pendant que des manifestants pacifiques étaient malmenés. Plusieurs députés insoumis, dont Danièle Obono, Antoine Léaument et Paul Vannier, ont formulé la même demande. Au Rassemblement national, le porte-parole Laurent Jacobelli a jugé le ministre incompétent pour gérer la situation, après que le parti a estimé dès samedi qu’il aurait déjà dû quitter ses fonctions.

À droite, le président de LR Bruno Retailleau vise d’abord La France insoumise, qu’il accuse sur France Inter et France 2 d’avoir attisé la violence par ses mots d’ordre et d’avoir instrumentalisé le mouvement lycéen. Il réclame l’adoption de la loi anti-casseurs, une doctrine de maintien de l’ordre plus ferme et une révision constitutionnelle pour, notamment, abaisser la majorité pénale à 15 ans et instaurer des peines minimales. Le débat sur les responsabilités opposait déjà ce matin le Premier ministre et Jean-Luc Mélenchon (lire notre article sur la passe d’armes entre Lecornu et Mélenchon).

Laurent Nuñez, lui, doit s’expliquer ce soir : il sera interrogé au journal de 20 heures de TF1, juste après la prise de parole du chef de l’État.

Donald Trump après JD Vance

Après le message de son vice-président, qui imputait samedi soir les violences à l’immigration, Donald Trump a à son tour commenté la situation sur son réseau Truth Social : « La France brûle ! », a-t-il écrit, selon franceinfo. Le président américain attribue les troubles à l’immigration et appelle la France à fermer ses frontières. JD Vance a, de son côté, relié ces images aux élections de mi-mandat américaines du 3 novembre, en les présentant comme un avertissement adressé aux électeurs démocrates.

Élus locaux et Parlement réclament des comptes

  • France urbaine, qui fédère les grandes villes et métropoles, demande à être reçue rapidement par Sébastien Lecornu, comme les maires de Paris, Lyon et Marseille. L’association dénonce des saccages de mairies, de bâtiments publics et de sites commerciaux.
  • Au Sénat, le groupe socialiste réclame un débat sur le bilan de la journée et la transformation de la mission d’information sur le maintien de l’ordre en commission d’enquête. À l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet réunit les présidents de groupe mardi pour en créer une.
  • Le syndicat Force ouvrière condamne des exactions qui, selon lui, desservent les revendications du mouvement contre la vie chère.
  • La cellule interministérielle de crise que devait présider Sébastien Lecornu dimanche à 19 heures est reportée à lundi 10 heures, pour des raisons d’agenda selon Matignon.

Ce qu’il faut suivre ce soir

Après la réunion de 17 h 30 à l’Élysée, l’allocution présidentielle dira si l’exécutif maintient sa ligne ou annonce des changements, sur la doctrine de maintien de l’ordre comme sur le sort du ministre de l’Intérieur. Les lycéens mobilisés attendent, eux, des mesures concrètes sur leurs revendications, dont l’abrogation de Parcoursup.

Sources : franceinfo, BFMTV.

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