Elle n’est autorisée nulle part, mais elle se vend déjà en ligne. Le rétatrutide, molécule contre l’obésité développée par le laboratoire américain Eli Lilly, fait l’objet d’un marché noir alimenté par des influenceurs sur les réseaux sociaux, révèle une enquête de BFMTV publiée samedi.
Une molécule prometteuse, encore en essais
Le rétatrutide agit sur trois récepteurs hormonaux, ceux du GLP-1, du GIP et du glucagon, qui interviennent dans l’appétit, la glycémie et la dépense énergétique. Les traitements actuels ciblent un récepteur, comme le Wegovy de Novo Nordisk, ou deux, comme le Mounjaro d’Eli Lilly. Lors d’un essai de phase 3 publié en mai, la dose la plus élevée a permis une perte de poids moyenne de 28,3 % en un an et demi, des résultats qui se rapprochent de ceux de la chirurgie bariatrique.
Eli Lilly prévoit de déposer une demande d’autorisation auprès de l’agence américaine du médicament au premier trimestre 2027. Une commercialisation pourrait intervenir fin 2027 aux États-Unis et en 2028 en Europe, selon BFMTV. D’ici là, aucun produit vendu au public n’est légal.
Comment fonctionne le marché noir
Selon l’enquête, des laboratoires, souvent situés en Chine, sont autorisés à produire la molécule pour la recherche mais pas à la vendre aux particuliers. Leurs produits sont pourtant écoulés via des boutiques en ligne, sous des appellations détournées, pour des prix allant de 80 à 350 dollars. Des influenceurs fitness américains suivis par des centaines de milliers d’abonnés en font la promotion en vantant des effets spectaculaires. En France, des comptes se présentant comme des médecins ou des pharmacies renvoient vers des liens de vente ou des numéros de messagerie, avec parfois des vidéos avant-après retouchées par intelligence artificielle. TikTok a supprimé les contenus liés au mot-clé il y a un an, mais les utilisateurs contournent ce filtrage avec des orthographes modifiées ou des émojis.
Les risques
Un produit acheté hors circuit pharmaceutique n’offre aucune garantie sur sa composition, son dosage ni sa stérilité. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) rappelle que les risques liés à ces peptides frauduleux sont « plus élevés avec les produits injectables », cite BFMTV, notamment en matière d’infections et de réactions allergiques. Les effets indésirables connus de cette famille de médicaments, comme les troubles digestifs, imposent par ailleurs un suivi médical.
Ce qu’il faut retenir
Le rétatrutide n’est pas un médicament disponible : seuls les participants aux essais cliniques y ont accès de façon encadrée. Les personnes souffrant d’obésité qui souhaitent un traitement doivent se tourner vers leur médecin, qui peut prescrire les médicaments autorisés lorsque les critères sont remplis. Tout achat en ligne de ce type de produit expose à des risques sanitaires et n’est pas légal en France.
Sources : BFMTV, ANSM.






