Les négociations formelles de la COP17 sur la biodiversité commencent ce lundi 19 octobre à Erevan, la capitale arménienne, après une cérémonie d’ouverture dimanche. Jusqu’au 30 octobre, 196 délégations, celles des 195 États qui ont ratifié la Convention des Nations unies sur la diversité biologique et celle de l’Union européenne, vont examiner où en est la protection du vivant. Deux pays restent en dehors du traité : les États-Unis et le Vatican, rappellent la RTBF et Courrier international.
Une COP de mi-parcours, sans nouveau traité
La convention est née au Sommet de la Terre de Rio, en 1992, en même temps que celles sur le climat et la désertification. Sa conférence des parties se réunit tous les deux ans : après Cali (Colombie) en 2024, Erevan accueille la 17e édition. L’enjeu est cette fois d’évaluer le cadre mondial adopté à Montréal en 2022 (COP15), qui fixe 23 cibles pour 2030, dont la plus connue, « 30×30 », vise à protéger 30 % des terres et des mers. Il ne reste que quatre ans, et un rapport de l’ONU cité par Courrier international avertit que 22 des 23 cibles risquent d’être manquées sans accélération rapide.
Les négociateurs travaillent donc sur un paquet de mesures baptisé « chemin d’Erevan », destiné à identifier les retards et à décider des correctifs, plutôt que de fixer de nouveaux objectifs. Plus des trois quarts des pays ont adopté des objectifs nationaux depuis 2022, mais le rythme reste insuffisant, souligne la RTBF. Les blocages se concentrent sur les secteurs politiquement sensibles : agriculture, pêche, énergies fossiles. Les délégués doivent aussi traiter deux protocoles additionnels, celui de Carthagène sur la biosécurité et celui de Nagoya sur le partage des bénéfices tirés des ressources génétiques. Pour Greenpeace International, citée par la RTBF, Erevan doit déboucher sur un « changement de cap clair » plutôt que sur une simple réaffirmation des promesses.
Les chiffres du déclin
La conférence s’ouvre onze jours après la publication du rapport Planète vivante 2026 du WWF. Entre 1970 et 2022, la taille moyenne des populations de vertébrés sauvages suivies a diminué de 73 % : -85 % en eau douce, -69 % sur terre, -59 % dans les océans. L’ONG précise que ce chiffre ne signifie pas que 73 % des animaux ont disparu : environ la moitié des 35 803 populations étudiées sont stables ou en hausse. Le rapport cite des redressements obtenus par des politiques suivies dans la durée, comme le nombre de tigres sauvages, passé d’environ 3 200 à 5 700 entre 2010 et 2025, ou le retour progressif de la loutre en France, protégée depuis 1981.
Et la France ?
Sur la cible des 30 %, la France est en avance sur le papier : selon le ministère de la Transition écologique, les aires protégées couvraient 33,5 % du territoire national et des espaces maritimes en septembre 2025. Mais la part en « protection forte », où les activités humaines sont réellement limitées, n’atteignait que 4,9 %, loin de l’objectif national de 10 % fixé pour 2030. C’est tout le débat d’Erevan : la quantité des surfaces protégées progresse plus vite que la qualité de la protection.
L’été 2026, marqué par la sécheresse et des incendies d’une ampleur inédite, a rappelé ce lien entre nature et économie, qu’il s’agisse de la hausse des prix alimentaires annoncée par les coopératives ou des incendies géants qui frappent actuellement l’Indonésie. Les décisions d’Erevan sont attendues en fin de conférence, le 30 octobre.
Sources : RTBF, Courrier international, WWF France (rapport Planète vivante 2026), Actu-Environnement, ministère de la Transition écologique.






