Au lendemain de son allocution sur les violences du 17 octobre (notre analyse), Emmanuel Macron maintient son agenda international. Le chef de l’État entame ce lundi au Koweït une tournée de trois jours dans le Golfe qui le conduira ensuite aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Qatar, où il effectue une visite d’État, jusqu’au mercredi 21 octobre.
Un objectif très concret : le carburant
L’Élysée ne s’en cache pas : il s’agit d’obtenir des « volumes supplémentaires » de diesel et de pétrole pour la France, avec un effet indirect espéré sur les prix à la pompe, et des « engagements » concrets des pays hôtes, selon un conseiller présidentiel cité par Le Figaro. Les dirigeants de TotalEnergies et d’Engie font partie du voyage. Le président doit s’entretenir avec l’émir du Koweït, Mechaal al-Ahmad al-Sabah, le président émirien Mohammed ben Zayed, le roi de Bahreïn Hamad ben Issa Al Khalifa et l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad al-Thani.
Pourquoi maintenant
Les livraisons d’hydrocarbures venues du Golfe sont fortement perturbées par le blocus du détroit d’Ormuz depuis le début de la crise entre les États-Unis et l’Iran, en février, et par les tensions autour du détroit de Bab el-Mandeb, à l’entrée de la mer Rouge. Ouelen rapportait samedi les incidents visant des pétroliers près d’Ormuz et un baril proche de 110 dollars. Le gazole, dont l’Europe importe une large part, est le produit le plus tendu.
Au-delà de l’énergie
L’Élysée veut aussi « renforcer les partenariats stratégiques et économiques », consolider la présence des entreprises françaises et attirer des investissements du Golfe en France. Les Émirats se sont engagés en 2025 à investir des dizaines de milliards d’euros en France, notamment dans un grand campus de centres de données consacré à l’intelligence artificielle. La défense et la sécurité maritime figurent également au programme. L’Arabie saoudite ne fait pas partie de l’itinéraire ; l’Élysée évoque des « contacts permanents » avec Riyad, dont le prince héritier est venu à Paris en août.
Notre regard
Ce déplacement est un test de crédibilité. Un président affaibli sur le plan intérieur part chercher à l’étranger un résultat tangible pour le portefeuille des Français, alors que la vie chère était au cœur des manifestations de samedi. Mais les volumes de carburant se négocient entre compagnies, sur des contrats, et les pays du Golfe sont eux-mêmes contraints par la logistique d’Ormuz. Le succès se mesurera à la publication d’accords chiffrés, pas aux déclarations d’amitié. Ouelen suivra les annonces de chaque étape.
Sources : Élysée, Le Figaro, franceinfo, CNews, Les Échos.






