Ce qui est nouveau ce lundi après-midi : après les annonces de Sébastien Lecornu sur les couvre-feux et le chômage partiel (lire notre article de 13 heures), Marseille attendait Laurent Nuñez. La visite a été reportée sans nouvelle date, alors que le maire Benoît Payan multiplie les critiques sur le maintien de l’ordre et sur les chiffres de la préfecture.
Une visite reportée « sans date déterminée »
Laurent Nuñez devait se rendre à Marseille ce lundi après-midi pour constater les dégâts, rencontrer les commerçants à la chambre de commerce, voir le maire et saluer les forces de l’ordre mobilisées, selon ICI Provence. Vers la mi-journée, le ministère a informé que le déplacement était reporté : le ministre doit participer à une réunion de travail avec le Premier ministre et d’autres membres du gouvernement. Aucune nouvelle date n’a été annoncée.
Dans le même message, Laurent Nuñez a réaffirmé son soutien au maire de Marseille, aux commerçants victimes des pillages et aux forces de l’ordre. L’entourage de Benoît Payan a jugé le report « inquiétant » auprès de BFMTV, estimant que la ville et les habitants restaient sans réponses pour aujourd’hui.
30 000 ou 1 500 pilleurs ? Un chiffre contesté
La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a avancé dimanche le chiffre de « 30 000 pilleurs » dont 8 000 « émeutiers », et 99 gardes à vue liées aux événements. Sur France Inter ce lundi, Benoît Payan a contesté ces données, estimant qu’elles correspondaient « à la moitié du stade Vélodrome ». Il évoque plutôt environ 1 500 pilleurs, chiffre également rapporté par une source policière citée par La Provence et Marsactu.
L’édile critique surtout la doctrine du maintien de l’ordre : selon lui, les forces de l’ordre ont gazé des manifestants pendant que, à quelques dizaines de mètres, des vitrines étaient brisées et des commerces pillés. Il dit vouloir savoir « heure à heure » quels ordres ont été donnés. Ces critiques s’inscrivent dans la séquence où Laurent Nuñez a reconnu une « perte de contrôle » dans plusieurs grandes villes (lire notre article de 10 heures) et où Emmanuel Macron a refusé sa démission (lire notre article de ce matin).
Comme toujours, les personnes interpellées restent présumées innocentes tant qu’elles n’ont pas été jugées.
Plus de 600 commerces touchés à Marseille
Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Marseille Provence, a indiqué sur ICI Provence que plus de 600 commerces du centre-ville avaient été vandalisés, soit environ deux fois plus qu’après les émeutes urbaines de 2023 liées à la mort de Nahel. Grandes enseignes et petits commerces ont été touchés, notamment autour du centre Bourse et de la rue Saint-Ferréol. Au niveau national, le gouvernement parle désormais d’au moins 3 000 commerces (voir aussi notre article sur les bilans CCI).
La préfecture a interdit tout rassemblement et toute manifestation ce lundi de midi à 20 heures sur l’ensemble de la commune. Benoît Payan doit prochainement rencontrer le Premier ministre avec les maires de Paris, Emmanuel Grégoire, et de Lyon, Grégory Doucet.
Ailleurs : Denain instaure déjà un couvre-feu
Sans attendre les arrêtés préfectoraux demandés par Sébastien Lecornu, la maire socialiste de Denain (Nord), Anne-Lise Dufour-Tonini, a instauré dès dimanche un couvre-feu nocturne pour tous, de 21 heures à 6 heures, jusqu’au 25 octobre inclus, après des feux de poubelles, des vitrines attaquées et des policiers caillassés samedi, selon Actu.fr. En Guadeloupe, un couvre-feu d’une nuit pour les mineurs a été décidé à Pointe-à-Pitre et aux Abymes. La carte officielle des couvre-feux « partiels » et « localisés » demandés aux préfets pour ce lundi soir n’était toujours pas consolidée en début d’après-midi.
Sources : BFMTV Marseille, ICI Provence (Radio France), Marsactu, France Inter via Marsactu, La Marseillaise, Actu.fr (Denain).






