Suite de notre article de ce matin : Matignon : Lecornu reçoit les syndicats à 10h30.
Officiellement, la réunion devait porter sur les moyens de préserver le droit de manifester après les violences du 17 octobre. Elle s’est surtout soldée par un constat de désaccord. Reçus mercredi 21 octobre à Matignon par Sébastien Lecornu, les syndicats représentatifs sont ressortis après environ deux heures et demie d’échanges sans la moindre annonce concrète. « Aucune mesure », a résumé Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, citée par Public Sénat.
Qui était autour de la table
Finalement, ce sont sept organisations qui ont été conviées : CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, Unsa et FSU, ainsi que des représentants de la police et de la gendarmerie. Côté gouvernement, le Premier ministre était entouré de David Amiel (Action et Comptes publics), Jean-Pierre Farandou (Travail), Édouard Geffray (Éducation nationale) et Laurent Nuñez (Intérieur). Les organisations lycéennes, elles, n’étaient pas invitées, ce que la CFDT et la CGT ont dénoncé avant même le début de la réunion.
Des syndicats unanimement déçus
La CGT était venue avec des demandes chiffrées : une hausse de 10 % du Smic, l’indexation des salaires sur les prix, des moyens pour les services publics et une revalorisation des fonctionnaires. Selon Sophie Binet, les ministres n’ont présenté que des pistes imprécises ; le ministre du Travail a seulement promis de recevoir prochainement les syndicats sur le pouvoir d’achat.
Pour Marylise Léon (CFDT), des réponses sociales sont indispensables d’ici au 5 novembre, sur les salaires comme sur la rémunération des agents publics ; elle juge le gouvernement en retard sur le tempo de la contestation. Cyril Chabanier (CFTC) parle d’une réunion très décevante, tout en notant que l’exécutif a ouvert la porte à une discussion sur le Smic. Sophie Vénétitay (SNES-FSU) dit repartir avec un calendrier et une méthode, mais des réponses très en dessous des attentes après quatre semaines de mobilisation lycéenne.
Le 5 novembre, et samedi dès cette semaine
L’intersyndicale appelle à la mobilisation la plus large possible le jeudi 5 novembre. La CGT va plus loin et demande l’organisation d’assemblées générales sur tous les lieux de travail pour étendre la grève à partir de cette date. Elle annonce aussi sa présence au cortège déclaré pour samedi 24 octobre à Paris, de la Bastille vers l’Opéra, par la coordination des gilets jaunes du 17 octobre, afin, dit-elle, de protéger les jeunes et les salariés qui veulent manifester. Le gouvernement a de son côté prévu des renforts pour ce deuxième samedi (lire notre article).
Premières réponses aux lycéens lundi
Dans l’après-midi, devant les députés, Édouard Geffray a annoncé réunir lundi matin les représentants de la communauté éducative pour leur présenter une première série de décisions sur les effectifs, le remplacement des enseignants et Parcoursup. Au Sénat, Sébastien Lecornu a présenté la jeunesse comme un chantier prioritaire.
Le reste de la journée est resté dominé par la réponse sécuritaire : Gérald Darmanin a fait état de 174 incarcérations liées aux violences, la préfecture de police a reconduit pour une troisième nuit le couvre-feu de 23 heures à 6 heures autour de la place de la République et des Halles, et Laurent Nuñez a écarté à ce stade l’état d’urgence. Emmanuel Macron, en déplacement au Qatar, réunira jeudi les services de renseignement, le jour même où le Premier ministre reçoit les chefs de partis. Sur les marchés, le taux d’emprunt de la France a dépassé 5 % pour la première fois depuis 2002 (lire notre article).
Sources : Public Sénat, franceinfo, L’Humanité.
