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Fédération française de tir : 64 000 photos d’identité et 19 000 documents volés, deuxième cyberattaque en un an, ce que les licenciés doivent faire

Des tireurs sportifs en position sur un pas de tir à 300 mètres (photo d'illustration)
Photo : Tony Chow / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0

La Fédération française de tir (FFTir) a confirmé jeudi 22 octobre, dans un communiqué adressé à ses licenciés, avoir subi une nouvelle cyberattaque, la deuxième en un an. L’intrusion a eu lieu entre le 12 et le 15 octobre et a été revendiquée le week-end dernier. Selon le site spécialisé FrenchBreaches, le pirate affirme détenir des informations sur environ 587 000 personnes : quelque 250 000 licenciés actifs et 350 000 anciens. Ce chiffre n’a pas été confirmé par la fédération.

Comment le pirate est-il entré ?

D’après la FFTir, citée par franceinfo, l’attaquant s’est connecté à EDEN, l’espace en ligne des licenciés, avec des comptes dont il avait obtenu ou deviné les identifiants. Une fois connecté, il a pu consulter les données d’autres licenciés. La fonction de vérification des licences du site Cibles Couleurs, le programme de progression de la fédération, a aussi été exploitée. Elle a été fermée et corrigée le 15 octobre, et les documents déposés dans EDEN ne sont plus accessibles depuis le 16. Une nouvelle tentative d’intrusion a été détectée dimanche soir.

Quelles données ont été volées ?

  • Les noms, prénoms, clubs et catégories d’âge des licenciés, le grade Cibles Couleurs et sa date de validation, et le cas échéant la mention d’une pratique handisport.
  • Environ 64 000 photos d’identité et près de 19 000 documents déposés par les licenciés, dont des certificats d’aptitude à la pratique du tir.
  • Pour 55 licenciés, le dossier complet a été copié ; la fédération dit qu’elle va les contacter un par un.

La fédération assure qu’aucune donnée bancaire n’est concernée et qu’« aucune information sur la possession d’armes n’a été touchée », selon son communiqué cité par franceinfo. Elle indique avoir prévenu l’Anssi et la CNIL et déposé plainte.

Pourquoi cette fuite inquiète-t-elle autant ?

Parce que la précédente a eu des conséquences très concrètes. Les 18 et 19 octobre 2025, les données de 250 000 adhérents et de 750 000 anciens adhérents (numéro de licence, état civil, adresse, e-mail, téléphone) avaient été dérobées via la compromission d’un compte interne, selon le parquet de Paris. Ces informations ont ensuite servi à repérer des domiciles de tireurs : cambriolages ciblés, faux policiers venus prétendument contrôler des armes, braquages pour forcer l’ouverture d’un coffre. En avril 2026, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez évoquait 20 à 30 cambriolages potentiellement liés à cette fuite, rapporte L’Essor de la gendarmerie. Un jeune homme a été mis en examen en janvier dans cette enquête ; il reste présumé innocent.

Cette fois, les adresses ne figurent pas dans la liste communiquée par la fédération. Mais photos d’identité et certificats médicaux sont des pièces recherchées pour les usurpations d’identité, et le nom d’un club suffit à situer géographiquement un pratiquant. Cette attaque intervient en pleine semaine de tension pour la cybersécurité en France, après la faille critique dans PHP qui a obligé de nombreux sites publics à se mettre en maintenance.

Que doivent faire les licenciés de tir ?

  • Changer le mot de passe de l’espace EDEN et de tout autre compte utilisant le même ; ne jamais réutiliser un mot de passe d’un site à l’autre.
  • Activer la double authentification dès qu’elle est proposée : la fédération dit la mettre en place.
  • Se méfier des e-mails, SMS et appels se réclamant de la fédération, d’un club ou d’une administration, surtout s’ils demandent des documents ou un paiement.
  • Ne jamais laisser entrer quelqu’un qui se présente pour vérifier des armes sans s’être assuré de sa qualité en appelant soi-même la gendarmerie ou le commissariat (17) ; les armes soumises à autorisation doivent de toute façon rester dans un coffre-fort ou une armoire forte.
  • Signaler toute tentative suspecte à la police ou à la gendarmerie, et s’informer sur cybermalveillance.gouv.fr. En cas d’usurpation d’identité, une plainte peut être déposée.

Qu’a promis la fédération ?

La FFTir annonce la double authentification, une refonte de ses applications et des audits de sécurité, avec des tests d’intrusion. Reste une question que posent déjà des licenciés : pourquoi une fédération déjà piratée il y a un an pouvait-elle encore être visitée avec de simples identifiants devinés ? La CNIL, désormais saisie, pourra examiner si les mesures de sécurité étaient suffisantes au regard du RGPD.

Questions fréquentes

Mes données bancaires sont-elles concernées ?

Non, selon la fédération, aucune donnée bancaire n’a été dérobée.

La liste des armes détenues a-t-elle fuité ?

La FFTir affirme qu’aucune information sur la possession d’armes n’a été touchée.

Comment savoir si mon dossier complet a été copié ?

Les 55 licenciés dont le dossier complet a été copié doivent être contactés individuellement par la fédération.

Sources : communiqué de la Fédération française de tir, franceinfo, FrenchBreaches, L’Essor de la gendarmerie, parquet de Paris, Ouest-France.

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