Une page de l’histoire du sport automobile français se tourne. Renault a annoncé jeudi 22 octobre la vente de l’usine Alpine Racing de Viry-Châtillon (Essonne) au groupe belge Dumarey. L’accord prévoit la reprise des équipes et des actifs nécessaires à l’exploitation du site. Les quelque 150 salariés seraient tous repris par l’acquéreur, selon le communiqué commun des deux groupes.
Ce que prévoit l’accord
Le projet a été présenté jeudi aux représentants du personnel lors d’un comité social et économique (CSE) exceptionnel. La vente ne sera finalisée qu’après la procédure d’information-consultation des salariés et l’obtention des autorisations réglementaires. Selon une source proche du dossier citée par Le Parisien, les salaires et avantages sociaux seraient garantis pendant 24 mois. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué.
Dumarey, groupe familial belge spécialisé dans l’ingénierie avancée, explique vouloir se diversifier dans le sport automobile et acquérir « une expertise de classe mondiale » dans les groupes motopropulseurs haute performance, l’électrification et les technologies d’essais.
Viry, quarante ans de Formule 1
C’est à Viry-Châtillon qu’ont été conçus, à partir de 1977, tous les moteurs de Formule 1 de Renault. Ils ont propulsé l’écurie officielle mais aussi Williams, Benetton, Lotus et Red Bull, qui ont remporté avec eux de nombreux titres mondiaux, notamment avec Fernando Alonso en 2005 et 2006 et Sebastian Vettel entre 2010 et 2013. Le site a aussi travaillé sur l’Alpine A442B victorieuse aux 24 Heures du Mans 1978, sur les rallyes et, plus récemment, sur la Formule E et le Dacia Sandrider du Dakar.
Une reconversion qui n’a pas tenu
En septembre 2024, Renault avait annoncé l’arrêt de son moteur de F1, effectif fin 2025, pour se fournir auprès de Mercedes. Le groupe avait promis de reconvertir Viry dans l’ingénierie de pointe, avec le projet « Hypertech Alpine » : batteries, groupes motopropulseurs électriques, voitures de sport. Selon le site spécialisé Les Voitures, les effectifs sont passés depuis d’environ 350 à 150 personnes. Le maire de Viry-Châtillon, Jean-Marie Vilain, avait dénoncé dès février des engagements non tenus.
Les élus locaux réagissent vivement. « Nous savions qu’une épée de Damoclès planait au-dessus de ce site. Mais nous n’acceptons pas d’apprendre sa vente sans que le comité de suivi ait été réuni », déplore Méhadée Bernard, présidente (PCF) de l’établissement public territorial Grand-Orly Seine Bièvre, qui demande une réunion avec Renault.
Renault reste en F1, mais à Enstone
Le groupe ne quitte pas la Formule 1 pour autant. Son directeur général, François Provost, a assuré en juin que Renault voulait y rester « dans la durée » avec l’écurie Alpine, basée à Enstone, au Royaume-Uni, où sont conçus le châssis, l’aérodynamique et les composites de la monoplace. Mais la vente de Viry confirme le recul du constructeur dans la compétition : après la Formule E, le moteur de F1 et le programme Dakar de Dacia, le losange concentre ses moyens sur ses voitures de série.
Sources : Le Parisien, Les Voitures, communiqué Renault Group et Dumarey.
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