Après une semaine de bras de fer autour des satellites de SpaceX, Donald Trump a affirmé jeudi qu’Elon Musk « l’a rétabli », en parlant de l’accès des forces ukrainiennes au réseau Starlink. Le président américain a refusé de dire s’il avait parlé directement au patron de SpaceX. Selon le Wall Street Journal, il l’aurait appelé mercredi pour lui demander de lever les restrictions imposées au service militaire Starshield.
Ce qui s’est passé depuis le 14 octobre
Kiev a signalé le 14 octobre une nette dégradation des terminaux utilisés par l’armée, essentiels aux communications des unités sur le front. D’après le Figaro, qui cite le Wall Street Journal, c’est Elon Musk lui-même qui aurait ordonné la réduction du service. Les réactions se sont enchaînées : la Commission européenne a appelé SpaceX à rétablir pleinement l’accès, le secrétaire d’État Marco Rubio a répondu que ces décisions relevaient de SpaceX et de son patron, et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a assuré que le Pentagone n’avait donné aucune instruction en ce sens.
Ce dossier intervient alors que SpaceX vient d’afficher 4,4 milliards de dollars de bénéfice trimestriel, porté notamment par Starlink, et que l’entreprise travaille de plus en plus pour le gouvernement américain via Starshield.
À Kiev, une amélioration mais pas un retour complet
Sur le terrain, le système fonctionnait jeudi de manière plus normale, selon des responsables ukrainiens, mais pas encore au niveau d’avant la coupure. Volodymyr Zelensky avait déclaré plus tôt que le débit n’était pas rétabli et qu’il espérait s’en entretenir avec Marco Rubio. Pour l’armée ukrainienne, qui dépend largement de ces liaisons satellites, la question n’est pas seulement technique : elle montre qu’une entreprise privée peut, d’une décision, modifier les conditions du combat.
Poutine veut un « accord final », pas une « courte » trêve
Sur le plan diplomatique, Vladimir Poutine s’est dit prêt à des pourparlers tripartites avec les États-Unis et l’Ukraine visant un accord final, et non une « courte » trêve, avec des garanties de sécurité « pour les deux parties ». Son conseiller Iouri Ouchakov avait déjà évoqué des discussions « autour du 10 novembre », après la visite à Saint-Pétersbourg de l’émissaire américain Steve Witkoff, venu avec un projet de plan américano-européen.
Volodymyr Zelensky, lui, défend un gel de la ligne de front comme point de départ et estime que la Russie n’a pas changé d’attitude. Les positions restent donc éloignées : Moscou parle d’un règlement global, Kiev veut d’abord arrêter les combats sur la ligne actuelle.
Ce qu’il faut surveiller
- la confirmation, par les militaires ukrainiens, d’un retour complet de Starlink et de Starshield dans les prochains jours ;
- une explication publique de SpaceX sur les raisons de la dégradation du service ;
- la date et le lieu des pourparlers à trois, toujours pas officialisés.
Sources : Wall Street Journal, Le Figaro, Reuters, AFP.
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