Le discours de Marine Le Pen à Orléans, ce dimanche 25 octobre 2026, a marqué le lancement officiel de sa campagne présidentielle. En clôture du congrès du Rassemblement national, devant environ 8 500 personnes selon les organisateurs, la candidate a promis, en cas de victoire en mai 2027, un gouvernement « d’union nationale » et « pluraliste » dirigé par Jordan Bardella, autour d’un slogan : « la Renaissance pour la France ».
Un gouvernement « ouvert », Bardella à Matignon
Marine Le Pen a justifié le choix d’un « gouvernement ouvert » par « la situation d’un pays fracturé » et le « désir d’unité des Français », rapporte franceinfo. Elle a confirmé que Jordan Bardella, réélu samedi à la présidence du RN avec 98,98 % des voix, serait son Premier ministre, le « chef de l’orchestre gouvernemental ». Selon elle, l’État qu’elle veut bâtir « ne sera pas RN » mais une œuvre « patriote, mais pas partisane ».
« Renaissance » plutôt que retour en arrière
Comparant l’époque actuelle aux mutations qui ont précédé la Renaissance du XVIe siècle, la candidate a présenté ce thème comme « une méthode, pas une rupture brutale ». Elle a assuré ne pas vouloir « refaire la France d’avant » mais « construire la France de demain ». Elle a appelé à tourner le dos à ce qu’elle appelle les « nouveaux obscurantismes », en citant l’islamisme, l’extrême gauche et une « écologie punitive ».
Les principales annonces
- Constitution : inscription du principe de « communauté nationale » et affirmation de la primauté de la Constitution sur tout autre texte, « même européen », selon France 24. Une promesse qui laisse présager des tensions avec l’Union européenne.
- Institutions : recours au référendum et scrutin proportionnel avec prime majoritaire.
- Sécurité et immigration : « priorité nationale », « interdiction du communautarisme » et expulsion « automatique et définitive » des étrangers délinquants.
- Retraites : elle ne s’est plus engagée à revenir à 60 ans, comme par le passé, mais a promis de ne pas repousser l’âge de départ au-delà de 64 ans, d’après France 24.
- International : faire de la France une « nation de paix » et ne pas envoyer les jeunes Français mourir dans des « guerres qui ne sont pas les nôtres ».
Le discours de Bardella interrompu par l’UEJF
Plus tôt, l’intervention de Jordan Bardella a été brièvement interrompue par trois militants qui ont déployé une banderole dans la salle avant d’être pris à partie par des militants RN puis exfiltrés, ont constaté les journalistes de France Inter et de franceinfo. Le président du RN a dénoncé « l’ultragauche », mais l’action a été revendiquée par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), qui entendait protester contre les écrits antisémites attribués à Jordan Bardella par Mediapart. Ce dernier nie en être l’auteur. Mediapart affirme par ailleurs qu’un de ses journalistes a été poussé dans un escalier par un agent de sécurité du parti.
Éric Ciotti avait ouvert l’après-midi en appelant les électeurs de droite au « rassemblement » ; Marion Maréchal, présente, ne s’est pas exprimée. À Orléans, la ville est restée à l’écart d’incidents majeurs ce week-end, et le maire a levé dimanche soir les restrictions mises en place pour le congrès, dont un couvre-feu pour les mineurs, selon franceinfo.
Favorite des sondages
À six mois du premier tour, Marine Le Pen fait la course en tête dans les enquêtes d’opinion, même si un sondage publié ce week-end qualifie Jean-Luc Mélenchon pour le second tour face à elle dans tous les scénarios testés. France 24 rappelle qu’elle a récemment été condamnée en appel pour détournement de fonds publics européens.
Sources : franceinfo ; France 24 (avec AFP et Reuters) ; BFMTV ; franceinfo (UEJF) ; Le JDD.
Photo d’illustration : Foto-AG Gymnasium Melle / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.


















