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Anthropic en Bourse : 16,3 milliards de dollars de revenus en six mois, ce que révèle le dossier

La tour Nasdaq à Times Square, à New York, en mai 2026
Photo : Nielsoncaetanosalmeron / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0

L’introduction en Bourse d’Anthropic, l’éditeur de l’assistant d’intelligence artificielle Claude, est officiellement lancée : la société a déposé lundi 26 octobre son document d’enregistrement (formulaire S-1) auprès de la SEC, le gendarme boursier américain, en vue d’une cotation sur le Nasdaq sous le symbole « ANT ». Le prix, le nombre d’actions et la date de cotation ne sont pas encore fixés. Le dossier, public, permet en revanche de lire pour la première fois les comptes détaillés de l’entreprise.

Confirmé / pas encore connu

  • Confirmé : cotation demandée sur le Nasdaq Global Select Market, symbole « ANT ».
  • Confirmé : 16,3 milliards de dollars de revenus au premier semestre 2026, contre 1,2 milliard un an plus tôt.
  • Confirmé : banques chefs de file Goldman Sachs et Morgan Stanley ; BNP Paribas, Crédit Agricole CIB et Société Générale figurent parmi les établissements du syndicat.
  • Pas encore connu : le prix par action, le montant levé, la valorisation visée et le jour de la première cotation.

Une croissance hors norme

Le document retrace la trajectoire de l’entreprise fondée en 2021 : 41 millions de dollars de revenus en 2023, 386 millions en 2024, puis 4,6 milliards en 2025. Au seul deuxième trimestre 2026, Anthropic a facturé 11,6 milliards de dollars, contre 787 millions un an plus tôt, soit environ quinze fois plus. Elle revendique plus de 11 900 clients lui rapportant au moins 100 000 dollars par an au 30 septembre 2026. Sur ce même trimestre, la société dégage un résultat opérationnel positif d’environ 1 milliard de dollars, soit une marge de 8 %.

Des pertes énormes, mais surtout comptables

Les pertes nettes, elles, donnent le vertige : 1,5 milliard de dollars en 2023, 8,3 milliards en 2024, 42 milliards en 2025 et 80,7 milliards au premier semestre 2026. L’essentiel vient d’une écriture comptable : la réévaluation à leur juste valeur des obligations convertibles émises auprès d’investisseurs, qui pèse 72,4 milliards sur le semestre. Plus la valeur de l’entreprise grimpe, plus cette dette convertible coûte cher sur le papier, sans sortie d’argent équivalente. Les coûts de calcul informatique restent par ailleurs un poste majeur, détaillé parmi les facteurs de risque.

Une gouvernance verrouillée

Anthropic est une « public benefit corporation », une société à mission de droit américain. Un trust indépendant, le Long-Term Benefit Trust, a le pouvoir d’élire et de révoquer la majorité du conseil d’administration. Les fondateurs conservent, via une action de classe F, 50,1 % des droits de vote sur les autres décisions soumises aux actionnaires. Les futurs actionnaires achèteront donc des titres avec peu de poids sur la direction, une configuration que la société reconnaît comme une « controlled company » au sens des règles du Nasdaq.

Ce que ça change pour les épargnants

Lundi soir, Wall Street a terminé en hausse, l’annonce ayant soutenu les valeurs liées à l’IA, selon Investir-Les Echos et L’Echo. Pour un particulier en France, l’accès aux actions dès le premier jour passera par un courtier donnant accès au Nasdaq ; il n’y a pas d’offre réservée aux épargnants français annoncée. Comme pour toute introduction en Bourse, le cours des premiers jours peut être très volatil.

Ce qu’Ouelen a vérifié

Tous les chiffres de cet article ont été relevés directement dans le formulaire S-1 publié sur le site de la SEC, et non dans des reprises de presse. Les montants sont arrondis. Le document peut encore être amendé avant la cotation, notamment pour ajouter le prix et le nombre d’actions offertes.

Sources : SEC, formulaire S-1 d’Anthropic PBC, Investir-Les Echos, L’Echo.

Photo d’illustration : Nielsoncaetanosalmeron / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0.

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