Six Français ont été condamnés mardi 27 octobre à la réclusion à perpétuité par le tribunal pénal d’Al-Karkh, à Bagdad, pour appartenance au groupe État islamique (EI), et un septième, âgé de 23 ans, à 15 ans de prison. Ils ont été jugés en vertu de la loi irakienne antiterroriste, a constaté un journaliste de Reuters présent à l’audience. Leur avocat a annoncé qu’il ferait appel.
Confirmé / pas confirmé
- Confirmé : six peines de perpétuité et une peine de 15 ans de prison, prononcées le 27 octobre à Bagdad (Reuters, Le Figaro).
- Confirmé : le président du tribunal a expliqué avoir écarté la peine de mort en raison du jeune âge des accusés (Reuters).
- Confirmé : l’avocat irakien de la défense, Abbas al-Maliki, va saisir la Cour de cassation irakienne (Reuters).
- Pas connu : l’âge exact des six condamnés à perpétuité et le détail des faits retenus contre chacun.
- Pas connu : la réaction officielle du gouvernement français ; nous n’en avions trouvé aucune mardi à la mi-journée.
Qui sont ces condamnés
Les sept hommes font partie des 47 ressortissants français transférés en 2025 depuis les prisons du nord-est de la Syrie vers l’Irak, dans le cadre d’un accord sécuritaire supervisé par l’armée américaine (Reuters). Ils sont détenus en Irak depuis l’été 2025. Leur procès s’est ouvert en septembre, après un report. Le Conseil supérieur de la magistrature irakien les a présentés comme des détenus « à très haut risque », rapporte Le Figaro. Parmi les 47, certains sont de jeunes adultes emmenés en Syrie par leurs parents lorsqu’ils étaient mineurs, selon leurs avocats cités par RFI : Ouelen ne publie pas l’identité des condamnés.
Une défense française tenue à l’écart
Leurs avocats français, Marie Dosé et Matthieu Bagard, avaient appris début octobre, par le Quai d’Orsay, leur interdiction d’entrer sur le territoire irakien, selon RFI. Ils avaient dénoncé en janvier devant la presse un transfert qu’ils jugent illégal et des témoignages de mauvais traitements. La Ligue des droits de l’homme, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) et l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT) plaident pour que les ressortissants français soupçonnés de terrorisme soient rapatriés et jugés en France, où des juridictions spécialisées existent. Les avocats et la LDH reprochaient alors à la France son « inertie » dans ce dossier.
Un précédent en 2019
Ce n’est pas la première fois que la justice irakienne juge des Français pour appartenance à l’EI. En 2019, onze ressortissants français avaient été condamnés à mort à Bagdad ; leurs peines ont ensuite été commuées en réclusion à perpétuité. Cette fois, le tribunal n’a pas prononcé la peine capitale. La procédure n’est pas terminée : l’appel devant la Cour de cassation peut encore modifier les peines.
Ce qu’Ouelen a vérifié
Les peines, le nom du tribunal et les propos du président de la cour proviennent du compte rendu d’audience de Reuters, recoupé avec la dépêche publiée par Le Figaro et le sujet de France 24. Le contexte du transfert de 2025 et l’interdiction faite aux avocats français proviennent de RFI. Un pourvoi étant annoncé, la décision n’est pas définitive. Nous n’avons pas eu accès au jugement lui-même ni aux faits précis retenus contre chaque accusé.
Sources : Reuters via Boursorama, Le Figaro, RFI, 3 octobre 2026, France 24.
Photo d’illustration : Hassny Adel / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.

















