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Les vacances de la Toussaint se terminent lundi 2 novembre, et la rentrée s’annonce agitée. Samedi 31 octobre, en marge de la troisième journée de manifestations contre la vie chère, l’Union syndicale lycéenne (USL) et l’Union étudiante ont appelé à bloquer lycées et universités mardi 3 et jeudi 5 novembre, avant de rejoindre jeudi la journée de grève interprofessionnelle. L’appel a été lancé publiquement à Paris et rapporté par franceinfo à partir des propos recueillis par l’AFP.
Le calendrier annoncé est précis : des assemblées générales lundi dans les établissements, des blocages à partir de mardi, puis la manifestation du 5 novembre. Le président de l’USL a même évoqué des blocages tous les jours de la semaine, aussi longtemps que nécessaire. La porte-parole de l’Union étudiante, Sabrine Kharbach, présente cet appel comme une réponse à l’interdiction du parcours parisien que les organisateurs avaient déposé pour samedi.
L’essentiel
- Lundi 2 novembre : rentrée, assemblées générales appelées dans les lycées et les facs.
- Mardi 3 novembre : premiers blocages appelés par l’USL et l’Union étudiante.
- Jeudi 5 novembre : nouveaux blocages, puis manifestations avec l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, Unsa, FSU…), selon l’appel publié par la CGT.
- Ce qui n’est pas connu : le nombre d’établissements qui seront réellement bloqués ; il dépendra des assemblées générales de lundi.
Pourquoi les lycéens ne s’arrêtent pas après les annonces
Le gouvernement a pourtant multiplié les gestes depuis la réception des organisations lycéennes et étudiantes à Matignon le 26 octobre (notre article sur cette réunion). Vendredi 30 octobre, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a adressé une lettre aux lycéens publiée sur X, détaillée par 20 Minutes. Il y remercie les plus de 100 000 élèves ayant répondu à la consultation en ligne et rappelle les mesures déjà promises (que nous avions détaillées) :
- remplacement progressif de Parcoursup d’ici 2028 ;
- 500 postes d’enseignants supplémentaires et annulation des suppressions de postes prévues ;
- classes de seconde limitées à 28 élèves ;
- révision du contrôle continu au baccalauréat ;
- 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur.
Pour les organisations lycéennes et étudiantes, ce ne sont « que des miettes », rapporte 20 Minutes. Leurs revendications portent sur les conditions matérielles d’études : le président de l’USL réclame notamment un plan national pour la rénovation des bâtiments scolaires. Du côté du gouvernement, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a répété que le droit au blocage n’existe pas : bloquer l’accès à un établissement n’est pas un droit reconnu, contrairement au droit de manifester.
Ce que ça change pour les familles
Un lycée bloqué n’est pas un lycée fermé. En principe, les cours restent dus et l’établissement reste ouvert ; c’est le chef d’établissement qui décide, selon la situation, de laisser entrer les élèves, de reporter des évaluations ou de fermer les grilles pour des raisons de sécurité. Le réflexe utile : surveiller dès lundi soir les messages de l’établissement sur l’ENT ou Pronote.
Jeudi 5 novembre, la grève touche aussi les enseignants. Des syndicats de l’Éducation nationale, dont le Snes-FSU et le SE-Unsa, appellent à la grève ce jour-là (notre point complet sur la journée du 5 novembre). Dans les écoles maternelles et élémentaires publiques, les enfants doivent être accueillis même si leur enseignant fait grève : par l’État si moins de 25 % des enseignants de l’école sont déclarés grévistes, par la commune au-delà, selon Service-public.fr. Les enseignants doivent se déclarer au moins 48 heures à l’avance, soit au plus tard lundi soir pour une grève le jeudi. Ce droit d’accueil ne s’applique pas au collège et au lycée.
Les absences restent soumises au règlement intérieur de chaque établissement : un élève qui ne vient pas en cours doit être justifié par ses responsables légaux.
Le bilan de samedi en recul
La journée de samedi, la troisième en trois semaines, a été moins suivie que les précédentes, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur relayés en direct par franceinfo : vers 14 heures, 15 000 manifestants et 65 actions recensés, contre 37 000 participants et 108 actions au même moment le 24 octobre. Le ministère faisait alors état de 27 interpellations et de cortèges globalement calmes, avec 70 000 policiers et gendarmes mobilisés. Le 24 octobre, le bilan final de l’Intérieur était de 410 000 manifestants (notre article). À Paris, le cortège a défilé entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton, après que le Conseil d’État a annulé la décision du tribunal administratif qui autorisait le trajet Bastille-Nation (le contexte et les mesures annoncées par Laurent Nuñez).
Confirmé / pas confirmé
- Confirmé : l’appel de l’USL et de l’Union étudiante à bloquer les 3 et 5 novembre ; la grève interprofessionnelle du 5 novembre ; la lettre d’Édouard Geffray et la liste des mesures promises.
- Chiffres de samedi : 320 000 manifestants en France selon le ministère de l’Intérieur (dont 70 000 à Paris), près de 500 000 selon l’intersyndicale jeunesse (dont 200 000 à Paris), et 296 interpellations à 18 heures, selon Le Figaro. L’Unef appelle de son côté à faire du mardi 3 novembre une « journée noire » dans les universités (notre bilan de la journée).
- Pas confirmé : l’ampleur des blocages, l’éventuelle fermeture d’établissements.
Questions fréquentes
Les cours ont-ils lieu mardi ? Oui, en principe. Aucun texte ne prévoit de fermeture en cas de blocage ; chaque établissement informe les familles.
Mon enfant peut-il être sanctionné s’il participe à un blocage ? Le blocage n’est pas un droit ; les sanctions éventuelles relèvent du règlement intérieur et du chef d’établissement.
Les universités sont-elles concernées ? Oui, l’Union étudiante appelle aussi à bloquer les facultés. Les présidences d’université peuvent basculer des cours à distance ou fermer des bâtiments.
Chronologie
- 24 octobre : deuxième journée, 410 000 manifestants selon l’Intérieur.
- 26 octobre : organisations lycéennes et étudiantes reçues à Matignon, premières annonces.
- 30 octobre : lettre d’Édouard Geffray aux lycéens.
- 31 octobre : troisième journée, appel aux blocages des 3 et 5 novembre.
- 5 novembre : grève et manifestations interprofessionnelles.
Ce qu’Ouelen a vérifié : l’appel aux blocages et ses dates (déclarations rapportées par franceinfo et l’AFP), le contenu de la lettre ministérielle (20 Minutes), les chiffres de l’Intérieur à la mi-journée (direct franceinfo), l’appel interprofessionnel du 5 novembre (site de la CGT) et les règles du service minimum d’accueil (Service-public.fr).
Sources : franceinfo, franceinfo (direct du 31 octobre), 20 Minutes, CGT, Service-public.fr.
Photo d’illustration : Philippe Alès / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.


















