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Intel -28,6 % à Wall Street : ce que la chute de la tech change pour votre épargne

Le siège d’Intel à Santa Clara, en Californie
Photo : Sixflashphoto / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0

Wall Street a fini en nette baisse vendredi 30 octobre : le Nasdaq a perdu 2,86 % et Intel a dévissé de 28,58 % après des prévisions jugées très décevantes. La veille, Alphabet (Google) avait déjà reculé d’environ 13 %. En cause : la facture de l’intelligence artificielle, que les investisseurs jugent de plus en plus lourde par rapport à ce qu’elle rapporte.

L’essentiel

  • Vendredi 30 octobre : Nasdaq -2,86 %, S&P 500 -1,82 %, Dow Jones -1,09 % (AFP).
  • Intel : -28,58 %, après une prévision de 15 à 16 milliards de dollars de chiffre d’affaires au quatrième trimestre.
  • Alphabet : environ -13 % jeudi, soit près de 500 milliards de dollars de capitalisation effacés selon Next.
  • Paris : CAC 40 quasi stable (-0,01 %), mais l’OAT à 10 ans frôle de nouveau 5 % (Reuters).
  • Prochain rendez-vous : les résultats de Nvidia, attendus le 17 novembre.

Pourquoi Intel s’effondre

Intel paie surtout ses perspectives. Le groupe prévoit environ 15,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires au quatrième trimestre, contre 16,5 milliards au troisième, avec une marge brute ramenée à 38 %, détaille Next. Sa division PC, déjà en recul, devrait encore baisser de plus de 20 %. La pénurie mondiale de puces mémoire a fait grimper le prix des ordinateurs et freiné la demande, explique l’AFP. Les fabricants de PC ont suivi : HP a perdu 9,60 % et Dell 10,80 %.

Le troisième trimestre d’Intel était pourtant correct, avec un chiffre d’affaires en hausse de 20,9 % selon Next. C’est la suite qui inquiète.

Google et Amazon : l’IA coûte plus qu’elle ne rapporte, pour l’instant

Pour Alphabet et Amazon, le problème est différent : c’est la trésorerie. Au troisième trimestre, Alphabet a investi 51,4 milliards de dollars, surtout dans les centres de données pour l’IA, pour 42,3 milliards de trésorerie générée. Son flux de trésorerie disponible est donc négatif de 9,1 milliards, d’après Next.

Amazon maintient un objectif de 220 milliards de dollars d’investissements en 2026. Sur douze mois, son flux de trésorerie disponible est négatif de 42,4 milliards, contre +14,8 milliards un an plus tôt. Son cloud AWS progresse pourtant de 39 %. L’action a perdu jusqu’à près de 6 % en séance avant de finir à -1,41 %, selon l’AFP.

Microsoft, lui, a échappé à la sanction (-0,16 % le lendemain de ses résultats) : son chiffre d’affaires a atteint 92,3 milliards de dollars (+19 %) et il dégage encore de la trésorerie après ses investissements.

Tout le secteur des puces a suivi : Nvidia -4,22 %, AMD -10,88 %, Broadcom -5,48 % (AFP). Selon Zonebourse, l’indice des semi-conducteurs de Philadelphie a chuté de plus de 16 % sur le mois d’octobre.

Ce que ça change pour votre épargne

Si vous avez un ETF « Monde » ou S&P 500 (dans un PEA, un compte-titres ou une assurance-vie), vous êtes exposé à ces valeurs : Alphabet, Amazon, Microsoft et Nvidia pèsent lourd dans ces indices. Une baisse de la tech américaine se voit donc directement sur ces supports, d’autant plus si vous détenez un ETF Nasdaq.

Si vous êtes surtout investi en actions françaises, l’effet a été limité vendredi : le CAC 40 a fini quasi stable, car il compte peu de valeurs technologiques. Le secteur tech européen a tout de même perdu 2,76 %, selon Reuters.

Pour les fonds euros et les livrets, cette secousse ne change rien directement. Le sujet qui compte davantage pour eux est celui des taux : la Fed a laissé ses taux inchangés, mais les marchés s’attendent à une nouvelle hausse en décembre (voir notre article sur la Fed et la BCE). En France, le rendement de l’OAT à 10 ans approche de nouveau 5 %, un niveau qui renchérit le crédit.

Faut-il vendre ? Ouelen ne donne pas de conseil en investissement. Les analystes cités par la presse sont partagés : Zonebourse juge la correction « peut-être excessive » et n’exclut pas un rebond technique début novembre, tandis que d’autres redoutent que les géants du numérique réduisent leurs dépenses, ce qui pénaliserait les fabricants de puces. Pour un épargnant à long terme, la règle générale reste de ne pas réagir à une seule séance et de vérifier que son exposition à la tech américaine correspond au risque qu’il est prêt à prendre.

Bulle ou simple correction ?

Personne ne peut le dire à ce stade. Next estime que ces secousses sanctionnent surtout des résultats propres à chaque entreprise et ne sont pas un signe sûr d’éclatement de bulle. À l’inverse, l’indice de volatilité VIX a atteint vendredi son plus haut niveau depuis avril, signe d’une nervosité réelle. La demande reste forte : Azure (Microsoft) progresse de 48 % et Google Cloud de 103 % sur un an, selon Zonebourse. L’introduction en Bourse d’Anthropic, dont nous avions détaillé le dossier, sera un autre test de l’appétit des investisseurs pour l’IA.

Les dates à surveiller

  • 3 novembre : élections de mi-mandat aux États-Unis.
  • 17 novembre : résultats trimestriels de Nvidia, première capitalisation mondiale.
  • Décembre : réunions de la Fed et de la BCE, avec une possible hausse des taux.

Ce qu’Ouelen a vérifié

Les variations de clôture viennent de la dépêche AFP publiée par Boursorama et de Reuters. Les chiffres de trésorerie d’Alphabet, d’Amazon et de Microsoft viennent de l’analyse de Next, recoupée par Zonebourse. La prévision d’Intel est donnée en fourchette (15 à 16 milliards) par l’AFP et au point médian (15,5 milliards) par Next.

Sources : AFP via Boursorama, Reuters via Boursorama, Next, Zonebourse.

Photo d’illustration : Sixflashphoto / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.

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