Les manifestations du samedi 31 octobre contre la vie chère ont réuni 320 000 personnes en France, dont 70 000 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur (comptage arrêté à 17 heures). L’intersyndicale jeunesse, qui regroupe l’Union étudiante, la Fage, l’Unef et l’Union syndicale lycéenne (USL), revendique de son côté près de 500 000 participants, dont 200 000 dans la capitale, rapporte Le Figaro. À 18 heures, le ministère recensait 296 interpellations sur l’ensemble du territoire.
C’était la troisième journée de mobilisation en trois semaines. Selon les chiffres officiels, la participation recule pour le deuxième samedi consécutif, et le nombre d’interpellations a été divisé par plus de deux par rapport au 24 octobre. Les organisations de jeunesse, elles, parlent d’une réussite et annoncent déjà la suite : blocages de lycées et d’universités dès mardi, puis grève interprofessionnelle jeudi 5 novembre.
Les chiffres comparés des trois samedis
- 17 octobre : 550 000 manifestants selon l’Intérieur, 800 000 selon les organisateurs.
- 24 octobre : 410 000 selon l’Intérieur (dont 110 000 à Paris), 800 000 selon les organisateurs ; 768 interpellations à 18 heures.
- 31 octobre : 320 000 selon l’Intérieur (dont 70 000 à Paris), près de 500 000 selon l’intersyndicale jeunesse (dont 200 000 à Paris) ; 296 interpellations à 18 heures.
- À 14 heures : 27 interpellations samedi, contre 217 à la même heure le 24 octobre, selon le ministère cité par BFMTV.
Un cortège parisien repoussé aux portes de la capitale
À Paris, le cortège n’a pas suivi l’itinéraire Bastille-Nation demandé par les organisateurs. Saisi en urgence, le Conseil d’État a validé vendredi le parcours imposé par le ministère de l’Intérieur, entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton, en bordure du périphérique, comme le détaille franceinfo. Ce choix s’inscrivait dans le dispositif annoncé en début de semaine par l’exécutif, avec des cortèges tenus à l’écart des centres-villes (notre article sur les cortèges hors des centres-villes).
Environ 70 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés dans le pays. Selon une note de la préfecture de police consultée par Le Figaro, les services s’attendaient à 100 000 à 150 000 manifestants dans la capitale et redoutaient une « situation insurrectionnelle ». Le chiffre officiel de 70 000 à Paris est donc nettement inférieur à cette prévision. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait décrit en début d’après-midi une situation calme, sans incident notable ; il avait aussi prévenu, en milieu de semaine, qu’il craignait des violences urbaines (notre article du 29 octobre).
Des heurts en fin de cortège dans plusieurs villes
La plupart des cortèges ont défilé dans le calme, selon BFMTV. Des tensions ont toutefois éclaté au moment des dispersions : à Paris près de la porte de Charenton en fin d’après-midi, à Lyon place Jean-Macé, ainsi qu’à Marseille, Toulouse, Grenoble et Rennes. Le ministère n’avait pas communiqué, samedi soir, de bilan détaillé des blessés.
Ce qui vient : blocages mardi, grève jeudi, appels pour le 6 et le 7
Les organisations de jeunesse entendent durcir le mouvement à la rentrée des vacances de la Toussaint. L’Unef appelle à faire du mardi 3 novembre une « journée noire » dans les universités, avec des blocages de facs et de lycées partout en France. Peu avant le départ du cortège parisien, l’USL et l’Union étudiante avaient déjà appelé à bloquer lycées et universités mardi et jeudi, selon franceinfo (nous détaillons ce calendrier dans notre article sur les blocages des 3 et 5 novembre).
Jeudi 5 novembre, l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, Unsa, FSU…) appelle à une journée nationale de grève et de manifestations, selon l’appel publié par la CGT ; écoles, transports et services publics sont concernés (les secteurs appelés à la grève le 5 novembre). Enfin, la coordination des gilets jaunes, à l’origine de cet « acte III », appelle à poursuivre le mouvement les 6 et 7 novembre.
Ce que ça change pour vous cette semaine
- Lundi 2 novembre : rentrée scolaire ; assemblées générales appelées dans les lycées et les universités.
- Mardi 3 novembre : blocages possibles de lycées et de facs. Les cours ne sont pas suspendus par principe : chaque établissement informe les familles.
- Jeudi 5 novembre : grève interprofessionnelle, perturbations attendues dans les écoles et les transports. Les prévisions de trafic sont en général publiées la veille.
- Vendredi 6 et samedi 7 novembre : appels des gilets jaunes, sans parcours déclaré connu à ce stade.
Confirmé / pas confirmé
- Confirmé : les chiffres du ministère de l’Intérieur (320 000 en France, 70 000 à Paris à 17 heures) et ceux de l’intersyndicale jeunesse (près de 500 000, dont 200 000 à Paris) ; 296 interpellations à 18 heures ; le parcours validé par le Conseil d’État.
- Pas confirmé : un bilan définitif des interpellations et des blessés en fin de soirée, l’ampleur réelle des blocages de mardi, la participation à la grève du 5 novembre.
Questions fréquentes
Pourquoi deux chiffres aussi éloignés ? Le ministère compte les manifestants à partir des relevés des forces de l’ordre, les organisateurs avec leurs propres estimations. L’écart est habituel ; il est ici le plus fort à Paris (70 000 contre 200 000).
La mobilisation recule-t-elle ? Selon les chiffres officiels, oui : 550 000, puis 410 000, puis 320 000 sur les trois samedis. Les organisateurs annonçaient 800 000 les deux premiers samedis et près de 500 000 cette fois, une estimation elle aussi en baisse.
Y aura-t-il une manifestation samedi prochain ? Aucune quatrième journée n’était annoncée samedi soir pour le 7 novembre par les syndicats ; seule la coordination des gilets jaunes appelle à poursuivre les 6 et 7 novembre.
Pour comparer, notre bilan de la journée précédente : les manifestations du 24 octobre.
Ce qu’Ouelen a vérifié : nous avons confronté les chiffres de l’Intérieur et ceux de l’intersyndicale jeunesse rapportés par Le Figaro et BFMTV, comparé le nombre d’interpellations aux mêmes heures du 24 octobre et vérifié le parcours parisien à partir de la décision du Conseil d’État rapportée par franceinfo. Les appels pour la semaine prochaine sont attribués à chaque organisation.
Sources : Le Figaro, BFMTV, franceinfo (Conseil d’État), franceinfo (blocages), CGT.
Photo d’illustration : Suaudeau / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0.
