Une attaque massive de drones a touché, dans la nuit du samedi 31 octobre au dimanche 1er novembre, un site industriel du district de Kstovo, dans la région de Nijni Novgorod, à environ 400 kilomètres à l’est de Moscou. Les autorités russes parlent d’une « entreprise industrielle » endommagée sans dire laquelle ; des médias ukrainiens affirment qu’il s’agit de la raffinerie de Kstovo, l’une des plus grandes de Russie. Voici ce qui est établi et ce qui ne l’est pas.
En bref
- Confirmé par Moscou : « attaque massive de drones », « dégâts importants » sur un site industriel du district de Kstovo, plus de 100 drones détruits, pas de victime selon un premier bilan.
- Affirmé par Kiev et des médias ukrainiens : la cible était la raffinerie de Kstovo.
- Non confirmé : l’ampleur des dégâts, la durée d’un éventuel arrêt de la raffinerie, sa capacité exacte.
- Conséquence annoncée localement : coupures possibles d’électricité, d’eau chaude et de chauffage pendant les réparations.
Ce que dit le gouverneur russe
Le gouverneur de la région, Gleb Nikitine, a fait état sur Telegram d’une attaque de drones dans la nuit et dimanche matin, ayant causé d’importants dégâts à une entreprise du district de Kstovo. Il affirme que plus d’une centaine de drones ont été détruits et qu’aucune victime n’est à déplorer selon les premières informations, rapporte La Nouvelle République avec l’AFP. Il a prévenu que les travaux de rétablissement pourraient entraîner des coupures temporaires d’électricité, ainsi qu’une baisse de l’eau chaude et du chauffage dans certains immeubles, selon Euronews.
Ce qu’affirme le camp ukrainien
Côté ukrainien, des médias et des chaînes Telegram de suivi du conflit désignent la raffinerie de Kstovo, aussi appelée Lukoil-Nizhegorodnefteorgsintez. Selon Lukoil, cité par Euronews, le site produit notamment du diesel et du carburant d’aviation. Des images de panaches de fumée noire circulent sur les réseaux sociaux ; elles n’ont pas été authentifiées de façon indépendante à ce stade.
Une capacité de 340 000 barils par jour circule, attribuée à une chaîne Telegram : faute de source officielle, nous ne la retenons pas.
Pourquoi c’est important
Vendredi, les autorités russes avaient déjà indiqué que l’Ukraine avait repris ses frappes sur les raffineries après une pause de plusieurs jours ; le vice-ministre Alexandre Novak évoquait trois raffineries touchées ce jour-là, selon Sud Ouest. Euronews rappelle que des informations faisaient état d’une suspension de ces frappes sous la pression de Washington, inquiet de la hausse des prix mondiaux du diesel. Kiev, de son côté, cherche à tarir les revenus pétroliers qui financent l’effort de guerre russe.
La frappe intervient alors que l’Ukraine subit elle aussi des attaques sur son réseau : Volodymyr Zelensky a indiqué samedi qu’environ 280 000 foyers avaient été privés d’électricité après des frappes russes, dont 200 000 dans la région de Dnipro, toujours selon Euronews. Sur le front diplomatique, nous suivons aussi le dossier des missiles Patriot promis à Kiev et la trêve locale d’Olechky.
Ce qu’Ouelen a vérifié : nous avons confronté la dépêche AFP (La Nouvelle République, Sud Ouest) et le récit d’Euronews. Tous concordent sur la déclaration du gouverneur et sur l’absence de victime annoncée. Aucun ne confirme de source indépendante la nature exacte du site touché : la « raffinerie » reste une affirmation ukrainienne, présentée comme telle.
Sources : La Nouvelle République (AFP), Euronews, Sud Ouest.
Photo d’illustration : Vmenkov / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.
