Un juge fédéral de Miami a rejeté samedi 31 octobre la plainte en diffamation de Donald Trump contre le Wall Street Journal, qui lui attribuait une lettre adressée en 2003 à Jeffrey Epstein. Le président américain réclamait au moins 10 milliards de dollars de dommages et intérêts au quotidien et à son propriétaire, Rupert Murdoch, rappelle Le Figaro.
Le juge Darrin Gayles a estimé que Donald Trump n’avait pas démontré que le journal avait publié des informations fausses en sachant qu’elles l’étaient, ou avec une négligence manifeste. C’est la condition exigée aux États-Unis pour qu’une personnalité publique gagne un procès en diffamation. Selon Le Devoir, le jugement reproche à la plainte de s’accrocher « à des brindilles » pour tenter de trouver des failles dans l’enquête du journal.
L’essentiel en bref
- Décision : plainte rejetée samedi 31 octobre par le juge fédéral Darrin Gayles, à Miami.
- Montant réclamé : au moins 10 milliards de dollars.
- Visés : le Wall Street Journal, ses journalistes et Rupert Murdoch.
- Suite annoncée : l’équipe juridique de Donald Trump dit vouloir faire appel.
Que reprochait Donald Trump au journal ?
L’affaire porte sur un article publié l’an dernier par le Wall Street Journal. Le quotidien y décrivait une lettre à connotation sexuelle portant le nom de Donald Trump, insérée dans un album réuni en 2003 pour les 50 ans de Jeffrey Epstein. C’est Ghislaine Maxwell, la compagne d’Epstein à l’époque, qui avait sollicité des dizaines d’amis du financier pour composer cet album. D’après le journal, le texte était encadré par le dessin d’une silhouette féminine nue.
Donald Trump a toujours nié avoir écrit cette lettre et avait qualifié l’article de faux et diffamatoire. Sa plainte accusait le journal d’avoir causé un préjudice financier et d’image considérable.
Ce que dit, et ne dit pas, le jugement
Le juge ne tranche pas la question de l’authenticité de la lettre, souligne La Libre Belgique. Il considère en revanche que le Wall Street Journal a mené une enquête approfondie et a agi de bonne foi en publiant son contenu. Le journal s’est dit satisfait de la décision.
Ce qui est confirmé, ce qui ne l’est pas
- Confirmé : le rejet de la plainte samedi, par un juge fédéral de Miami, et le motif retenu (absence de preuve d’une intention malveillante du journal).
- Confirmé : la plainte a été rejetée « avec préjudice », ce qui signifie qu’elle ne peut pas être redéposée telle quelle devant ce tribunal. Certains médias en ont déduit qu’aucun recours n’était possible.
- À nuancer : un rejet avec préjudice n’empêche pas un appel devant une juridiction supérieure. L’équipe juridique du président a justement annoncé qu’elle ferait appel, selon La Libre Belgique.
- Non tranché : qui a réellement écrit la lettre. Le jugement ne se prononce pas sur ce point.
Pourquoi c’est important
Ce dossier s’ajoute à la série de procédures engagées par Donald Trump contre des médias. Ici, la décision rappelle la barre très haute fixée par le droit américain : une personnalité publique doit prouver qu’un journal savait qu’il publiait une information fausse, ou qu’il a fait preuve d’une négligence grave dans ses vérifications. Il ne suffit pas de contester les faits. Pour le Wall Street Journal, la décision valide sa méthode d’enquête sans pour autant authentifier la lettre.
Ce qu’Ouelen a vérifié : nous avons confronté les récits du Figaro, du Devoir et de La Libre Belgique. Ils concordent sur le juge, la date, le montant réclamé et le motif du rejet. Ils divergent sur la possibilité d’un recours : nous retenons l’annonce d’appel de l’équipe de Donald Trump, qui reste à concrétiser.
Sources : Le Figaro, Le Devoir, La Libre Belgique.
Photo d’illustration : Daniel Torok / Wikimedia Commons, domaine public.
