Accueil Économie Un Français sur trois peine à payer l’énergie, selon le baromètre 2026

Un Français sur trois peine à payer l’énergie, selon le baromètre 2026

Radiateur dans un logement
Photo : Numéro 1963 / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0

Un foyer sur trois a eu du mal à payer certaines factures d’électricité ou de gaz cette année. C’est l’un des enseignements du baromètre énergie-info 2026, publié mardi 3 novembre par le médiateur national de l’énergie. 34 % des ménages interrogés déclarent ces difficultés, contre 18 % en 2020. Et 86 % estiment que leurs factures d’énergie pèsent lourdement sur leur budget, le niveau le plus élevé depuis le lancement de l’enquête en 2007.

Les chiffres clés du baromètre 2026

  • 86 % des foyers jugent que leurs factures pèsent lourdement (record depuis 2007, stable par rapport à 2025).
  • 89 % se disent préoccupés par leurs factures.
  • 34 % ont eu des difficultés à payer certaines factures (18 % en 2020) ; 55 % chez les moins de 35 ans.
  • 72 % ont limité le chauffage l’hiver pour éviter des factures trop élevées (53 % en 2020).
  • 35 % ont eu froid chez eux au moins 24 heures ; 65 % ont souffert de la chaleur cet été.
  • 28 % ont subi les deux, et 46 % des bénéficiaires du chèque énergie.

Enquête réalisée par l’agence Mantu du 2 au 15 septembre 2026 auprès de 2 000 foyers représentatifs de la France métropolitaine, interrogés en ligne.

Une sobriété plus subie que choisie

Le médiateur résume la situation ainsi : les ménages vivent davantage une sobriété énergétique subie que choisie. Ils réduisent leur consommation d’abord pour l’argent : 87 % cherchent avant tout à limiter le montant de leurs factures, quand 35 % le font pour des raisons environnementales.

Cette sobriété a un coût en confort. En hiver, près de trois foyers sur quatre ont baissé le chauffage pour éviter une facture trop lourde, contre un sur deux en 2020. Plus d’un tiers a souffert du froid chez lui pendant au moins une journée entière.

L’été 2026, un tournant

La nouveauté de cette 20e édition, c’est la chaleur. Après les épisodes de canicule de l’été, 65 % des foyers déclarent avoir souffert de la chaleur dans leur logement pendant au moins 24 heures. C’est 16 points de plus qu’en 2025 et 23 points de plus qu’en 2024, selon le détail du baromètre. La précarité énergétique ne se limite donc plus à l’hiver : 28 % des ménages ont eu à la fois trop froid et trop chaud chez eux dans l’année.

Qui est le plus touché

Les moins de 35 ans apparaissent comme les plus exposés. 55 % d’entre eux ont eu du mal à payer certaines factures, contre 34 % de l’ensemble des foyers. Ils sont aussi 53 % à avoir eu froid chez eux et 70 % à avoir souffert de la chaleur. Les ménages modestes sont également en première ligne : parmi les bénéficiaires du chèque énergie, 46 % ont connu les deux formes d’inconfort thermique.

L’électrification séduit, mais coûte trop cher

Les Français ne rejettent pas la transition énergétique. 60 % voient l’électrification des usages (pompe à chaleur, voiture électrique, plaques à induction) comme une opportunité économique et environnementale. Mais le coût de départ bloque : c’est le principal obstacle, cité par 53 % des répondants qui n’envisagent d’électrifier aucun équipement, selon Sud Ouest, qui reprend l’AFP.

Pour Bernard Doroszczuk, le médiateur national de l’énergie, l’énergie reste pour beaucoup « une source d’inquiétude financière », et la précarité énergétique se manifeste désormais en hiver comme en été, a-t-il commenté dans le communiqué cité par l’AFP. Il plaide pour une transition qui aide chacun à mieux maîtriser sa consommation et ses dépenses.

Un baromètre publié alors que des aides reculent

Ces chiffres tombent au moment où plusieurs dispositifs d’accompagnement sont remis en cause. Ouelen a détaillé les cinq programmes d’aide contre la précarité énergétique supprimés en 2027. Selon Capital, ces programmes représentaient 100 millions d’euros de certificats d’économies d’énergie, réorientés vers l’électrification des usages, notamment l’objectif d’un million de pompes à chaleur en 2030. Or, parmi les foyers qui ont eu froid l’hiver dernier, 35 % citent la mauvaise isolation parmi les causes, d’après le baromètre. Côté prix, la France reste parmi les pays où le gaz est le plus cher d’Europe, et les stocks européens de gaz sont au plus bas depuis 2013 à l’entrée de l’hiver.

Vous avez du mal à payer : les recours

  • Contactez votre fournisseur dès le premier impayé pour demander un échéancier. Plus la demande est précoce, plus il est facile d’obtenir un étalement.
  • Vérifiez vos droits au chèque énergie, versé selon les revenus et la composition du foyer.
  • La trêve hivernale a commencé le 1er novembre : nous avons détaillé ce qu’elle protège.
  • Comparez les offres avec le comparateur public du médiateur, sur energie-info.fr, qui renseigne aussi sur vos droits.
  • En cas de litige non réglé avec votre fournisseur après une réclamation écrite, vous pouvez saisir gratuitement le médiateur national de l’énergie.

Ce qui est confirmé, ce qui ne l’est pas

  • Confirmé par le médiateur : l’ensemble des pourcentages cités, la méthode (2 000 foyers, septembre 2026) et les comparaisons avec 2020, 2024 et 2025.
  • À relativiser : il s’agit de déclarations de ménages interrogés en ligne, pas de données de coupures ou d’impayés enregistrés par les fournisseurs.

Ce qu’Ouelen a vérifié

Nous avons repris les chiffres directement sur les deux pages publiées par le médiateur national de l’énergie, puis comparé avec les dépêches de l’AFP (Sud Ouest), Public Sénat et ici. Certains chiffres qui circulent dans d’autres médias ne figurent pas dans les documents du médiateur : nous ne les avons pas repris.

Sources : médiateur national de l’énergie (baromètre), médiateur national de l’énergie (communiqué), Sud Ouest / AFP, Public Sénat, ici, Capital.

Photo d’illustration : Numéro 1963 / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.

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