L’équipementier automobile allemand Schaeffler a annoncé mardi 3 novembre la suppression nette de 3 460 postes en Europe d’ici 2028, dont environ 2 660 en Allemagne, et la fermeture de cinq sites, selon son communiqué officiel. En France, le groupe ne ferme aucune usine mais prévoit d’« ajuster » les capacités de production et de développement de ses sites de Haguenau (Bas-Rhin) et de Toulouse (Haute-Garonne), sans chiffrer à ce stade les postes concernés.
Le plan Schaeffler en chiffres
- Postes supprimés : 3 460 en Europe (chiffre net), dont environ 2 660 en Allemagne et environ 800 dans le reste de l’Europe.
- Répartition : 50 % dans la production, 30 % dans la recherche et développement, 20 % dans les autres fonctions.
- Sites touchés : 16 en Europe, dont 5 fermetures (Dortmund, Morbach, Berlin et Schwalbach en Allemagne, Herstal en Belgique).
- France : ajustements à Haguenau et Toulouse, pas de fermeture annoncée.
- Calendrier : surtout en 2027 et 2028.
- Économies visées : environ 300 millions d’euros par an à partir de 2030, pour environ 480 millions d’euros de coûts exceptionnels.
Pourquoi Schaeffler taille encore dans ses effectifs
Le groupe de Herzogenaurach, en Bavière, qui emploie environ 110 000 personnes dans le monde, invoque la crise de l’automobile en Europe : marché déprimé, concurrence accrue, ralentissement de la demande pour les moteurs thermiques et développement de l’électrique plus lent que prévu, rapportent Le Figaro et Sud Ouest, qui s’appuient sur l’AFP.
Ce plan s’ajoute aux précédents programmes de réduction des effectifs et aux contrats de préretraite récemment signés. En Allemagne, les 2 660 suppressions représentent environ 9 % des 31 957 salariés du cœur d’effectif au 30 septembre 2026 ; en cumulant les programmes précédents, la baisse atteint environ 18 % d’ici 2028, précise l’entreprise.
Les sites qui ferment
D’après le communiqué, l’usine de Dortmund (430 salariés) et le site de Morbach (160 salariés), qui fabriquent des produits pour moteurs thermiques, doivent fermer. L’activité du site de Berlin (environ 270 salariés) doit cesser et celui de Schwalbach doit fermer, une grande partie du personnel concerné étant appelée à rejoindre le site de Francfort. Hors d’Allemagne, l’usine belge de Herstal, près de Liège, qui compte une quinzaine de salariés, fermera aussi. D’autres sites allemands, comme Herzogenaurach, Bühl, Nuremberg ou Ratisbonne, verront leurs capacités ajustées, tout comme deux sites slovaques.
Ce que ça change pour les salariés en France
Pour Haguenau et Toulouse, le communiqué parle d’ajuster les capacités de production et de développement, sans donner de nombre de postes. Le détail doit être présenté lors de réunions avec le personnel sur chaque site, indique Schaeffler, et la mise en œuvre doit se faire en concertation avec les représentants du personnel. Le Revenu souligne que le groupe ne prévoit pas de fermeture de ces deux sites dans le cadre de ce programme.
Le groupe compte compenser une partie des suppressions par de nouvelles activités, citant la robotique humanoïde et la défense. En octobre, Schaeffler avait annoncé qu’il allait assembler des drones pour l’armée française, rappelle Le Figaro. Le plan prévoit aussi une contribution de solidarité : une baisse temporaire et volontaire des rémunérations, à tous les niveaux hiérarchiques à commencer par le directoire, dont les modalités restent à définir.
Une réaction syndicale immédiate en Allemagne
Dans un communiqué commun cité par Sud Ouest, le syndicat IG Metall et le comité d’entreprise estiment que ces coupes ne sont « pas un concept d’avenir pour l’Allemagne ». Ce plan intervient alors que le marché automobile européen reste fragile, même si les immatriculations de voitures neuves ont progressé de 7 % en octobre en France, portées par l’électrique.
Ce qui est confirmé, ce qui ne l’est pas
- Confirmé par le communiqué de Schaeffler : 3 460 postes supprimés en Europe, environ 2 660 en Allemagne, 16 sites touchés, 5 fermetures, des ajustements à Haguenau et Toulouse, 300 millions d’euros d’économies annuelles visées à partir de 2030.
- Pas encore connu : le nombre de postes concernés en France, la nature exacte des ajustements à Haguenau et Toulouse et le calendrier site par site.
Ce qu’Ouelen a vérifié
Nous avons comparé le communiqué publié par Schaeffler le 3 novembre avec les dépêches reprises par Le Figaro, Sud Ouest, Le Revenu et heise. Les chiffres concordent. La mention des sites français de Haguenau et Toulouse figure dans le communiqué lui-même ; aucun chiffre n’y est associé. Nous mettrons cet article à jour si l’entreprise détaille l’impact en France.
Sources : Schaeffler (communiqué, en anglais), Le Figaro, Sud Ouest, Le Revenu, heise.
Photo d’illustration : Johannes Maximilian / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.
