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Retraites : le RN veut durcir la validation des trimestres, ce qui est sûr

Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à Belfort en 2024
Photo : Thomas Bresson / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0

Le Rassemblement national veut rendre plus difficile la validation des trimestres de retraite pour financer le retour de l’âge légal à 62 ans, voire 60 ans : c’est ce qu’écrit Jordan Bardella dans son livre « Gouverner », paru ce mercredi 4 novembre chez Fayard. Le président du RN y dévoile, deux semaines avant la présentation du projet de Marine Le Pen prévue le 17 novembre, la piste centrale du parti : allonger la durée de cotisation réellement travaillée plutôt que relever l’âge de départ, rapportent BFMTV et 20 Minutes, qui s’appuient sur l’AFP.

L’essentiel

  • Proposition : durcir progressivement les conditions de validation d’un trimestre de retraite.
  • Règle actuelle : un trimestre est validé avec 150 heures payées au Smic, soit 1 803 € bruts en 2026, et quatre trimestres au plus par an.
  • Exceptions annoncées : maternité, maladie, handicap, accidents de la vie, carrières longues.
  • Pas encore connu : les nouveaux seuils, le calendrier, le coût et les économies attendues.
  • Prochaine étape : présentation de la réforme des retraites de Marine Le Pen le 17 novembre.

Comment on valide un trimestre aujourd’hui

La validation d’un trimestre ne dépend pas du temps de travail mais du salaire soumis à cotisations. Depuis 2014, il faut l’équivalent de 150 heures payées au Smic horaire en vigueur au 1er janvier, soit 1 803 euros bruts en 2026, d’après Service-public.fr. Quatre trimestres, le maximum annuel, demandent donc 7 212 euros bruts dans l’année. Un salarié payé au Smic à temps plein peut ainsi valider son année complète en quatre mois de travail environ. L’Assurance retraite donne l’exemple d’un étudiant qui, en travaillant à temps plein au Smic au mois d’août, peut valider un trimestre.

C’est cette règle que vise Jordan Bardella. Dans son livre, il relève que quatre trimestres peuvent être validés sans avoir travaillé douze mois dans l’année. Il veut « renforcer les conditions de validation d’un trimestre » pour rapprocher les 40 à 42 annuités exigées pour le taux plein des années réellement travaillées.

Ce que ça changerait pour vous

Pour ceux qui travaillent toute l’année à temps plein, à peu près rien : leurs revenus dépassent largement le seuil de quatre trimestres. Les plus touchés seraient les salariés à temps partiel, les saisonniers, les étudiants qui travaillent l’été et les carrières hachées, qui valident aujourd’hui des trimestres avec peu de mois travaillés. Ils devraient travailler plus longtemps dans l’année pour valider autant de trimestres ; faute de quoi, il leur manquerait des trimestres pour le taux plein. L’ampleur de l’effet dépendra des nouveaux seuils, encore inconnus. Le RN promet toutefois de maintenir les possibilités de départ anticipé pour carrières longues et de protéger les périodes de maternité, de maladie et de handicap, selon les extraits cités par l’AFP.

Les autres pistes du RN

Le durcissement des trimestres ne serait pas la seule source de financement. Le parti mise aussi sur un taux d’emploi plus élevé chez les jeunes, grâce à une réforme de la formation professionnelle et à un collège dit modulaire. Les entreprises qui gardent leurs seniors bénéficieraient d’exonérations de cotisations équivalant à une baisse de 30 % du coût du travail, dont une partie reviendrait aux salariés concernés. Enfin, le RN veut encourager une retraite par capitalisation, sur la base du volontariat, via un fonds souverain où les Français pourraient placer une partie de leur épargne, indique Corse-Matin.

Confirmé, pas confirmé

Confirmé : la proposition figure dans le livre de Jordan Bardella, paru le 4 novembre ; Marine Le Pen doit présenter sa réforme des retraites le 17 novembre ; le RN vise un âge légal à 62 ans, voire 60 ans, avec 40 à 42 annuités pour le taux plein.

Pas confirmé : le nouveau seuil de validation d’un trimestre (nombre d’heures ou montant de salaire), le rythme de ce durcissement annoncé comme progressif, l’âge légal retenu entre 60 et 62 ans, le coût total de la réforme et les économies attendues. Le RN n’a publié aucun chiffrage à ce stade, et ces paramètres devraient être précisés le 17 novembre.

Ce qu’Ouelen a vérifié

Les propos de Jordan Bardella sont rapportés de façon concordante par BFMTV, 20 Minutes et Corse-Matin, à partir de la dépêche de l’AFP sur le livre. Le seuil actuel de 1 803 euros par trimestre en 2026 a été vérifié sur Service-public.fr. Nous n’avons pas eu accès au livre lui-même. Nous mettrons cet article à jour après la présentation du 17 novembre.

Sources : BFMTV, 20 Minutes, Corse-Matin, Service-public.fr, l’Assurance retraite.

Photo d’illustration : Thomas Bresson / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0.

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