Les nouvelles réservations pour des séjours entre décembre 2026 et avril 2027 reculent de 33 % dans les hôtels parisiens par rapport à l’an dernier, selon un panel du GHR, et les restaurants des grandes villes perdent une part de leurs clients chaque samedi de manifestation. Un mois après les violences du 17 octobre, hôteliers et restaurateurs chiffrent l’effet de la crise sociale, et redoutent pour les fêtes de fin d’année, leur période la plus rentable.
Les chiffres, secteur par secteur
Ce que mesurent les professionnels
- Hôtels parisiens (panel GHR de 35 hôtels, 1 834 chambres) : nuitées annulées +29 % depuis le 17 octobre sur un an, soit 12 885 nuitées en quinze jours ; réservations nettes −27 % (contre −15 % avant le 17 octobre) ; annulations à moins de quinze jours de l’arrivée +62 % ; réservations décembre-avril −33 % ; groupes −43 % (L’Écho touristique).
- Restaurants parisiens : réservations −25 % le samedi 17 octobre et −38 % le samedi 24 octobre par rapport aux mêmes samedis de 2025, d’après les données de Zenchef ; jusqu’à −48 % dans certaines villes (Les Échos).
- Lyon : près de 30 % des adhérents de l’Umih du Rhône ayant répondu à son enquête disent avoir perdu plus de la moitié de leur chiffre d’affaires par rapport à début octobre (Tout Lyon).
- Strasbourg : environ 30 % de réservations en moins pour un hôtel du centre, selon son directeur interrogé par BFM Alsace.
Ces chiffres viennent de panels ou d’enquêtes professionnelles, pas d’une statistique nationale : ils donnent une tendance, pas une mesure exhaustive.
Pourquoi les touristes annulent
Les images de vitrines brisées et d’incendies du 17 octobre ont circulé dans le monde entier. Les clients canadiens et américains sont les premiers à annuler, selon les professionnels interrogés par France 3 Paris Île-de-France. Alain Fontaine, président de l’association des maîtres restaurateurs, y affirme perdre 60 % de son chiffre d’affaires chaque samedi dans son restaurant, entre Parisiens qui ne sortent plus et touristes qui ne viennent pas. Les manifestations se poursuivent : celle du 7 novembre a réuni 146 000 personnes selon l’Intérieur (notre bilan).
Noël, la vraie inquiétude
À Strasbourg, la période du marché de Noël, qui ouvre fin novembre, peut représenter jusqu’à 20 % du chiffre d’affaires annuel des hôteliers, rappelle Agathe Gerber, présidente de la branche hôtellerie de l’Umih du Bas-Rhin, sur BFM Alsace. Elle sert à constituer la trésorerie pour le début d’année, plus calme. À Paris, l’Umih évoquait déjà des annulations de séjours pour les fêtes, selon L’Écho touristique.
Quelles aides existent
Le 20 octobre, le gouvernement a annoncé des mesures pour les entreprises victimes de dégradations les 17 et 18 octobre, détaillées par Entreprendre Service public : activité partielle prise en charge intégralement par l’État pour les entreprises de moins de 250 salariés, délais de paiement à l’Urssaf, report des échéances fiscales, remboursement accéléré de certains crédits d’impôt, prêt à taux zéro, aide d’urgence pour les artisans et un fonds spécifique pour les entreprises de moins de 50 salariés ayant subi des dommages importants et une baisse d’activité (qui a droit à l’aide de 10 000 €).
C’est là que le bât blesse : ces aides visent d’abord les établissements endommagés. Le GHR demande de les étendre aux hôtels qui perdent des clients sans avoir été touchés matériellement, et les organisations professionnelles estiment que les pertes de chiffre d’affaires ne sont pas compensées.
Vos questions
Un hôtel non dégradé peut-il toucher une aide ? Pas au titre du fonds spécifique, qui exige des dommages importants. Il peut en revanche demander des délais à l’Urssaf ou aux impôts et recourir à l’activité partielle s’il réduit son activité.
Par où passer ? Le service public « Conseillers entreprises » oriente vers la CCI, la CMA, l’Urssaf, la Banque de France ou Bpifrance. À Paris, le tribunal des activités économiques propose aussi un entretien.
Ce qu’Ouelen a vérifié
- Chaque chiffre est attribué à sa source (panel GHR, Zenchef, enquête Umih du Rhône, témoignages) ; aucun ne provient d’une statistique officielle nationale.
- La liste des aides a été relevée sur le site Entreprendre Service public (actualité du 26 octobre 2026).
- Non disponible à ce jour : un chiffrage national de la perte pour le secteur.
Sources : L’Écho touristique / GHR, Les Échos, France 3 Paris IDF, BFM Alsace, Tout Lyon, Entreprendre Service public.
Photo d’illustration : besopha / Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0.
