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Mise à jour du 8 novembre, 13 h 15 : au Yémen, 33 morts dans des frappes saoudiennes selon les houthistes
L’attaque sur Riyad survient au lendemain de frappes aériennes attribuées à la coalition menée par l’Arabie saoudite près de Sanaa. Selon le ministère de la Santé des houthistes, cité par l’agence Saba, six maisons du village d’al-Shariya, dans le district de Bani Hushaysh à l’est de la capitale yéménite, ont été touchées samedi 7 novembre : 33 morts, dont 13 enfants et 8 femmes, et 39 blessés (Le Figaro). Ce bilan n’a pas pu être vérifié de façon indépendante, précisent Reuters (repris par le Jerusalem Post) et Al Jazeera. Le Centre de communication internationale saoudien dit « enquêter » sur ces informations.
En représailles, les houthistes affirment avoir visé samedi des positions militaires saoudiennes, l’aéroport de Riyad et des installations d’Aramco, selon leur porte-parole militaire Yahya Saree. Vendredi, au moins 30 personnes avaient été tuées dans le bombardement d’un marché dans le gouvernorat de Taëz, une attaque dont gouvernement yéménite et houthistes se rejettent la responsabilité. La trêve de 2022 a volé en éclats en juillet.
Un immeuble administratif du géant pétrolier Saudi Aramco, dans le quartier financier du roi Abdallah (KAFD) à Riyad, a été endommagé dimanche 8 novembre 2026, après des tirs de missiles des houthistes du Yémen vers la capitale saoudienne. Le ministère saoudien de l’Énergie parle de dégâts « limités » causés par des débris, sans blessé ni mort, selon une déclaration relayée par le site saoudien Sabq.
Ce qui s’est passé dimanche matin
Les autorités saoudiennes ont d’abord diffusé une alerte, puis des journalistes de l’AFP ont signalé de fortes explosions dans la capitale. Le porte-parole de la coalition menée par l’Arabie saoudite, Turki al-Malki, a ensuite annoncé sur X l’interception de deux missiles balistiques tirés vers Riyad, ainsi que la destruction de deux missiles de croisière visant Riyad et le sud du pays, rapportent Le Monde et Le Figaro.
Peu après, plusieurs témoins ont affirmé à l’AFP que la tour d’Aramco au KAFD avait été visée. Ils décrivent plusieurs étages abîmés, des vitres brisées et une partie de la façade endommagée (BFMTV).
Débris ou impact direct : la version officielle
Dans un premier temps, il n’était pas possible de savoir si les dégâts venaient d’un projectile ou de la chute de débris après une interception. La déclaration du ministère de l’Énergie, publiée vers midi heure de Riyad (10 h à Paris), évoque une « tentative de ciblage » d’un bâtiment administratif d’Aramco, des débris tombés sur l’immeuble et des dégâts limités. Les autorités disent avoir pris « les mesures nécessaires ».
Pourquoi ce quartier compte
Le KAFD, avec ses gratte-ciel, ses commerces et une station de métro très fréquentée, est l’une des vitrines des réformes économiques du royaume. Viser ce quartier pourrait marquer une escalade dans le conflit entre Riyad et les houthistes, note Le Monde. La capitale, et notamment son aéroport, est régulièrement visée depuis octobre : nous avions raconté les dix missiles interceptés le 25 octobre, jour de la réouverture de l’aéroport et la frappe revendiquée sur la raffinerie de Ras Tanoura. Les houthistes accusaient les forces saoudiennes de deux attaques meurtrières contre des civils au Yémen vendredi et samedi, selon l’AFP.
La veille, samedi 7 novembre, l’armée américaine a par ailleurs annoncé avoir immobilisé par des tirs de précision le cargo M/V Huda, battant pavillon de Saint-Kitts-et-Nevis, dans le golfe d’Oman. Selon le commandement central américain (CENTCOM), l’équipage avait ignoré des avertissements répétés et tenté à plusieurs reprises de franchir le blocus naval imposé à l’Iran, après une escale dans un port iranien. Washington dit avoir dérouté 147 navires et en avoir immobilisé cinq depuis juillet. Sur les enjeux pétroliers de la zone, voir aussi notre article sur les conditions iraniennes pour rouvrir Ormuz.
Ce qu’Ouelen a vérifié
- Confirmé : interception de deux missiles balistiques et de deux missiles de croisière (coalition, Turki al-Malki) ; dégâts sur un immeuble administratif d’Aramco à Riyad, sans victime (ministère de l’Énergie, via Sabq).
- Confirmé par des témoins (AFP) : vitres brisées et plusieurs étages abîmés sur la tour du KAFD.
- Pas confirmé : un impact direct de missile (la version officielle parle de débris) ; les revendications attribuées aux houthistes, rapportées par L’Indépendant d’après The Economic Times, de six attaques et d’un incendie sur un site d’Aramco à Abqaiq.
- Pas encore publié : une estimation des dégâts ou un éventuel effet sur l’activité d’Aramco.
Sources : Le Monde (AFP), BFMTV, Le Figaro, Sabq (ministère saoudien de l’Énergie), CENTCOM, L’Indépendant.
Photo d’illustration : Ahmed / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.



















