Ce qui est nouveau ce lundi : le ministre de l’Intérieur a proposé de quitter son poste et le chef de l’État a dit non ; Paris a connu dimanche soir de nouveaux pillages ; Matignon ouvre à 10 heures une cellule de crise ; les maires de France sont appelés à se rassembler devant leurs mairies. Ouelen faisait samedi et dimanche le point sur la montée du bilan et sur les 2 000 interpellations et les appels à la démission de Laurent Nuñez.
Une démission présentée, puis refusée
Dimanche, Laurent Nuñez a présenté sa démission à Emmanuel Macron, qui l’a refusée dans la foulée, a fait savoir l’Élysée. Le départ du ministre était réclamé depuis samedi par les Écologistes, La France insoumise et le Rassemblement national, qui lui reprochent un dispositif de sécurité sous-dimensionné face à des violences d’une ampleur rare. Selon Le Figaro, l’Élysée justifie ce maintien par la nécessité d’un « commandement continu des forces de l’ordre » en pleine crise, tout en demandant au ministre de faire la transparence sur les failles du renseignement avant la journée du 17 octobre.
Le scénario n’est pas inédit. Le 22 juillet 2026, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut avait déjà présenté sa démission pour protester contre l’adoption de la loi d’urgence agricole, qui permet la réintroduction sous conditions de l’acétamipride. Emmanuel Macron l’avait refusée et elle était restée en poste le jour même, tout en maintenant son désaccord sur le texte, selon France 24.
Ce refus intervient quelques heures après l’allocution télévisée du président, que nous avons analysée ici. Le ministre devait s’exprimer lundi matin sur France Inter avant de se rendre à Marseille, l’une des villes les plus touchées samedi.
Dimanche soir, Paris de nouveau visé
Les violences n’ont pas cessé avec la fin du week-end de mobilisation. La préfecture de police a annoncé 108 interpellations à Paris sur la journée de dimanche, dont 66 dans la soirée. Au moins cinq magasins ont été pillés, parmi lesquels un commerce de vêtements, un Darty dans le quartier de Belleville et deux supermarchés. La préfecture décrit des « groupes épars » cherchant à piller des boutiques autour de Châtelet et des Halles ; près du boulevard de Sébastopol, des bouteilles ont été lancées sur les forces de l’ordre et une porte du BHV Marais a été brisée.
Ailleurs, les incidents sont restés plus limités. À Lyon, une cinquantaine de jeunes ont tenté de briser la vitrine d’un magasin Lacoste avant l’intervention de la police ; la préfecture parle de faits « sans commune mesure » avec ceux de samedi. Près de Nantes, une tentative d’intrusion a visé un magasin Boulanger à Saint-Herblain. Toutes les personnes interpellées sont présumées innocentes tant qu’elles n’ont pas été jugées.
Marseille et la Guadeloupe sous tension
À Marseille, où des individus sont entrés dans la mairie et ont attaqué le commissariat central de la police municipale samedi, les autorités ont évoqué jusqu’à 30 000 pilleurs. Le maire Benoît Payan conteste la gestion de l’État et dénonce un manque d’effectifs policiers ; c’est lui qui a interpellé le ministre, attendu ce lundi dans la ville.
En Guadeloupe, le préfet a instauré dimanche un couvre-feu pour les mineurs à Pointe-à-Pitre et aux Abymes, de 20 heures à 6 heures, après des violences urbaines en marge du mouvement contre la vie chère, au cours desquelles trois policiers ont été blessés par balles.
La journée de lundi
- 9 heures : le ministre chargé du Commerce, Serge Papin, reçoit à Bercy les fédérations de commerçants, les banques et les assureurs.
- 10 heures : Sébastien Lecornu préside une cellule interministérielle de crise organisée autour de trois volets, « économie-commerce », « assurance » et « suivi judiciaire », selon Matignon.
- À partir de midi : l’Association des maires de France appelle à des rassemblements devant les mairies pour dénoncer les attaques contre les institutions.
Notre regard
Le maintien de Laurent Nuñez règle la question du casting, pas celle du diagnostic. Deux points méritent d’être suivis dans les prochains jours : les explications promises sur le renseignement, qui diront si la violence de samedi était prévisible, et les suites judiciaires des quelque 2 400 interpellations recensées depuis samedi. C’est sur ces réponses concrètes, plus que sur les déclarations, que l’exécutif sera jugé.
Sources : franceinfo, Le Figaro, BFMTV, 20 Minutes, préfecture de police de Paris, Élysée, Matignon.







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