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Orbán à la tête de l’ONU : la France s’y oppose, peut-elle bloquer avec son veto ?

La salle du Conseil de sécurité au siège des Nations unies à New York
Photo : Jdforrester / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0

La France a dit mercredi 28 octobre son opposition à une éventuelle nomination de l’ancien Premier ministre hongrois Viktor Orbán au poste de secrétaire général des Nations unies, sans préciser si elle utiliserait son droit de veto. Devant le Sénat, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a estimé que ce poste n’avait pas vocation à être « le lot de consolation d’un dirigeant battu dans les urnes », selon BFMTV. Viktor Orbán a perdu les législatives hongroises en avril, après seize ans au pouvoir.

D’où vient l’idée

Le Wall Street Journal a rapporté dimanche 25 octobre que l’administration de Donald Trump soutiendrait une candidature de Viktor Orbán pour succéder à António Guterres, dont le second mandat se termine le 31 décembre 2026. Selon le quotidien américain, cité par TV5Monde, des sources de trois pays ont confirmé l’approche, mais le projet devait encore être validé. Un responsable américain y décrit Viktor Orbán comme le candidat conservateur idéal pour le camp de Donald Trump.

Les réactions ont été vives en Europe. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a jugé l’idée ridicule, a rapporté Politico, et le ministre ukrainien des Affaires étrangères a ironisé sur le réseau X. Aux États-Unis, l’élu républicain Don Bacon y a vu un très mauvais choix, selon TV5Monde.

Comment le secrétaire général est-il choisi ?

D’après l’article 97 de la Charte des Nations unies, le secrétaire général est nommé par l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité. Cette recommandation est un vote de fond : elle demande au moins 9 voix sur 15 et aucune opposition des cinq membres permanents (États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France), qui disposent chacun d’un veto (article 27).

Concrètement, la France peut donc à elle seule bloquer un candidat. C’est ce que soulignait Le Parisien dès le 26 octobre. Mais Paris et Londres utilisent rarement leur veto, note le Wall Street Journal, cité par BFMTV.

Confirmé / pas confirmé

  • Confirmé : la France est opposée à cette nomination (déclaration de Jean-Noël Barrot au Sénat le 28 octobre).
  • Confirmé : le mandat d’António Guterres prend fin le 31 décembre 2026, et aucun successeur ne fait encore consensus.
  • Pas confirmé : une candidature officielle de Viktor Orbán. Il s’agit pour l’instant d’informations de presse.
  • Pas confirmé : le soutien de la Chine et de la Russie, présenté comme probable par plusieurs médias, sans déclaration officielle de ces pays.
  • Pas tranché : l’usage du veto français. Le ministre ne l’a ni annoncé ni exclu.

Ce qu’Ouelen a vérifié

Nous avons recoupé BFMTV, TV5Monde et Le Parisien, qui s’appuient tous sur le même article du Wall Street Journal, et nous avons relu les articles 27 et 97 de la Charte de l’ONU pour la procédure. La citation de Jean-Noël Barrot est identique dans les comptes rendus de sa réponse au Sénat. Aucune source officielle américaine n’a confirmé publiquement le soutien à Viktor Orbán.

Sources : BFMTV, 28 octobre 2026 ; TV5Monde, 27 octobre 2026 ; Le Parisien, 26 octobre 2026 ; Charte des Nations unies, articles 27 et 97 ; Wall Street Journal, 25 octobre 2026 (cité par ces médias).

Photo d’illustration : Jdforrester / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0.