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Poutine se dit « prêt » face à l’Europe, Washington freine les pays baltes

Vladimir Poutine (à droite) et Abdel Fattah al-Sissi au troisième sommet Russie-Afrique, en octobre 2026
Photo : Russian Presidential Executive Office / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0

Vladimir Poutine a affirmé jeudi 29 octobre que la Russie était « prête » à une guerre avec l’Europe, tout en assurant qu’elle n’en voulait pas. Le président russe s’exprimait en conférence de presse à la fin du sommet Russie-Afrique à Moscou, rapporte Le Parisien. Le lendemain, l’agence Reuters révélait que le Pentagone avait demandé à la Lituanie, à la Lettonie et à l’Estonie de modérer leurs déclarations publiques sur la menace russe.

L’essentiel

  • Poutine, le 29 octobre : la Russie ne veut pas de guerre avec l’Europe mais y est « prête ». Il juge « non » justifiés les préparatifs européens à une guerre d’ici 2030.
  • Sur la Baltique : il ne veut pas d’une situation comparable au détroit d’Ormuz et promet de répondre à toute provocation.
  • Le Pentagone : selon Reuters, des responsables américains ont demandé aux trois pays baltes de parler moins fort de la menace russe.
  • La réponse officielle : le Pentagone refuse de commenter des « conversations privées entre alliés ».

Ce que Poutine a dit

Le président russe a d’abord contesté l’idée, répandue en Europe, qu’il faille se préparer à un conflit d’ici 2030. Selon Le Parisien, il a répondu « non » à la question de savoir si c’était justifié, avant d’ajouter que la Russie était prête, sans vouloir de guerre.

Il a aussi jugé « quasiment impossible » d’infliger une défaite stratégique à la Russie d’ici 2030, et averti qu’en cas d’escalade, il n’y aurait aucun vainqueur, selon des propos rapportés par le Moscow Times et repris par Le Parisien. L’agence russe TASS, citée par le média flamand HLN et par RTL Belgique, rapporte des propos proches.

Sur la mer Baltique, Vladimir Poutine a dit ne pas vouloir d’une crise comparable à celle du détroit d’Ormuz, tout en prévenant que Moscou répondrait à toute provocation.

Ces propos arrivent deux jours après un entretien du président russe avec le président finlandais Alexander Stubb et le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre, organisé à leur initiative, précise Le Parisien. Vladimir Poutine a salué le fait que certains en Europe veuillent renouer le dialogue.

Pourquoi l’Europe parle de 2030

Plusieurs pays européens fondent leur effort de défense sur l’hypothèse d’une attaque russe possible à la fin de la décennie. Selon Business AM, le renseignement allemand estime qu’une attaque russe contre un pays de l’Otan serait possible à partir de 2029. Le Premier ministre polonais Donald Tusk évoque, lui, 2027. C’est ce calendrier que Vladimir Poutine conteste.

Ce que le Pentagone a demandé aux pays baltes

Selon Reuters, qui cite quatre sources (trois responsables européens et un responsable américain), des responsables du Pentagone ont demandé ces dernières semaines à plusieurs pays de l’Otan de modérer leur discours sur la Russie. La Lituanie, la Lettonie et l’Estonie font partie des pays concernés, rapporte BFMTV, qui reprend l’enquête.

Le sous-secrétaire américain à la Défense, Elbridge Colby, aurait dit à un responsable balte qu’il ne fallait pas « titiller » les Russes, selon l’une des sources. Un responsable européen résume ainsi le message reçu : « Ne parlez pas trop fort. Ne faites pas de bruit. » Une délégation estonienne aurait aussi été invitée à la « modération ».

Aucune des sources ne décrit un ton conflictuel. Mais l’un des responsables européens juge ces conseils déconcertants. Interrogé, un responsable du Pentagone a répondu que les conversations privées entre alliés restaient confidentielles et qu’il ne commenterait pas.

Le contexte : Washington cherche un accord sur l’Ukraine

Ces demandes interviennent alors que l’administration Trump relance ses efforts pour obtenir une fin négociée de la guerre en Ukraine, selon Reuters. Donald Trump a annoncé une rencontre « très bientôt » entre Poutine et Zelensky, sans date confirmée. Le 16 octobre, il avait exempté Moscou des sanctions du Graham Act voté par le Congrès. Selon La Nouvelle Tribune, la présence militaire américaine en Europe est par ailleurs en cours de réexamen.

Ce qui est confirmé, ce qui ne l’est pas

  • Confirmé : les propos de Vladimir Poutine le 29 octobre, rapportés par plusieurs médias à partir de la conférence de presse et de l’agence TASS.
  • Confirmé : l’enquête de Reuters sur les messages du Pentagone, reprise par BFMTV.
  • Non confirmé officiellement : le contenu exact des échanges entre le Pentagone et les pays baltes. Washington refuse de commenter.
  • Inconnu : si d’autres pays européens ont reçu le même message. Reuters ne le sait pas.

Ce qu’Ouelen a vérifié

Les propos de Vladimir Poutine sont rapportés de façon concordante par Le Parisien (d’après le Moscow Times), RTL Belgique (d’après TASS et HLN) et Business AM. Les informations sur le Pentagone viennent toutes de l’enquête de Reuters ; nous n’avons trouvé aucune confirmation officielle américaine ou balte.

Sources : Le Parisien, RTL Belgique, Business AM, BFMTV (enquête Reuters), La Nouvelle Tribune.

Photo d’illustration : Russian Presidential Executive Office / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0.