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AGOA : Trump veut exclure l’Afrique du Sud et le Rwanda au 1er janvier 2027

Les Union Buildings à Pretoria, siège de la présidence sud-africaine
Photo : Ruby D-Brown / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0

Donald Trump a notifié au Congrès et aux gouvernements concernés son intention d’exclure l’Afrique du Sud et le Rwanda de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), le programme qui permet aux pays d’Afrique subsaharienne d’exporter la plupart de leurs produits vers les États-Unis sans droits de douane, à compter du 1er janvier 2027. L’annonce a été faite lundi 2 novembre dans un communiqué du représentant américain au Commerce (USTR), Jamieson Greer.

Ce qui est confirmé

  • Qui : l’Afrique du Sud et le Rwanda.
  • Quand : exclusion prévue au 1er janvier 2027.
  • Comment : après la revue annuelle de l’éligibilité menée par l’USTR, le président a estimé que les deux gouvernements avaient des pratiques « incompatibles » avec les critères de l’AGOA.
  • Reproches à Pretoria : obstacles au commerce et aux investissements américains, corruption, menaces pour la sécurité nationale et les intérêts de politique étrangère des États-Unis.
  • Reproches à Kigali : obstacles au commerce et à l’investissement, État de droit, pluralisme politique, droits des travailleurs, droits humains et menaces pour la sécurité et la politique étrangère américaines.

Ce qu’est l’AGOA

L’AGOA donne aux pays africains éligibles un accès au marché américain sans droits de douane pour une large gamme de produits, des vêtements aux voitures en passant par l’igname. Une trentaine de pays du continent en bénéficient en théorie, selon BFMTV. Le programme a été renouvelé par le Congrès en septembre. Il n’annule pas les nouvelles surtaxes douanières décidées par l’administration Trump, mais en exempte d’autres, précise Le360 Afrique (AFP).

La procédure est encadrée : le président réexamine chaque année l’éligibilité des pays et doit prévenir le Congrès et le pays concerné 60 jours à l’avance. Pour qu’une exclusion prenne effet au 1er janvier, l’annonce devait intervenir avant le 2 novembre, d’où le calendrier de lundi. Ce n’est pas une première : Joe Biden avait déclaré inéligibles la Centrafrique, le Gabon, le Niger et l’Ouganda le 30 octobre 2023, avec effet au 1er janvier 2024.

Ce qui est en jeu pour l’Afrique du Sud

L’Afrique du Sud est l’un des principaux bénéficiaires de l’AGOA. Les secteurs les plus exposés sont l’automobile et l’agriculture, notamment les agrumes. En 2025, l’organisation des constructeurs automobiles sud-africains Naamsa estimait à 86 000 le nombre d’emplois liés directement à l’AGOA dans l’automobile, et à 125 000 en comptant les sous-traitants, selon Le360 Afrique.

Pretoria s’y préparait. Mi-octobre, le président Cyril Ramaphosa avait reconnu qu’une exclusion serait « dévastatrice » compte tenu des emplois en jeu, tout en rappelant que son pays ne serait « pas le premier » à être exclu. Les relations sont tendues depuis le retour de Donald Trump : son administration accuse Pretoria de persécuter les Afrikaners, des accusations que l’AFP qualifie de sans fondement, et a annoncé en septembre des restrictions de visa contre des responsables sud-africains.

Le Rwanda et le conflit dans l’est de la RDC

Pour Kigali, le contexte est surtout sécuritaire. Washington accuse le Rwanda de continuer à soutenir militairement et financièrement le groupe armé M23 dans l’est de la République démocratique du Congo, rappelle BFMTV. Début 2025, le M23 s’était emparé des grandes villes de Goma et de Bukavu. La Maison Blanche cherche dans le même temps à finaliser un accord de paix dans la région.

Ce qui n’est pas encore connu

Lundi soir, ni Pretoria ni Kigali n’avaient réagi officiellement, selon Anadolu. L’USTR dit travailler pour que ses partenaires africains « prennent les mesures nécessaires » pour redevenir éligibles, ce qui laisse en théorie la porte ouverte à un retour. Aucun chiffre officiel américain sur le montant des exportations concernées n’accompagne le communiqué.

Ce qu’Ouelen a vérifié

Nous avons lu le communiqué original de l’USTR (en anglais) : la date du 1er janvier 2027 et la liste des reproches faits à chaque pays en sont tirées. Le contexte (renouvellement en septembre, règle des 60 jours, précédent de 2023, emplois automobiles) provient de l’AFP reprise par Le360 Afrique et BFMTV. Les chiffres d’emplois sont ceux de Naamsa, une organisation professionnelle.

Sources : USTR, communiqué du 2 novembre 2026, BFMTV, Anadolu, Le360 Afrique (AFP).

Photo d’illustration : Ruby D-Brown / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0.