Le ton monte à nouveau entre Washington et Kiev. Interrogé jeudi 15 octobre 2026 sur la chaîne conservatrice Newsmax, le président américain Donald Trump a vivement critiqué la décision de l’Ukraine de reprendre ses frappes contre les raffineries russes. « Je pense que c’est une honte », a-t-il déclaré, estimant qu’il existait « beaucoup d’autres cibles » possibles.
Le chef de la Maison-Blanche est allé plus loin dans ses attaques contre son homologue ukrainien : « Je pense qu’il est plus difficile de travailler avec Zelensky qu’avec Poutine. » Selon lui, « tout ce que fait » Volodymyr Zelensky, « c’est de faire grimper les prix mondiaux du pétrole ». « Quand vous frappez des raffineries de diesel, vous ne rendez pas service au monde », a-t-il insisté, avant de conclure : « Zelensky n’est pour nous pas le bon type pour trouver un accord. Il dit qu’il veut trouver un accord, mais il ne veut pas. Je ne l’aime pas beaucoup. »
Kiev lève sa trêve énergétique
Ces déclarations répondent à une annonce faite plus tôt dans la journée par le président ukrainien. Dans un entretien au Financial Times, Volodymyr Zelensky a affirmé que la trêve des frappes ukrainiennes contre les raffineries russes était « levée », en réaction aux bombardements russes visant les infrastructures énergétiques de l’Ukraine. Kiev passe ainsi outre la « trêve énergétique » que Donald Trump avait annoncée, mais à laquelle Moscou n’avait jamais donné son accord.
Pour l’Ukraine, les raffineries constituent un levier stratégique : elles alimentent l’effort de guerre russe et une part des recettes d’exportation de Moscou. Pour Washington, ces frappes pèsent sur les cours mondiaux des carburants, un sujet sensible à quelques semaines des élections de mi-mandat américaines, alors que l’administration Trump est déjà critiquée pour une inflation tenace.
Une relation de plus en plus tendue
Ce nouvel épisode s’inscrit dans une séquence de crispation entre les deux capitales. Kiev s’est inquiété ces derniers jours de la pérennité du soutien américain, voire d’une aide de Washington à Moscou. Donald Trump a notamment annoncé un accord sur des livraisons de diesel russe vers les marchés américain et mondial, assorti d’une levée de certaines sanctions, rapporte Le Figaro. L’accès des forces ukrainiennes au réseau satellitaire Starlink, perturbé par des restrictions, a par ailleurs été rétabli jeudi, selon le quotidien.
Macron : il est « capital » d’aider l’Ukraine à se défendre
À l’opposé, Emmanuel Macron a réaffirmé jeudi soir sa ligne après un entretien avec Volodymyr Zelensky, qualifié de « productif » par ce dernier. « Alors que la Russie fait le choix d’escalader parce qu’elle est enlisée sur le front, il est capital que nous donnions collectivement à l’Ukraine tous les moyens nécessaires pour se défendre et pour protéger sa population civile et ses infrastructures », a écrit le président français sur X. Benjamin Haddad (Renaissance) avait assuré dans la journée sur franceinfo que les Européens resteraient « endurants, résilients » dans leur soutien, « c’est notre sécurité qui est en jeu ».
Le débat traverse aussi la classe politique française : le porte-parole du PCF, Léon Deffontaines, a estimé jeudi qu’« on ne peut pas apporter un soutien infini à l’Ukraine », quand d’autres responsables plaident pour un effort européen accru face au risque de désengagement américain.
Sources : Donald Trump sur Newsmax, 15 octobre 2026, via franceinfo et Le Figaro avec AFP ; Volodymyr Zelensky au Financial Times ; message d’Emmanuel Macron sur X ; franceinfo.
