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Après les pillages du 17 octobre, commerçants, restaurateurs et grande distribution réclament l’aide de l’État

La place de la République, à Paris, où des commerces ont été dégradés en marge de la mobilisation du 17 octobre (photo d'archives)
Photo : Pierre-Selim Huard / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0

Au lendemain de la journée de mobilisation contre la vie chère du samedi 17 octobre, dont nous avons détaillé les bilans nationaux et les répercussions politiques, ce sont désormais les professionnels du commerce qui font leurs comptes. Hôteliers, restaurateurs, commerçants indépendants et enseignes de la grande distribution ont pris la parole ce dimanche 18 octobre pour dénoncer les pillages subis en marge des cortèges et réclamer un soutien rapide des pouvoirs publics. C’est l’angle nouveau de cette journée : l’addition économique des violences.

Des bilans locaux encore alourdis

Les chiffres officiels publiés dimanche matin confirment l’ampleur des débordements. La préfecture de police de Paris fait état de 855 interpellations dans la capitale samedi, un chiffre qu’elle qualifie de record, sur les quelque 1 200 recensées en France selon le Premier ministre Sébastien Lecornu. À Lyon, où l’office de tourisme avait été incendié (lire notre article de samedi après-midi), le préfet du Rhône, Étienne Guyot, a annoncé sur BFMTV 160 interpellations et une centaine de blessés parmi les forces de sécurité. À Limoges, le préfet de la Haute-Vienne indique que l’incendie de l’hôtel de ville, survenu samedi en fin de journée, est désormais circonscrit et que l’arrière du bâtiment a pu être sauvé par les pompiers.

Hôtellerie et restauration refusent de payer la facture

Principale organisation du secteur, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) a diffusé un communiqué très ferme. Son nouveau président, Franck Chaumes, y affirme : « Nos établissements ne sont pas des défouloirs », selon BFMTV, en ajoutant que les professionnels ne peuvent pas régler, manifestation après manifestation, le coût des violences. Sur RMC, le vice-président de l’organisation, Valentin Prudon, a expliqué que de nombreux établissements avaient fermé par précaution ou étaient devenus inaccessibles, ce qui a entraîné des annulations de fait. Il est encore trop tôt, selon lui, pour chiffrer la perte d’activité.

La grande distribution aussi touchée

Plusieurs supermarchés ont été mis à sac. Le président du groupement Les Mousquetaires/Intermarché, Thierry Cotillard, a publié sur LinkedIn des photos de deux magasins dévastés, à Paris et à Rennes, en se disant profondément en colère et en rappelant que le droit de manifester ne donne pas celui de tout casser ni de mettre en danger les salariés. Le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, qui préside la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), a condamné avec la plus grande fermeté les dégradations et pillages subis par de nombreux commerces sur l’ensemble du territoire.

Paris, Marseille, Lyon : les commerçants de centre-ville inquiets

À Paris, le président de la Facap, la fédération des associations de commerçants et artisans parisiens, Thierry Véron, a décrit sur franceinfo une situation dramatique pour des commerçants qui peinent déjà à boucler leurs fins de mois. Faute de chiffres précis, la fédération demande un soutien financier du gouvernement et surtout des facilités auprès des assureurs. À Marseille, la présidente de l’association des commerçants du centre-ville, Nicole Richard-Verspieren, a estimé sur BFMTV que plus de la moitié des boutiques du centre-ville avaient été saccagées et pillées. À Lyon, le maire écologiste Grégory Doucet a rappelé que la Ville ne pouvait pas aider directement les commerçants et a appelé les habitants à faire leurs achats de Noël dans les commerces de proximité.

Qui va payer ? Ce que prévoit (ou pas) la loi

Le ministre du Commerce, Serge Papin, a assuré dès samedi que Bercy était mobilisé pour aider les commerçants touchés, sans détailler à ce stade de dispositif. En pratique, l’indemnisation passera d’abord par les contrats d’assurance, dont les garanties varient fortement d’un commerce à l’autre : les dommages liés aux émeutes et mouvements populaires sont souvent couverts par les contrats multirisques professionnels, mais avec des franchises et des plafonds, et la perte d’exploitation n’est pas toujours incluse. Comme le rappelle franceinfo, la proposition de loi dite casseur-payeur, qui permettrait de faire payer les dégâts aux membres d’un groupement ayant commis des dégradations, n’a pas encore été examinée au Sénat et ne pourra donc pas s’appliquer aux faits de samedi.

Les prochaines étapes

Les maires de Paris, Marseille et Lyon attendent toujours une réponse à leur demande d’être reçus à Matignon en début de semaine, a indiqué dimanche matin sur franceinfo la première adjointe parisienne, Lamia El Aaraje. Les organisations professionnelles devraient dans les prochains jours chiffrer les pertes, une donnée qui pèsera dans le débat sur un éventuel fonds de soutien, à l’approche de la période cruciale des fêtes de fin d’année pour le commerce.

Photo : Pierre-Selim Huard / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0 (photo d’archives).

Sources : communiqué de l’Umih (via BFMTV), RMC, franceinfo, BFMTV, préfecture de police de Paris, préfectures du Rhône et de la Haute-Vienne, LinkedIn (Thierry Cotillard, Alexandre Bompard).

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