Accueil Politique Couvre-feux : après une première nuit sous haute surveillance, le gouvernement convoque...

Couvre-feux : après une première nuit sous haute surveillance, le gouvernement convoque réseaux sociaux et chefs d’entreprise ce mardi

La place de la République à Paris, l'un des deux secteurs de la capitale placés sous couvre-feu (photo d'archives)
Photo : Jeanne Menjoulet from Paris, France / Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0

Ce qui est nouveau ce mardi matin : les couvre-feux partiels réclamés lundi par Sébastien Lecornu (lire notre article de lundi) sont entrés en vigueur dans la soirée dans plusieurs grandes villes. Laurent Nuñez s’est finalement rendu à Marseille lundi soir, après avoir reporté sa visite (lire notre article), et le gouvernement prévoit une nouvelle série de réunions de crise ce mardi 20 octobre.

Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Nice : des règles différentes selon les villes

Selon le direct de franceinfo, les couvre-feux ont débuté lundi entre 20 heures et 22 heures à Paris, Lyon, Bordeaux, Lille ou Nice, et ne visent à chaque fois que certaines portions de ces métropoles. Les dispositifs ne sont pas identiques : à Lille, Bordeaux et Nice, l’interdiction de circuler ne concerne que les mineurs.

À Paris, deux secteurs sont visés : la place de la République et le quartier des Halles, où toute présence est interdite à partir de 23 heures. Les manifestations y sont par ailleurs interdites dès 20 heures, comme dans d’autres quartiers de la capitale (Champs-Élysées, Bastille, abords des gares). Dans le Nord, la préfecture a instauré des couvre-feux partiels de 20 heures à 6 heures à Douai et à Wattignies pour les nuits de lundi à mardi et de mardi à mercredi, rapporte RMC. Certaines mesures ne doivent pas être reconduites, d’autres le seront plusieurs jours.

Une nuit calme, mais un coût pour les commerces

Sur place, RMC décrit une place de la République ceinturée par un policier tous les cinq mètres et une dizaine de camions de CRS, un ruban interdisant le franchissement et une place vide, deux jours après les affrontements de dimanche. Seul le bruit d’un hélicoptère équipé d’un projecteur, survolant les Halles, troublait le silence. CNews évoque elle aussi des rues désertes, des accès au métro fermés et une nuit qui s’est déroulée dans le calme.

Le revers est économique : des employés de restauration rapide interrogés par RMC expliquent n’avoir eu aucun client, et des commerçants voisins se plaignent de ne faire aucun chiffre d’affaires. Pour ces établissements, déjà fragilisés par les pillages du week-end, chaque soirée sous couvre-feu se traduit par une perte sèche, alors que l’indemnisation promise par le gouvernement vise d’abord les commerces directement touchés par les dégradations.

Marseille : davantage de policiers promis pour samedi

Arrivé vers 21 h 30 dans la cité phocéenne, Laurent Nuñez s’est entretenu 45 minutes avec le maire, Benoît Payan, qui réclamait sa venue. Le ministre de l’Intérieur a promis, lors d’un point presse, un dispositif policier « très important » pour samedi, plus fourni en tout état de cause que celui du 17 octobre, rapporte franceinfo. Il a expliqué que les forces de l’ordre seraient désormais très mobiles et capables d’intervenir très vite, la ville ayant compté selon lui jusqu’à 10 ou 15 points de pillage simultanés avec des groupes de parfois 200 personnes. Benoît Payan a salué une discussion franche.

Le parquet de Marseille a dénombré 101 interpellations après les violences de samedi (74 majeurs et 27 mineurs), dont 80 % pour des vols avec dégradations en réunion.

Un mardi de réunions d’urgence

Le gouvernement doit recevoir ce mardi les représentants des principales plateformes de réseaux sociaux, tandis que Bercy accueille un conseil des entreprises exceptionnel. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, se rend au tribunal judiciaire de Lille, et Sébastien Lecornu est attendu vendredi à Limoges, où l’incendie de l’hôtel de ville a ravagé la toiture et le beffroi.

L’enjeu est désormais samedi 24 octobre : une coordination de gilets jaunes a annoncé un acte II du mouvement, et les principales organisations étudiantes appellent elles aussi à manifester ce jour-là pour leurs conditions d’études. Les couvre-feux de cette semaine servent donc aussi de test pour les préfectures, qui devront décider d’ici là de les prolonger, de les étendre ou de les lever.

Sources : franceinfo (direct et article sur la visite de Laurent Nuñez à Marseille), RMC, CNews.

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Quitter la version mobile