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Maïs : 46 quintaux à l’hectare sans irrigation, la récolte 2026 tombe à 7 millions de tonnes, au plus bas depuis 1976

Un champ de maïs desséché par la sécheresse en France
Photo : Tangopaso / Wikimedia Commons, licence Public domain

La récolte de maïs est presque terminée en France, et le bilan dressé mardi 20 octobre par l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM), rattachée à la FNSEA, est sans précédent depuis un demi-siècle. La production de maïs grain est estimée à 7,04 millions de tonnes par l’institut technique Arvalis, soit une chute d’environ 50 % sur un an et le plus faible niveau depuis 1976.

Trois chiffres pour mesurer l’effondrement

  • Production : le service statistique du ministère de l’Agriculture, Agreste, estimait mi-octobre la récolte à 7,3 millions de tonnes, contre 13,6 millions de tonnes en 2025. Le cabinet Argus Media table sur 6,9 millions de tonnes.
  • Rendements : 66 quintaux par hectare en moyenne nationale, mais 46 q/ha seulement pour le maïs non irrigué, contre 97 q/ha pour le maïs irrigué, selon les chiffres présentés à la presse et rapportés par Le Betteravier français et Terre-net.
  • Surfaces : les semis ont reculé de près de 20 %, du jamais vu depuis le début des années 1970, et 232 000 hectares ont été réorientés vers le fourrage ou la méthanisation.

En cause, une succession de canicules, dont celle de fin juin, particulièrement nocive au moment de la croissance des plants, et des mois sans pluie. Le président de l’AGPM, Franck Laborde, exploitant dans les Pyrénées-Atlantiques, a résumé la situation d’une phrase : « Dans certains territoires, des exploitations n’ont rien récolté en maïs grain », rapporte Terre-net.

2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires perdus

L’association évalue à 2,5 milliards d’euros la perte de chiffre d’affaires des exploitants sur leur activité maïs. Pour permettre de semer la campagne 2027, elle réclame, comme les autres associations de grandes cultures de la FNSEA, un soutien équivalent à 450 euros par hectare, sur un coût de production estimé à 900 euros.

Il ne s’agit pas seulement d’argent frais. Une partie de la somme correspondrait à des dépenses évitées : les producteurs demandent depuis deux mois à pouvoir déroger à l’obligation de semer des couverts d’interculture entre la récolte et les semis de printemps, une opération qui coûte entre 150 et 230 euros par hectare et qu’ils jugent inutile cette année sur des sols trop secs. Le reste viendrait d’aides existantes, mais mal calibrées selon eux.

Des aides publiques peu sollicitées

L’exemple le plus frappant concerne l’aide à l’achat d’engrais : sur une enveloppe d’environ 140 millions d’euros, seuls 14 millions avaient été demandés à FranceAgriMer la semaine dernière, selon l’AGPM. Le guichet a été ouvert en été, alors que les maïsiculteurs achètent leurs engrais en février et mars ; l’association demande donc que l’aide soit rétroactive au 1er mars 2026. Elle juge aussi insuffisant le plan Casi déployé en septembre, dont seulement 300 à 400 millions d’euros correspondraient à de l’argent nouveau, au point que certains agriculteurs ne le demandent même pas.

L’eau, enjeu de 2027

À plus long terme, la filière plaide pour le stockage de l’eau. Seules 10 % des surfaces agricoles françaises sont irriguées, rappelle l’AGPM, qui prépare un amendement au projet de loi de finances pour 2027 décrivant une stratégie d’irrigation et de stockage chiffrée à 480 millions d’euros. Elle demande aussi la publication rapide des décrets de la loi d’urgence agricole destinés à faciliter la construction de réserves.

Cette récolte historiquement basse s’ajoute aux alertes des coopératives, qui préviennent que la sécheresse finira par peser sur les prix en rayon (lire notre article sur les prix alimentaires), au moment où une autre filière, celle de la betterave, conteste le projet de taxe sur les produits sucrés inscrit dans le budget de la Sécurité sociale (lire notre article).

Sources : franceinfo, BFMTV, Terre-net, Le Betteravier français (conférence de presse de l’AGPM du 20 octobre 2026).

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