Le monde ne pourra plus éviter de dépasser la limite de 1,5 °C de réchauffement fixée par l’accord de Paris. C’est la principale conclusion du rapport annuel du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) sur l’écart entre les émissions et les objectifs climatiques, publié mercredi 21 octobre, à trois semaines de la COP31, prévue du 9 au 20 novembre en Turquie.
Des projections en hausse par rapport à 2025
Si tous les États respectent leurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la température moyenne mondiale serait supérieure de 2,6 °C à l’ère préindustrielle à la fin du siècle. Sur la seule base des politiques déjà en vigueur, sans les promesses supplémentaires, le réchauffement atteindrait 2,8 °C, soit plus du double des 1,3 °C déjà constatés aujourd’hui.
L’an dernier, le PNUE situait la trajectoire mondiale entre 2,3 et 2,5 °C. La dégradation s’explique notamment par le retrait des États-Unis de l’accord de Paris et par une révision des estimations d’émissions passées. Les émissions liées au charbon, au pétrole et au gaz sont restées à des niveaux records en 2025. Parmi les six plus gros émetteurs, les données préliminaires montrent une hausse aux États-Unis, en Chine et en Indonésie, et une baisse en Inde, en Russie et dans l’Union européenne.
L’écart entre les besoins et les engagements
Le rapport décrit encore un scénario favorable : un pic de réchauffement entre 1,7 et 1,8 °C, suivi d’un retour sous 1,5 °C d’ici 2100. Il supposerait de réduire les émissions mondiales de 18 % d’ici 2030, de 45 % d’ici 2035 et de 69 % d’ici 2040 par rapport à 2025. Les engagements actuels ne permettraient qu’une baisse de 5 à 8 % en 2030 et de 11 à 15 % en 2035. Les pays du G20 concentrent à eux seuls les trois quarts des émissions mondiales.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a jugé le monde « dangereusement loin du compte », selon l’AFP, tout en estimant que les outils existent pour changer de cap.
Des signaux positifs, mais pas sur les fossiles
Le PNUE relève tout de même des progrès plus rapides que prévu : la capacité mondiale en énergies renouvelables a progressé trois fois plus vite qu’anticipé et le déploiement du solaire photovoltaïque a été multiplié par sept. En revanche, les auteurs ne constatent aucune avancée à la hauteur des enjeux sur la sortie progressive des combustibles fossiles.
Pour les Français, ces chiffres ont une traduction concrète : la France s’est dotée d’une trajectoire d’adaptation fondée sur un réchauffement de 4 °C dans l’Hexagone d’ici 2100, et les épisodes extrêmes se multiplient, comme les pluies record relevées cette semaine en Corse (lire notre article sur Solenzara). Les négociations sur le climat s’ajoutent à celles sur la biodiversité, en cours à Erevan (lire notre article sur la COP17).
Sources : Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), franceinfo, AFP via Connaissance des Énergies, Nice-Matin.
