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Italie : après le week-end d’émeutes à Milan, Giorgia Meloni envoie 500 soldats jusqu’à la fin de l’année et crée un délit de « participation violente » aux manifestations

La place du Dôme à Milan (photo d'archives)
Photo : Zairon / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0

La France n’est pas seule. Le week-end des 17 et 18 octobre, Milan a elle aussi été le théâtre de pillages et d’affrontements entre manifestants et policiers, en marge d’un mouvement contre la hausse du coût de la vie qui mobilise lycéens, étudiants, agriculteurs et chauffeurs routiers dans toute l’Italie. Mardi 20 octobre, la Première ministre Giorgia Meloni a présenté sa réponse, résumée dans une vidéo publiée sur X : « Manifester est un droit, mais saccager nos villes ne l’est pas. »

500 militaires en renfort de la police

Environ 500 soldats seront déployés à Milan jusqu’à la fin de l’année pour épauler les forces de l’ordre, a annoncé la cheffe du gouvernement. Selon elle, près de 200 policiers ont été blessés et 330 personnes placées en détention, dont la moitié d’origine étrangère, rapporte TF1 Info. Le Conseil des ministres n’a en revanche pas accordé de pouvoirs de police aux militaires, en raison de l’opposition du président de la République Sergio Mattarella, alors que le ministre de la Défense, Guido Crosetto, souhaitait que l’armée puisse agir comme la police.

Ce que contient le décret

Le gouvernement crée un délit de participation violente à une manifestation. D’après Reuters, cité par L’Indépendant, toute personne qui, au sein d’un groupe d’au moins cinq individus, met en danger la sécurité publique lors d’une manifestation encourt jusqu’à cinq ans de prison et 20 000 euros d’amende. Les autorités pourront exiger la réparation immédiate des dégâts et, pour les mineurs, ce sont les parents qui paieront. Les jeunes de 14 à 17 ans pourront être placés en garde à vue même sans infraction commise, s’il existe des éléments montrant qu’ils représentent un danger, une prérogative jusqu’ici limitée aux adultes. Selon le quotidien Il Giornale, une large majorité des personnes interpellées à Milan seraient mineures.

Les routiers bloquent le Sud

L’exécutif fait face à un second front : dans le sud du pays, des chauffeurs routiers exaspérés par la flambée du gazole bloquent des axes, au point que certains supermarchés manquent de produits frais et que des fabricants de pâtes ont dû interrompre leur production. Le ministre des Transports, Matteo Salvini, a promis 480 millions d’euros d’aides au secteur, mais des représentants syndicaux préviennent que les blocages continueront sans mesures concrètes.

Deux pays, des réponses comparables

La réponse italienne fait écho aux mesures prises en France, où des couvre-feux localisés ont été décrétés et où le recours aux militaires de l’opération Sentinelle est prévu pour libérer policiers et gendarmes lors de la mobilisation de samedi. En Italie aussi, de nouvelles manifestations sont annoncées pour le week-end prochain. Les opposants de Giorgia Meloni lui reprochent d’enchaîner les textes sécuritaires depuis 2022 sans s’attaquer aux causes de la colère, avant les élections générales prévues en 2027, où sécurité, économie et immigration devraient dominer.

Sources : TF1 Info, 20 Minutes avec AFP, L’Indépendant (avec Reuters et Il Giornale).

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